Relations Professionnelles : Le collègue voleur d’idées

A French monologue on dealing with colleagues who steal your ideas at work. The speaker covers when to share ideas with management, how they typically react, and whether to launch your concept as a startup instead.
Mes amis, bien le bonjour. Le collègue qui te vole tes idées. On en fait quoi ? Il y a des collègues comme ça, c'est très agaçant. Tu dis un truc. Tu dis un truc, genre tu vois un problème sur un système ou autre. Et tu dis, ah si on faisait comme ceci ou comme cela. Ou bien tu veux changer un process ou autre. Et puis tu as une idée géniale. Tu la formules devant lui. Et la prochaine chose que tu sais, c'est qu'il est déjà parti chez le management pour la dire. Tu fais quoi dans ces cas-là ? Alors je vais te dire un truc. Si l'idée est déjà sortie, c'est un peu comme le lièvre, la cage a été ouverte, il est parti, c'est trop tard. J'aimerais te dire un truc. Les gens qui ont des idées, ils ont tendance, et c'est ça chez tout le monde, les gens qui ont des idées ont tendance à ne pas les valoriser. Ceux qui ont des idées croient que l'humanité entière en a, alors que ce n'est pas vrai. J'avais rencontré un vieux monsieur en France qui avait côtoyé Marcel Dassault. C'est un vieil ingénieur qui est à la retraite depuis 20 ans. J'ai appris son décès, il avait 90 ans plus. Il s'appelait M. Devalry. Et en fait, M. Louis Devalry m'avait dit, je vous parle de lui plus en détail un jour, il m'avait dit que M. Marcel Dassault avait 100 idées par jour, dont 99 idées de génie. Vous voyez ? Pour les gens qui ont des idées, ça vient si naturellement que cela. Pour ceux qui n'ont pas d'idées, eh bien l'idée, malheureusement, est une donnerie rare. Ce n'est pas quelque chose qui leur passerait comme ça dans la tête en se rasant le matin ou en prenant leur douche. Ça leur viendrait pas, en tête. Donc qu'est-ce qu'ils font ? Ils la prennent chez les autres. Ils vont donc être à l'écoute des autres, le radar toujours ouvert, et puis quand ils entendront quelque chose qui résonne bien, qu'ils disent « Ah, ça, ça a l'air d'être intéressant », ils vont apprendre toute chose, essayer de la valoriser pour eux-mêmes. Comment la valoriser pour eux-mêmes ? Aller chez le management et puis en parler. Voilà, aller en parler chez le management et tout ça, voire même se prendre la paternité. Tu vas avoir du mal à la récupérer pour être honnête avec toi. Tu ne peux pas aller chez le manager et lui dire oui, c'était mon idée, à moi et tout. Je vais te dire pourquoi. Le manager, il ne s'en fiche pas mal. Tu comprends ? Je veux dire, le manager, il reçoit une idée intéressante. Cette idée est profitable pour la compagnie. Il va l'utiliser. Il ne s'en fiche qu'elle vienne de toi ou d'une autre personne. A la rigueur, il n'est pas là pour rétablir la justice, il n'est pas là pour te récompenser pour ton idée, c'est pas ce qui l'intéresse. Lui, ce qui l'intéresse, c'est l'idée, après tout. Donc, qu'elle vienne chez lui de manière légitime ou pas, il va quand même la prendre. Et puis, on t'oubliera. Premièrement, ne jamais partager ses idées juste comme ça. Si tu penses à un truc, réfléchis bien dans ta tête, écris-le, laisse-le maturer, laisse-le se développer, et après vois comment toi, tu peux le vendre au management, mais... pas en arrivant en disant, vous savez, t'as un problème, j'ai une solution. Non, pas du tout, pas comme ça. Il faut toujours attendre qu'ils souffrent, c'est très important. Je vous ai donné l'exemple de celui qui se noie. Si on considère le management qui est en train de se noyer, il est important d'attendre qu'il soit bien en train de se noyer avant de les aider. Si tu les aides trop tôt, et ça malheureusement, la majorité des employés qui ont des idées, qui se prennent quelque chose sur la figure, sont