
Vidéo monologue en français où le narrateur raconte expériences personnelles et observations comparatives sur le profilage racial et les relations avec la police (France, Suisse, États‑Unis, Europe) ; il nuance le phénomène, rapporte peurs héritées du Maghreb, décrit contrôles aux frontières et différences nationales, et conclut sans insister sur le racisme institutionnel en France. Le ton est personnel, réflexif et parfois critique envers les politiques d’intégration et l’influence culturelle américaine.
Bonjour mes amis, j'espère que vous allez bien. Vous savez, il y a quelques années, une situation comme celle qui prévaut aujourd'hui en France, je l'aurais commenté, bien sûr, sous toutes les coutures. Mais aujourd'hui, je suis un peu moins motivé, comme le dit un dicton de l'Ouest algérien. Ça veut dire, puisqu'il est trop tard, pourquoi je vais te réveiller? Si, par exemple, J'ai un membre de ma famille, il doit prendre l'avion à 7h du matin, n'est-ce pas ? Et puis que je me réveille à 7h moins quart et je le vois en train de dormir, je le vois profondément en train de dormir. Pourquoi je vais le déranger ? Pourquoi je vais le réveiller ? Personnellement, je ne le réveille pas. Je vais lui dire, tu as raté ton avion. Quand tu te réveilleras à 9 ou 10 heures, je te dirai. Mais en ce moment particulier, je ne vois pas pourquoi je vais te réveiller. Donc voilà, si vous voulez, j'ai perdu quelque part ma motivation parce que tout ce que je cherchais à empêcher quelque part est en train d'arriver. Cette histoire qui est en train de sévir en France, bien sûr, il y a une partie importée des États-Unis. La France n'a plus rien à dire, quelque part. Elle est sous domination culturelle américaine. Vous savez, par exemple, pour les médias, pour les radios, par exemple, qui passent des chansons, il y a une loi qui les oblige à passer un quota de chansons françaises. C'est pour protéger la production française. Par contre, Pour le reste, on n'a pas de loi, on n'a pas de barrière, mais au contraire, on a des politiques, on a des médias qui juste voient un truc arriver aux États-Unis et puis aimeraient bien le vivre à leur dimension en France. D'accord ? Ça, je pense, c'est un des premiers aspects de ce qu'on est en train de vivre en France aujourd'hui. Mais un autre aspect super important, super important, et cet aspect-là va vous dire pourquoi ce que la France est en train de vivre aujourd'hui va s'inscrire sur la durée. Ce n'est pas anecdotique, ce n'est pas un truc qui est là pour passer, c'est un truc qui est là pour durer, n'est-ce pas ? C'est que... Ça, c'est super profond, c'est super profond. Et je le répète depuis quelques années, malgré tout, c'est que ce qu'on appelle la France ou ce qu'on appelle des fois la République pour certains, la République ne rassemble plus personne. La France ne parle plus à personne. La France est un pays où les gens viennent et puis quand ils meurent, la majorité de ceux qui sont, on va dire, viennent d'ailleurs, se font enterrer dans leur pays d'origine. C'est un peu comme si quelqu'un meurt d'une crise cardiaque en jouant au golf. On ne va quand même pas l'enterrer dans un club de golf, n'est ce pas ? La France est de ce niveau-là, malheureusement. C'est-à-dire qu'elle ne rassemble plus personne, elle ne réunit plus personne. Et nous vivons aujourd'hui une époque où le musulman va trouver, peut-être dans l'islam, va trouver ce pays qui lui manque, va trouver cette structure, cette stabilité, cette cohérence peut-être. Le noir va se diriger vers la culture de ses ancêtres, même s'il ne les a jamais connus, même s'il ne les a jamais vus, même s'il n'est pas là. mais il va peut-être trouver dans cette culture perdue qui n'existe plus que dans son imagination. Elle n'a peut-être jamais existé. Et il va la trouver où ? Il va trouver quoi dans cette culture ? Il va trouver peut-être la maison. Il va trouver ce que son âme cherche. C'est ça qui est terrible. Et je ne suis pas du tout en train de