
A French monologue argues that veil debates should focus on social cohesion rather than theology. The speaker uses allegories to claim that visible markers of separation, like wearing a veil, can endanger group unity and risk creating parallel societies.
Bonjour mes amis, il y a quelqu'un qui m'a écrit pour me demander c'est quoi la différence entre mes vidéos où je parle du Québec et les autres où je parle de la France. Alors je vais te dire un truc, la différence de ces vidéos c'est qu'elles abordent si tu veux la même problématique mais à des niveaux différents parce que Le Québec, si je prends une image, le Québec c'est aujourd'hui un type, quelqu'un qui est debout devant une machine industrielle, avec un engrenage qui tourne très vite, et le gars se demande s'il doit mettre la main dans l'engrenage ou pas, s'il met les doigts, d'accord ? Ça, c'est la problématique du Québec. La problématique de la France, c'est un type qui a été avalé par cette machine complètement, il a mis la main, il a été avalé, il est parti, il reste que ses chaussures, d'accord ? Il y a que ses godasses qui dépassent comme ça, et puis on essaye de le tirer mais on a que les chaussures qui viennent en main, d'accord ? Donc voilà, ça c'est grosso modo la différence, ça signifie qu'en fait, je suis très heureux aujourd'hui de pouvoir parler avec vous de la charte du Québec mais je n'aimerais pas être là dans cinq ans, en train de vous parler de problématiques que vous ne connaissez pas aujourd'hui, mais que vous allez découvrir à votre corps défendant. Voilà, c'est ça. C'est-à-dire que notre but, c'est que la boîte de Pandore reste fermée. La discussion sur la charte, et puis aussi sur le voile, nous a entraîné sur une voix un petit peu glissante, sur une discussion un petit peu glissante, comme très souvent, certaines problématiques peuvent nous entraîner sur un faux débat. Alors, j'essaie de recentrer et je vous explique un petit peu ce qui me gêne dans le débat. C'est-à-dire qu'il est parti, mais c'est de ma faute aussi, il est parti sur la question de savoir si le voile est une obligation islamique ou pas. Je vous dis un truc, cette question n'est pas pertinente du tout. Je vais vous dire pourquoi. Nous sommes dans des sociétés qui respectent les croyances, que ce soit les croyances religieuses, mais aussi d'autres croyances qui n'ont rien de religieuse, mais on respecte les gens qui sont porteurs de ces croyances-là. Or, qu'est-ce qui fonde la légitimité d'un acte basé sur une croyance ? C'est que quelqu'un y croit. Ça signifie qu'en fait, peu importe si le voile est réellement islamique ou pas islamique, l'important c'est qu'il y a des gens qui croient qu'il l'est et puis c'est ça ce qui fonde sa légitimité à leurs yeux. D'accord ? Donc ça c'est le point un petit peu glissant sur lequel je voulais attirer votre attention. Maintenant, j'aimerais recentrer le débat et vous donner un exemple, vous donner une allégorie. J'aime bien des fois réfléchir, c'est peut-être mon côté arabe, c'est mon côté des fois africain qui ressort, et j'aime bien réfléchir en termes d'images, en termes de petites histoires. Alors, il y a des gens qui me disent, moi, le voile, c'est un habit, j'ai le droit de m'habiller comme je veux, d'accord ? Jusqu'à un certain point, je peux accepter, mais il y a un petit problème quand même que j'aimerais vous signaler avec ça. Imaginons que nous organisons une expédition, nous sommes 10 personnes, nous sommes un groupe avec un objectif commun. Notre groupe décide, par exemple, de faire une randonnée de 1 000 km ou décide de s'attaquer à une montagne ou à un objectif de cette sorte-là, un objectif commun et difficile à atteindre. Alors, imaginons que le matin du départ d'un gars, un des membres de l'expédition arrive, et au lieu de... de l'équipement habituel pour ce genre d'expédition, qu'est-ce qu'il a ? Il a ramené avec lui un gros carton plein de livres qu'il veut porter, et puis un chariot avec un meuble. Il dit, je tiens ce meuble-là, je vais l'emporter en montagne avec moi. Et puis il porte des sandales à ses pieds. D'accord. Maintenant, est-ce que moi, si je suis par exemple le chef de cette expédition, Est-ce que j'ai le droit de le forcer à ne pas prendre ses livres, à prendre de l'équipement pour la montagne, et puis de remettre en cause ses choix ? Est-ce que j'ai le droit de le faire, oui ou non ? Oui, j'ai le droit de le faire. J'ai le droit de l'obliger à s'habiller comme les gens qui partent dans cette expédition. J'ai le droit de l'obliger à abandonner ses livres et ces choses lourdes qu'il trimballe avec lui parce que ça va le ralentir. Mais en fait, ça