des gens qui ont parlé trop tôt. Apprends à ne pas parler trop tôt. Apprends à te taire. Je sais que ce n'est pas naturel. Je sais. Moi, je suis comme toi. Moi, je vois un problème instinctivement. Comme ça, j'ai envie de parler, j'ai envie de dire, j'ai envie d'intervenir. Je sais, mais ce n'est pas valorisé. ni dans l'entreprise, ni d'ailleurs dans ton milieu social, pour être honnête avec toi. Donc pour être honnête, des fois, je vois des amis, je vois des gens de ma famille, ils vont se ramasser le mur. Mais si je leur parle, si je leur dis, si je leur dis écoutez, j'ai peut-être une idée pour toi, je vais peut-être t'aider, et bien c'est mal reçu en général. C'est ce qu'on appelle un conseil non sollicité. Les gens généralement sont allergiques à ça, ils méprisent cela. Parfois, tu es obligé de laisser la nature faire son cours, tu es obligé d'attendre que la personne se ramasse, qu'elle se ramasse bien. Donc, si le management est en train de se noyer, tu dois attendre vraiment une bonne noyade, qu'il boive la tasse. Et moi honnêtement, des fois, même si je vais boire la tasse, je ne fais rien. C'est-à-dire que moi, je suis devenu un peu… Malheureusement, à force de prendre sur la figure avec ces gens, j'ai basculé dans le mauvais côté de la force. Des fois, je me dis j'attends la crise, j'attends que ce soit vraiment crisifié la situation, j'attends vraiment qu'il souffre. Parce qu'il y a un truc invariable avec le management, c'est qu'une fois qu'il souffre, il devient plus réceptif aux idées. Alors que s'il ne souffre pas, toi tu balances ton idée, bon mépris, ça n'ira pas plus loin. Donc ce qu'il faut faire déjà c'est attendre qu'il y ait un bon niveau de souffrance. Le problème c'est que parfois tu attends tellement et ce qui m'est arrivé, ce que je vous dis, c'est que des fois je les laisse souffrir et j'ai la solution, je dis rien. Bon ça c'est... Une fois que t'es arrivé à ça, c'est que t'as basculé du mauvais côté de la force. Vraiment, là c'est... Tu peux te voir dans le miroir, on est d'accord. Mais avant cela, il rentre dans une phase de molestes psychologiques, où ils sont généralement très ouverts. Donc c'est à ce moment-là que tu commences à parler. Et pas balancer, pas virguler la solution. C'est comme le gâteau dans le four. Tu prends un couteau ou autre, tu rentres dedans, tu plantes dedans, après tu sors et tu touches pour voir un petit peu la pâte dans quel état elle est. Donc c'est pareil avec eux. Tu n'arrives pas et tu défoures le gâteau. Tu dois attendre. Tu dois vérifier l'état dans lequel il est. Donc tu vas les sonder. Tu vas faire un sondage. Est-ce qu'ils sont réceptifs ou pas ? Tu tentes. Ah oui, c'est un problème grave quand même. C'est chaud. Tu sais, on continue comme ça, ça va mordre la poussière. C'est sérieux comme truc. Puis... J'ai peut-être, j'ai réfléchi l'autre jour, ce temps tôt, j'ai peut-être une idée, je ne suis pas sûr encore, ce n'est pas encore complètement élaboré dans ma tête. Alors, si, quand tu parles comme ça, il commence déjà à interagir, il commence à dire « Ah bon ? » Il dit toujours « Je suis intéressé ». Alors si tu dis « Je suis intéressé », tout ça, tu dis « Oui, mais bon, moi je, d'accord, je sais que tu es intéressé, mais je comprends, vu la situation, il ne serait pas. Avant de parler, j'ai quand même envie de repasser la situation. J'ai envie qu'on en parle, j'ai envie qu'on remette les quatre sur la table. Pourquoi ? Parce que quand tu les obliges à raconter leur douleur encore une fois, ils vont mieux la ressentir, c'est important. Vas-y, raconte-moi tout, raconte-moi dès le départ. Explique-moi depuis le début, explique-moi comment tu es en train de morfler. Là seulement, tu commences à obtenir leur attention. Quand tu sens que leur attention est là, tu peux virguler ton idée. Sinon, ça