les critiquer dans le sens où parfois je les comprends, ou dans le sens où parfois je parle à des Français dits de souche, Et ils me disent, vous savez ce qu'ils me disent ? Je ne me reconnais plus dans ce pays. C'est vrai, c'est ce qu'ils me disent. Je ne me reconnais plus dans ce pays. Je parle de France et de souche. Alors, que va... Que va dire... que va dire le français qui est français depuis une génération ou deux ou trois. Vous comprenez que celui-là, il y a encore chez lui le parfum de sa culture d'origine et il a envie de se replier vers cela. Donc, on va se retrouver avec quoi ? On va se retrouver avec une terre, plusieurs peuples, plusieurs peuples qui n'ont pas les mêmes repères civilisationnels, plusieurs peuples qui même vont s'identifier par rapport à des conflits par rapport à des exactions, par rapport à des choses, à une mémoire, n'est-ce pas ? Qui, une fois portée sur la même terre, ça fait un clash des mémoires, et ça fait forcément un clash des peuples entre eux, de ces peuples, plusieurs peuples, une terre. Donc, c'est vrai que la France n'intègre plus, elle n'assimile plus, mais j'ai pratiquement envie de dire, s'intégrer à quoi, s'assimiler à quoi ? Le relativisme culturel, toutes les cultures se valent, l'instabilité, tu sais. Genre l'islam par exemple, avec toutes les critiques que j'ai pu formuler à son égard, tu sais où il en est aujourd'hui, et c'est peut-être à quelques détails près, c'est pratiquement où il en était il y a 1400 ans, et où il sera dans 1400 ans probablement. t'as une certaine stabilité, t'as un système qui est stable. La France, je veux dire, déjà, c'est un pays qui semble s'accélérer, qui semble pris dans une sorte de spirale, qui ne permet plus aux gens, même les gens qui y sont nés, je vous disais, même les gens qui sont là depuis 15 générations, ne le reconnaissent plus, tellement ils changent de vie, tellement ils semblent casser tous les fondamentaux, tous ces fondamentaux civilisationnels qui nous permettent de le reconnaître, n'est-ce pas ? C'est comme, tu regardes ma voiture, tu saurais ce que c'est comme voiture, tu saurais le modèle. Maintenant, si je prends une masse et je commence à la casser, je casse les vitres, je casse les phares, je casse tout, la calandre, tout ça, il viendra un moment où tu ne la reconnaîtras plus. La France est un chantier de déconstruction. D'accord ? Et donc, forcément, les gens vont s'identifier à quelque chose d'autre. Et ça, c'est terrible. Tu ne peux pas avoir une vision nationale, tu ne peux pas avoir une unité nationale quand même les gens qui sont là depuis 15 générations ne s'identifient plus au pays. Terrible, terrible ce qui est en train de se passer. Enfin, j'étais venu là pour parler, pour parler d'autres choses. Je ne sais même plus de quoi je voulais vous parler. Oui, je voulais vous parler de beaucoup de choses. Il y a eu... Vous savez, des fois, je disais au début de la vidéo, je n'avais pas envie de faire de vidéo, je n'avais pas envie de parler, mais voici la preuve maintenant qu'on est au bout de 7 minutes, voici la preuve que l'appétit vient en mangeant, c'est en forgeant qu'on devient forgeron et celui qui vole un oeuf vole un bœuf, n'est-ce pas ? Parce que voilà, j'ai commencé à parler et finalement, je vois que j'ai des choses à dire et c'est bien, c'est bien, je suis très content, je suis très content. Comme quoi, il fallait juste appuyer sur rec et le reste vient tout seul. Je voulais vous dire un truc. Vous savez... Vous savez... En fait, j'ai tellement de choses à dire, je sais même plus... Je n'ai pas envie de partir sur un discours du genre Fidel Castro non plus. Nous, les Maghrébins, nous avons une relation très conflictuelle avec la police, je dois le dire. Maintenant, que cette relation qu'on a avec la police soit instrumentalisée et utilisée à mauvaise estion, je ne suis pas d'accord. Il y a une certaine... Jhortana ou Jhortan ou je sais plus comment elle s'appelle, je sais pas ce qu'elle fait de son