ne va pas le ralentir que lui. Ça va ralentir tout le groupe. Ça signifie en réalité Si on part du principe qu'on a un objectif commun, ça signifie que si toi, tu transportes tous ces objets et ces souvenirs avec toi, le problème, c'est que qui va transporter ta nourriture, ta part de nourriture, ta part d'équipement de camping ? C'est tes collègues qui vont les transporter. Ils vont transporter ta part, vu que toi, tu as cette fantaisie de transporter des choses qui sont inutiles et qui vont te ralentir, d'accord ? Dans l'ascension à cet objectif. Voilà. Et en plus, Si tu tombes ou si tu te mets en danger avec tout ça, ça sera tes collègues qui devront prendre sur eux, ça sera les autres qui devront prendre sur eux de t'aider et prendre des risques, risquer leur vie et tout ça pour pouvoir te sortir de la situation dans laquelle tu t'es mis tout seul. D'accord ? Maintenant, cette personne peut me dire, écoute, je connais un groupe, D'accord ? Où tout le monde est parti avec ses souvenirs, des meubles, des tableaux, tout ça, à l'attaque de la montagne. Maintenant, je peux lui dire, est-ce que ce groupe, est-ce que tu peux me confirmer que ce groupe a atteint le sommet de la montagne ? Ou bien est-ce que tu es en train de me parler d'un groupe qui a échoué au bout d'un kilomètre, ou bien un groupe qu'on a retrouvé gelé un matin parce que personne n'avait de tente, personne n'avait d'équipement et tout le monde avait transporté des choses complètement inutiles. Ah d'accord, tu te réfères à un groupe effectivement qui a échoué. Et donc tu veux me ramener, tu réclames la liberté d'avoir quelque chose qui vient d'un groupe qui a échoué. Voilà, donc je pense que si on est dans une communauté et qu'on a un objectif commun, effectivement j'ai le droit de t'interdire un certain nombre de choses que toi tu peux considérer comme des libertés. Mais alors ça sera des libertés si tu vivais tout seul dans une île déserte. Mais une fois que tu es dans un groupe et qu'on a un objectif commun, et bien ces libertés, tout à coup, elles cessent d'exister. Encore une fois, je suis en train de faire un rapprochement avec cette histoire du voile. Le voile n'est qu'une entrée en matière. Le voile n'est que la boîte de Pandore. Au départ, si vous laissez aller ça, vous allez finir par une société complètement en ségrégation. Je vais encore vous raconter quelque chose à propos de ségrégation. Comme la croyance au voile fonde la légitimité du voile, comme je vous l'ai dit au début de la vidéo, la non-croyance au voile fonde l'illégitimité de ce même voile. Je vous dis un truc. Du moment que la société canadienne ou la société québécoise dit « chez nous », c'est un aspect fondamental dans notre société, que les hommes et les femmes sont complètement égaux et que les femmes ne sont pas enfermées dans un habit qui les distingue du reste de la société, à ce moment-là, si un pan minoritaire de la société dit, nous on veut partir sur un choix fondamental complètement à l'opposé. Ça signifie qu'ils sont en train de créer une autre société. À ce moment-là, ça signifie qu'en fait, ils veulent vivre à côté. C'est un petit peu comme si, par exemple, un pan de la société canadienne va se dire, chez nous, on n'accepte pas l'égalité entre les races et pour nous, un noir est inférieur à un blanc et puis il ne faut pas qu'il monte dans le même bus avec nous et tout ça. À ce moment-là, si la société en tant que telle accepte Ce choix, d'accord, de ce groupe là, à ce moment là, ce choix est tellement important, tellement fondamental qu'il va automatiquement, au moment où il est fait, au moment où il est accepté, il va diviser la société en deux. Ça signifie qu'à ce moment là, vous pouvez déjà commencer à préparer les jalons de la République islamique du Québec. Ça signifie qu'à ce moment là, il va falloir un jour ou l'autre. coupé en deux, il va falloir couper en deux, sectionner, puis dire, vous vivez là, nous on vit là, pourquoi ? Parce que nous avons des choix fondamentaux qui ne sont pas les mêmes. Ça se passe en France, ça se passe effectivement en France, où il y a des villes qui sont en réalité qui ne font plus partie de la France. Pourquoi ? Parce que la société qui y vit a fait des choix à de nombreuses reprises, à de nombreux carrefours, elle a fait des choix qui l'ont éloigné en fait de la société française en tant que grand groupe constitué. Voilà, je pense que ceci nous permet peut-être de recadrer le débat et sortir, si vous voulez, du côté théologique qui n'a pas lieu d'être, à mon sens. Je vous souhaite tout de bon, comme on dit en Suisse.
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