ne vaut pas la peine. Sinon, franchement non. Sinon, n'en parle pas à un collègue autour d'un café ou autre, sinon il va l'utiliser. Donc, je t'ai donné deux états. Le premier, qu'il ne faut jamais faire, tu parles à un collègue. C'est moche, ne le fais pas. L'autre, c'est vendre ton idée uniquement quand le management est en train de couler. Ça, c'est la meilleure option. Mais j'en ai une troisième encore. Il faut savoir une chose, énormément de startups, s'emmener sur la base d'idées qui avaient été dévalorisées par de grosses boîtes. Je crois même que l'iPad, l'iPad d'Apple, a été proposé à... C'est Microsoft auquel il a été proposé ? Juste pour vous dire, le PDG de Microsoft rigolait de l'iPhone. Il y a des vidéos de lui sur YouTube rigolant de l'iPhone. Il disait comment ils vont faire avec un téléphone sans clavier. Parce qu'à l'époque, il fallait avoir un clavier. Alors c'était soit t'appuyais plusieurs fois, soit il fallait avoir le méga clavier Jean Blackberry. Lui, quand on lui a dit qu'ils ont sorti un téléphone sans clavier, il était mort de rire. Voilà, il est mort de rire. Résultat, voilà, il n'est pas le dernier à rire. Donc, des fois, tu as une idée, tu travailles dans une boîte, tu vois un gap. Tu vois un gap business énorme. Alors le gap business, c'est quelque chose qui est essentielle, qui est très importante, et dans ta vie, c'est peut-être le moment de devenir millionnaire pour toi. C'est peut-être le moment réellement de poser une carte sur une case qui va renverser le cours de ta vie. Dans ce cas-là, ne va pas donner ton idée juste à un manager contre un sourire. Ne va pas lui dire « Oui, tu sais, machin, l'idée ». Et puis, il va dire « Ah oui, merci, c'est génial, donne une tape sur le dos ». Ça ne vaut pas la peine. Peut-être des fois, ça vaut la peine de créer une start-up sur la base d'une idée, sur la base d'un problème. Il faut savoir que tu peux créer une idée et puis tu te fais racheter 5 ans plus tard pour 200 millions, pour 100 millions par une boîte chez qui tu travaillais avant et qui peut-être à l'époque avait dédainé ton idée. C'est ça le truc. Donc voilà, surtout les managers en général, le middle management, n'ont pas l'étoffe en réalité. Ils ne sont pas à la hauteur. C'est des, comment on appelle ça, c'est des superviseurs, c'est des... Ils sont juste là à regarder qui arrive au bureau, qui est absent, qui est venu à l'heure, qui a une mauvaise habitude. C'est tout, qui reste surtout là trop longtemps. C'est de ce niveau-là en réalité. C'est du niveau contre-maître de l'ère victorienne. Donc si tu crois que cette agence-là, est capable de recevoir une idée, de la comprendre, de se projeter dedans et de la valoriser, tu leur donnes beaucoup de crédit, mon ami. Vraiment, tu les valorises trop. Ils en seraient incapables, franchement. Je te le dis, ils ne sont pas capables. Donc, c'est pour ça que tu te sens étouffé des fois par eux aussi. C'est pour ça que des fois, il y a des gens qui viennent vers moi sur ce téléphone en me disant « oui, mon manager m'étouffe, mon manager m'écrase, mon manager a peur de moi. » Tout ça, c'est classique, vous connaissez. Généralement, ce n'est même pas ça le plus souvent. Le plus souvent, quand tu commences à creuser avec la personne, tu réalises que le manager, c'est juste un demi-sel. Il est juste incapable en vérité d'appréhender ou de comprendre ce qui se passe avec cette idée-là, c'est tout. Des fois, c'est juste ça plus qu'autre chose. Voilà mes amis, je vous en ai donné trois. Collègues, savoir vendre son idée au management. Et la troisième, voir si son idée ne vaut pas la peine. d'être transformé en start-up juste pour vous. Voilà. À très bientôt mes amis et on se voit bientôt dans une autre vidéo parisienne. À très bientôt.
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