état, j'ai pas la télé, c'est peut-être une star inconnue ou un truc comme ça, je ne sais pas. Elle a dit que les gens ont peur de se faire massacrer, ont peur de se faire tuer parce qu'ils sont basanés. Je vais m'inscrire en faux par rapport à cette déclaration mais je vais essayer de vous dire un petit peu le fond de tout ça. Alors je voulais aussi vous parler d'esclavage mais peut-être que je laisserai ça une autre vidéo. Vous savez, Je viens d'Algérie, d'accord ? Et en Algérie, il y a deux choses que tu dois savoir. Quand tu es né en Algérie, quand tu as atteint l'âge de 10 ans, il y a un certain nombre de fondamentaux que tu dois connaître. Si tu veux vivre longtemps et vivre bien, il y a deux trucs que tu dois éviter. Tu évites la police, tu évites les médecins, tu évites les hôpitaux, d'accord ? Si tu arrives à rester en dehors de ces deux choses, justice et médecine, tu iras très bien, tu vas vivre très longtemps, tu auras des petits-enfants et tout ça. N'est-ce pas ? Donc, je disais que quand j'étais ado, j'étais en Algérie, nous avions ce rapport un petit peu particulier avec la police. Nous en avions peur, pour ainsi dire. Mais nous étions en Algérie, il n'y a rien de racial. Genre, par exemple, j'allais chez ma famille, je passais l'été là-bas, c'était à Mostaganem, et ils habitaient dans un quartier qui a changé de nom depuis la colonisation, mais les anciens ont toujours gardé ce nom comme ça, qui a cette sonorité d'un terroir qui n'existe plus. On l'appelait Cochonville. On l'appelait Cochonville. Il a été changé, le nom a été changé, vous comprenez bien. Il a été changé en 62 ou après, je ne sais pas. Mais moi, j'ai assisté à la génération qui l'appelait toujours Cochonville et j'ai gardé ce nom-là. Et en fait, Ça monte, il y a une pente, il y a une pente. Et puis le soir, j'étais avec des ados, j'étais avec des... Nous étions dehors, vous savez, on a en Algérie cette... C'est pulsant d'aller dehors le soir, nous rencontrer entre jeunes. On ne fait pas le mal, n'est-ce pas ? Juste, on est dehors. Mais il y a toujours un qui a un joint ou un truc comme ça. Moi, je n'ai jamais touché aux joints. Vous savez, pour moi, je suis comme Gainsbourg, zéro héros, pas de drogue, rien du tout. Le joint, c'est déjà une drogue. Donc, je disais que... La police en Algérie, en particulier la police en civil, donc ce qu'on appelle le Hnoucha en Algérie, c'est Cyclia aussi qu'on appelle la Mostaganem, c'est la police en civil. Et ils sont particulièrement, t'as pas envie d'avoir affaire à eux, parce que déjà la police en uniforme, ça peut être très difficile comme relation, mais alors là, la police sans uniforme, c'est pire. Ils roulaient dans des Peugeot 505 diesel. La Peugeot 505 diesel a un bruit très caractéristique, je peux vous garantir. C'est comme le bruit d'un AK47, c'est comme le parfum d'un Chanel 5. Je veux dire, quelqu'un de ma génération, il entend ce bruit-là, tu ne peux pas le confondre avec autre chose. Tu ne peux pas le confondre avec le bruit d'une Mercedes, d'une BMW ou d'un Airbus. Je veux dire, c'est très caractéristique. La 505 turbo diesel, Celle-là, tout algérien de ma génération. Même si le gars, il a fait du chemin, même s'il habite en Australie, quand il l'entend tourner, quand il l'entend derrière lui, il y a quelque chose en lui, il y a un instant en lui de courir qui se réveille. Et plusieurs fois, on s'est retrouvé à courir, je ne vous cache pas, parce que quand on entend ce bruit, bon voilà. Il y a un truc en Afrique, tu dois savoir. Quand tu viens en Afrique, tu vois les gens courir. Ne pose surtout pas de questions, cours avec. Tu penseras à des questions plus tard, tu comprendras. Et en fait, il y avait... Ce qui est terrible, c'est que... Il y avait un gars du quartier, un commerçant du quartier. Il n'a rien trouvé de mieux que d'acheter une Peugeot 505 turbo diesel. Et le problème, c'est que chaque fois qu'il arrivait, nous nous retrouvions à courir. N'est-ce pas ? Parce qu'on avait peur, on pensait que c'était la police. Donc... Donc voilà. De sorte que... Quand j'ai quitté mon pays, j'ai déjà quitté mon pays avec cette notion de peur de la police. Je fais partie de ces gens. Je n'ai rien dans mon casier judiciaire. Je n'ai jamais rien fait. Je ne fais pas le mal, n'est-ce pas ? Mais quand on est étranger, on a toujours l'impression que... Je ne sais pas, on est... On peut avoir affaire à la police alors qu'on n'a rien fait. On a cette impression-là. Je sais que c'est complètement... J'étais en Suisse, par exemple. J'ai commencé mon immigration par la Suisse. C'était une très mauvaise idée. Je déconseille, n'est-ce pas ? Mais bon... Je pouvais voir la police passer et j'avais peur. Alors que j'ai rien fait, j'ai rien fait. Alors c'est vrai qu'en Suisse, ça ne m'a pas... Je vais vous parler de la France dans un petit moment parce qu'il s'agit aujourd'hui de profilage racial. C'est vrai que... au Maghreb, alors peut-être qu'il y a un maghrébin qui va venir poster, qui va me démentir, qui va me dire, non, moi, jamais, non, ça m'est jamais passé par la tête. On a cette relation particulière à la police. Et quand on parle à l'étranger, on est toujours inquiet. Par exemple, il y a des discussions du genre, ah oui, j'étais en Pologne. On est, par exemple, dans un café à Oran ou à Alger. Et puis, il y a quelqu'un qui dit, j'étais, j'ai passé mes vacances en Pologne. Je peux vous garantir qu'une des questions qui va tomber, voire peut-être, elle risque même, chez beaucoup de gens que je connais, elle risque même d'arriver avant, alors c'est comment la Pologne ou c'est comment leur cuisine ou c'est comment... C'était comment la police des frontières ? D'accord ? C'est une question très caractéristique. Alors je peux vous dire comment c'est en Pologne la police des frontières. J'ai été, vous savez avant cette histoire du Covid, je voyageais beaucoup, trois, quatre fois par mois. Ça m'est arrivé des fois d'aller à certains pays pratiquement, chaque lundi arriver, chaque lundi partir, chaque vendredi. trois semaines de suite, quatre semaines de suite, tout simplement parce que mon travail exige que je me déplace, vous me voyez rarement voyager le week-end. Et en fait, ces vingt dernières années, je peux vous dire, j'ai visité presque chaque pays européen et de nombreuses fois. Donc je peux vous donner, parce qu'en tant que maghrébin, forcément, j'ai mon param, j'ai ma carte à l'intérieur, j'ai cette liste de pays, et à quelle vitesse tu peux avoir des emmerdes, OK ? Alors, Par exemple, les Etats-Unis. Les Etats-Unis, tu serais surpris. Les flics sont beaucoup plus relax que tu ne le crois. D'accord. Toi, tu as entendu des histoires d'horreur sur la police et tout ça. Pourtant, s'ils ne sont pas en intervention, tu peux prendre une photo avec eux, avec leur véhicule, ils peuvent même te faire visiter le véhicule, ils discutent et tout ça, il n'y a aucun problème. Ils sont beaucoup plus relax que tu ne le crois. Pas de profilage, je n'ai pas senti de profilage ethnique aux Etats-Unis. Par contre, s'ils sont en intervention ou autre, juste ne déconne pas avec eux, ne fais pas le malin, juste tu obéis au monsieur. ce qu'il t'ai dit tu fais, sachant que s'il t'emmène au commissariat, t'as plus de droits que lui. Par contre, dans la rue, t'as moins de droits, donc juste ne fais pas le con. Pourquoi ? Parce que ces gens, ils voient des horreurs que nous ne voyons pas en Europe. Ils se font tirer dessus, ils font face à des gangs, ils font face à des tracts complètement armés, disjonctés et tout ça. Donc c'est vrai qu'avec les flics américains, quand tu les vois dans un cadre business, il ne faut pas déconner. Je vous ai cité la Pologne comme ça par hasard. La Pologne, je suis arrivé en Pologne, je présente mon passeport à la police frontière, la dame elle regarde, elle l'ouvre, elle me regarde, elle regarde le passeport et je lui dis c'était il y a 10 ans. Je savais ce qu'elle pensait. Mon passeport était vieux, j'allais le remplacer. Je lui dis, la photo, j'ai dit c'était il y a 10 ans. Elle a souri, elle a fermé le passeport, elle me l'a rendu. Voilà, c'est tout. Hongrie. Hongrie, j'ai pas senti de problème racial non plus. T'arrives, regarde. pas beaucoup anglais enfin pas même pas moins l'anglais en général alors qu'il travaille à la frontière c'est drôle. Prends, regarde, le rends, au revoir. J'ai pas senti par exemple de... La Russie c'est... Prends ton passeport, page par page, il va passer des heures dessus mais en fait C'est pas racial parce que le gars devant toi, tu es dans la file d'attente en train de compter. Puis tu vas voir qu'ils mettent un tel temps par personne, mais c'est pour tout le monde. OK, il n'y a pas de profilage racial. La Suisse, la Suisse, je ne vous cache pas, c'est en top. C'est un pays que je ne visite même pas à cause de ça. En termes de profilage racial, c'est de la caricature. Et je ne suis pas là en train de vous dire, je ne souhaite pas qu'on me serve ce discours. Oui, mais si tu n'as rien à te reprocher, bon, c'est bon, laisse-les te contrôler. Mais bien sûr, bien sûr. Tu crois quoi ? Tu crois qu'on se bat avec eux, qu'on devient physique avec eux, qu'on se fait contrôler ? Mais non, mais pas du tout. Pas du tout. On opte en paire. Mais le problème, c'est qu'il devient extrêmement chiant. Je te donne un exemple. Tu es dans le train. Je suis dans le TGV pour aller en Suisse. Et puis je sais qu'ils vont contrôler. Et les Allemands sont à peu près pareils. Alors moi, je regarde le wagon comme ça et je mise. Je mets mon argent sur ce noir qui est dans le coin, il sera contrôlé. Moi, je me ferai contrôler. Ce type qui est en train de lire un journal en arabe se fera contrôler. J'attends qu'il vienne. Il regarde comme ça. Passeport, s'il vous plaît. Et en fait, ça ne rate jamais. Je veux dire, avec eux, je peux gagner le quintet dans l'ordre. Et en fait, ce qui est drôle, c'est que c'est pas des choses isolées. C'est le fruit d'une politique, parce que tu peux traverser de nombreuses fois la frontière, par exemple Suisse, et tu vas constater exactement la même chose qui se répète. Et différents agents, différentes heures et tout ça, de sorte que clairement, il y a une culture chez eux de... tu vas voir tout ce qui est basané, tu vas voir tout ce qui est noir et tout ça, tu regardes s'ils sont en règle. Alors que mon évaluation, c'est qu'à la police des frontières, il y a quand même beaucoup plus de choses à faire, à contrôler, à vérifier, que de vérifier juste si l'arabe ou le noir sont en règle. OK. Pourquoi ça peut devenir super agaçant ? Parce que ça devient répétitif. Je vous donne un exemple. Il y a un bateau qui part à Rouen-Aube, qui part entre Lausanne et Evian, n'est-ce pas ? Je veux prendre le bateau. Deux flics sont debout. Les gens passent avec leur passeport ouvert. J'arrive, moi, puis bien entendu, je passe de côté. OK, je veux le contrôler. Ils contrôlent, c'est pas grave. Mais bon, tout le monde passe. Je suis là. Ils sont en train de contrôler, taper dans l'ordinateur. Ils m'emmènent de côté et tout ça. Tous les gens montent dans le bateau. Je passe un quart d'heure avec eux. Puis ils me relâchent. Ils vont me faire quoi? Je suis en règle, en fait. Ils me relâchent. Je vais vers le bateau, je trouve que tout le navire m'attend. Le bateau est en retard, les gens l'ont dit. Oui, nous sommes désolés, il y a un passager qui se fait contrôler encore, nous devons l'attendre. Donc j'arrive et puis voilà, tout un navire qui me regarde. Je monte dans le bateau. J'arrive en France. Je reviens plus tard. Tout le monde descend, les gens passent, moi j'arrive et je vais rester 45 minutes avec les flics. Quelques semaines plus tard, dimanche matin, je suis debout en arrêt de bus, les flics passent et le matin, ils passent, ils arrivent, font marche arrière, reviennent, contrôle d'identité, comme par surprise. Quelques semaines plus tard, je suis dans un train, il y a des jeunes, ils saccagent le train, ils jettent de la bière les uns sur les autres, ils sont alcoolisés et tout ça. OK. Après, il voit la police ferroviaire, il se calme, il calme le jeu, il commence à rigoler entre eux comme ça. Le train s'arrête. Moi, je vais vers la porte. Je me fais entourer par 5 ou 6 gars de la police ferroviaire. Ils m'escortent en bas, sur la plateforme. Et puis après, ils me demandent mes papiers. Ils me demandent même mon téléphone portable. Ils le prennent, ils me demandent de le déverrouiller. Ils rentrent un code, ils obtiennent le numéro de série et ils téléphonent pour me regarder en droit dans les yeux pour vérifier si mon portable est volé. D'accord ? Donc, tu comprends ce que je veux dire. Au bout d'un moment, tu sais qu'une fois, une époque, j'avais ma tante qui est décédée maintenant, qui était très malade. J'allais tout le temps en Suisse la voir. Il m'avait tellement pourri la vie que j'avais fini par imprimer mon passeport au format univers. Je crois que c'était énorme comme format. J'étais chez un imprimeur, il me l'a fait. Je l'ai enroulé et je l'ai envoyé à la police des frontières de la gare de Genève, n'est-ce pas ? Je leur avais envoyé pour qu'ils puissent le voir, je dis pour qu'ils puissent le consulter, parce que ce passeport vous intéresse tellement, accrochez-le au mur et regardez, ils ne m'ont jamais répondu. L'Allemagne ne contrôle pas dans la rue, ils ne font pas de la chasse aux bas années, de la chasse au noir, ils n'ont pas cette mentalité, excepté quand ils contrôlent dans les trains. Là c'est systématique, c'est comme les Suisses, on dirait qu'ils prennent un nuancier au-delà d'un certain taux de mélanine, c'est garanti. Les Pays-Bas, Les Pays-Bas, pas de profilage racial, mais leurs flics et leurs gars qui font la police des frontières ne sont pas des gens que je considère comme extrêmement respectables. Ils sont borderline, ils ont le temps de voyous, ils parlent comme des voyous. D'accord ? Donc il faut faire super gaffe à ces gens-là. Je ne les ai jamais particulièrement blairés. Ils ont un côté voyou. Et je peux vous dire un truc. La meilleure bénédiction, la meilleure bénédiction qui est arrivée ces quelques années, c'est ces machines. C'est ces machines où t'arrives, où tu mets ton passeport et elles scannent ton passeport, elles vérifient 50 milliards de bases de données, elles enregistrent les détails, elles te laissent passer. Parce que franchement, ces machines, elles font pas de profilage racial et c'est extraordinaire. Maintenant, par rapport à la France, je vais vous le dire tout de suite. Par rapport à la France, C'est un pays. Et je peux vous dire, je suis en train de poster publiquement, là, s'il y a des gens qui ont senti autre chose, ils peuvent me le dire. Je n'ai pas senti de profilage racial, je n'ai pas senti de racisme de la part de la police française. La police française, quand ils t'arrêtent pour contrôler ton identité, t'as qu'à voir la gueule des flics qui t'arrêtent. T'as 604, t'as très certainement un ou deux Français de souche. T'as le vieux, un peu barraqué comme ça, qui semble être le chef, le leader. T'as un autre jeune, maigre, comme ça, toujours, il y a toujours celui-là. T'as le Martiniquais et t'as le Rebeu. Je veux dire déjà, à la base, eux-mêmes, quand ils approchent de toi, ils sont déjà extrêmement mixtes. J'en ai parlé à des... J'en ai parlé avec d'autres Algériens. Ils me disent quoi ? Ils me disent oui, mais la France, tu vois, ils ont l'habitude. Ils ont l'habitude des Algériens, ils ont l'habitude des Maghrébins. Je veux dire, soyons honnêtes, si tu voulais... Si tu voulais... Contrôler dans certaines régions de France. Si tu voulais réellement aller contrôler le Maghreb en particulier par exemple ou contrôler celui qui est noir. Tu contrôlerais tout le monde, tu finis par arrêter tout le monde. Donc ce profilage n'a pas vraiment de sens. J'ai été contrôlé par exemple dans le train en France, j'étais à Lyon, j'allais à Belgarde. Le train qui va à Belgarde finit à Genève. Ce jour-là j'allais à Belgarde, j'avais acheté un truc sur Ebay à quelqu'un et j'allais le chercher. Et en fait, je n'avais pas pris mon passeport ni rien, parce que pensant que j'étais à l'intérieur de la France, je n'ai pas besoin d'avoir un papier sur moi. J'étais déjà dans la mentalité anglaise. Et en fait, la douane, la police monte. Juste au moment où il démarre de Lyon, il monte, il arrive vers moi, il demande mes papiers. En fait, il a demandé les papiers à tout le wagon, pas à moi en particulier. Donc, il n'y avait pas de profilage racial comme j'aurais vécu en Suisse ou en Allemagne. Je lui ai dit je n'ai pas mes papiers sur moi. OK. Et il m'a dit si vous n'avez pas de papiers sur vous, je peux supposer que vous êtes en situation de séjour irrégulier ou un truc comme ça. J'ai dit non, je suis pas, mais le fait est que je vais juste à Bellegarde, je lui montre mon ticket, je ne m'attendais pas à ce que vous contrôliez. Il m'a dit on peut contrôler n'importe où, etc. Bon, il m'a fait un petit peu la leçon comme ça. Le gendarme, il faut de la sagacité, n'est-ce pas, pour faire un bon gendarme. Et quoique je ne suis même pas sûr que ce soit un gendarme, c'était probablement un douanier. Puis ils m'ont laissé partir, sans problème. J'étais contrôlé une fois aussi à la descente du RER, il y avait un mur comme ça de CRS et tout ça. Pareil, contrôlé tout le monde. J'ai montré mes papiers, ils m'ont regardé et ils m'ont laissé partir, sans question. Donc quelques fois comme ça en France, mais honnêtement, je n'ai jamais senti de racisme de leur part. Un jour même, je vais vous dire un truc, je finirai avec ça. J'étais en France, à Lyon, j'entendais quelqu'un qui allait venir, c'est milieu des années 2000, donc il n'y avait pas les téléphones portables, enfin il y avait à l'époque, mais ce n'était pas un objet aussi courant que maintenant, et je sais que moi j'ai fait de la résistance, je crois que je n'ai pas eu de téléphone portable avant bien 2008 ou quelque chose comme ça, donc assez tard par rapport au reste de l'humanité. J'avais des idées contre le téléphone portable en ces temps-là. Et en fait, Je suis debout à l'arrêt de bus où cette personne devait venir et j'étais inquiet parce que nous étions H plus 4 en termes d'atterrissage de l'avion. Personne. J'étais vraiment inquiet. Putain, mais qu'est-ce qui se passe ? Je commençais même à me poser des questions graves sur le sort de l'avion. Et en fait, une voiture de police passe, une sorte de assez petite, stéréographiée. Assez petite, je ne sais pas ce que c'était comme modèle, une Clio, un truc comme ça. Assez petite, quatre personnes à l'intérieur, quatre flics. Ils passent, je les suis du regard, puis ils partent. Une minute plus tard, ils reviennent, ils s'arrêtent à mon niveau, je baisse la vitre, j'ai vu plein d'étoiles, il y avait plusieurs personnes gradées là-dedans, d'accord ? Il y avait une jeune flic qui conduisait, mais plusieurs gradées avec elle. Monsieur, ça va ? Vous allez bien ? J'ai dit oui, j'attends quelqu'un, je suis inquiet et tout ça. Ils me disent non, il n'y a pas de soucis, il y a des grèves aujourd'hui à l'aéroport, il y a un gros chaos à l'aéroport de Lyon, etc. Je respire mieux, dis sinon tout va bien et tout ça, puis ils partent. Voilà. Donc ce genre d'interaction que j'ai eue avec la police française, C'est vrai que parfois, ils ont le verbe haut. C'est vrai, c'est un truc de flic. De toute façon, ça, c'est international. Je n'ai pas senti. Je n'ai pas senti de racisme de leur part. Je n'ai pas senti de cette attitude là. D'accord. Et ça s'est confirmé après parce que j'ai j'ai plusieurs, plusieurs copains qui sont flics en France ou qui travaillent dans la police à un titre ou un autre et J'ai toujours eu un traitement égalitaire avec eux. Je n'ai pas senti de racisme ou de choses comme ça. Même quand ils me parlent des fois de choses et d'autres, quand ils parlent boutique ou autre, je n'ai pas senti de racisme. Ce sont des gens qui veulent appliquer la loi, ce sont des gens qui sont excédés par l'administration, excédés par la délinquance et tout ça, mais je n'ai pas senti vraiment de racisme, en France en tout cas. Et pourtant, Je suis le gars qui n'hésite pas à vous dire, la Suisse est un pays, en termes de flics, c'est tellement raciste que j'y vais même plus. Tiens, d'ailleurs, une réponse à mon ami Pierrosson Georgiou qui n'arrête pas de m'inviter pour la Suisse. Je voudrais vous dire un truc. La dernière fois que j'ai été en Suisse, j'avais pris le TGV depuis Paris pour aller voir ma tante qui était extrêmement malade et qui avait Elle ne voulait pas demander de l'aide parce qu'elle avait toujours sa fierté, la fierté de cette génération-là. J'étais en difficulté financière, j'ai acheté un billet qui coûtait une fortune pour aller la voir. J'arrive dans le TGV, il s'arrêtait plus de 10 gens je crois. Bam, il rentre en Suisse, les flics suisses montent. Et je savais qu'ils allaient arriver vers moi. J'étais épuisé par le travail, par des choses qui n'allaient pas, par les problèmes d'argent, par ma tante qui était malade, par, par, par tout ça. Je voulais juste avoir une bonne journée ce jour-là. Et ils arrivent, ils rentrent dans le wagon. Je sais que ça va tomber sur ma gueule. Je peux le faire en caméra cachée. Peut-être qu'ils ont changé depuis, je ne sais pas. Mais franchement, je peux vous le faire en caméra cachée. Ça ne rate pas. Ils arrivent, ils regardent. La blanche, tout ça, c'est clair que non. Les blancs, non, ils regardent. Ils arrivent vers moi. Bien entendu, j'ai bien entendu la gueule d'arabe. Vos papiers, ils prennent mes papiers, ils commencent à regarder, ils retournent mon passeport. Et honnêtement, je vais vous dire un truc. Ils n'ont pas été épouvantables avec moi. Ils étaient deux. Ils ont juste regardé mon passeport. Il l'a passé à son collègue. Il l'a regardé, tout comme ça. Il me l'a rendu et il est parti. Ils n'ont même pas posé de questions. Honnêtement, ils n'ont même pas posé de questions. sans partie j'ai éclaté en sanglots d'accord j'ai plus jamais remis les pieds en suisse ma tante est décédée plus tard et tout ça mais juste pour vous dire que D'accord, il y a une répétition des fois, tu vois, c'est comme le flic suisse du train, il ne m'a rien fait, il ne m'a pas agressé, il ne m'a pas attaqué, mais le fait qu'il arrive sur un terrain extrêmement compromis, il arrive sur une sensibilité qui affleure de peau, il arrive après des dizaines de collègues m'ont déjà contrôlé dans le passé pour ma gueule, donc tu comprends qu'au bout d'un moment, je n'en peux plus, OK ? Donc voilà, c'est tout, je voulais juste vous dire, vous dire un petit peu ma sensibilité par rapport à ces choses-là. J'irai peut-être en Suisse un jour si le travail m'y oblige parce que je voyage pour mon travail très souvent et je n'ai pas réellement le choix. J'ai une flexibilité. Des fois, je peux choisir un pays ou un autre ou je peux choisir une mission et laisser quelque chose d'autre à mon collègue ou autre. Il y a des petites choses comme ça. J'ai certains degrés de liberté, mais des fois, je n'en ai pas. Si je n'en ai pas et que je dois aller en Suisse, je vais en Suisse. C'est tout. Mais je sais que je n'irai pas comme ça avec plaisir, je n'irai pas juste pour ma gueule, je n'irai pas juste comme ça. Je sais que même lorsque j'irai, même lorsque j'aurai mon passeport anglais dans la main comme ça, je sais que je préférerais qu'ils aient installé des machines qui scannent les passeports que de voir la gueule d'un flic suisse, honnêtement. Donc, mes amis, j'ai plein de choses encore à dire. C'est une demi-heure, ça passe vite. Je vous laisse. Je vous embrasse très fort. Et puis, j'espère que... J'espère plein de choses de bien pour l'humanité, mais le fait est que, voilà, la situation devient extrêmement chiatique en ce moment. Faites très gaffe à vous. À bientôt.
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