
French-language interview between Aldo Sterone and Piero San Giorgio (author on survivalism), recorded as an informal conversation. Major themes: critique of immigration policy and left-wing incentives, analysis of Islam and cultural misunderstandings, personal anecdotes about Algeria and migrants, and an extended discussion of economic collapse (‘effondrement’), preparedness, and survivalist strategies. The tone mixes polemic sociopolitical commentary with practical advice on individual responsibility and community resilience.
Bonjour mes amis, la dernière fois j'avais parlé d'un livre sur vivre à l'effondrement économique, j'ai aujourd'hui l'auteur avec moi, c'était un très grand plaisir d'avoir un petit repas ensemble et puis papoter un petit peu au sujet de la survie, parce qu'à en croire notre ami, le monde va bientôt s'écrouler.
On n'espère pas le parking maintenant, donc enfin dans la mythique voiture d'Aldo Steyrol.
C'est une Ferrari, n'est-ce pas ? Comme on est sortis faire un petit tour, il était très content.
Merci. Je suis ravi de te rencontrer. J'écoute et je visionne régulièrement tes vidéos qui sont une source de réflexion et de connaissances. Tu parles souvent d'islam, tu parles souvent d'immigration, tu parles souvent de France, mais aussi d'événements internationaux, ISIS, etc. et j'écoute beaucoup, donc c'est tout d'abord une occasion pour te remercier de toutes ces vidéos que tu fais, de cette passion que tu mets et de ton temps que tu mets pour faire ces vidéos qui sont très intéressantes, très instructives. Moi j'ai appris beaucoup de choses sur l'histoire de l'islam, des hadiths, de la vie des prophètes, des successeurs de la famille du prophète Mohammed. que je ne connaissais pas, comme beaucoup d'européens, nous sommes dans une ignorance totale de la religion, de ce qui est aujourd'hui presque 10% de la population européenne, avec justement une religion qui a des variantes, des sous-variantes, des sous-croyances, toutes sortes de ramifications finalement aussi nombreuses presque que d'individus.
En fait, en tant qu'européen, tu viens de le dire à peu près, tu peux vivre dans une sorte d'illusion que parce que quelqu'un vient de la société musulmane, vient de la société maghrébine ou arabe, qu'il connaît nécessairement mieux l'islam que toi. En réalité, le fait de naître dans une société musulmane, on est peut-être même... on est peut-être handicapé à la connaissance de l'islam. Pourquoi ? Parce qu'on a énormément de dogmes qui nous empêchent de voir au travers. On a un mélange de cultures et de cultes, de sorte qu'on ne fait plus la différence entre ce qui est une habitude qu'on a héritée de nos arrière-grands-parents et ce qui est religieux. Et en fait, il faut, par une action volontaire, aller faire le ménage dans tout ça, pour pouvoir accéder, ne serait-ce que tenter d'accéder à la source de la chose. Donc effectivement, le fait d'être d'une société arabo-musulmane ne peut pas nécessairement avancer. Je dirais au contraire, ça a été un gros handicap. Et c'est seulement quand il y a eu tous ces événements internationaux que j'ai commencé à me pencher sur la question. Et là, ce que j'ai découvert, j'en suis resté... C'est vrai que ça a complètement bouleversé la vision que j'avais avant. Au moment où je parle, je compare à la vision que j'avais quand je vivais dans la société arabo-musulmane.
Tu incites beaucoup les gens, et c'est quelque chose que je fais également modestement dans mes livres ou mes interventions, à réfléchir, à s'éduquer, à douter, à douter pas forcément de leur foi, mais de douter de la manière dont l'interprétation les amène à agir au quotidien. D'abord sur eux-mêmes, avec parfois des conséquences néfastes, parce qu'ils ont mal agi ou mal compris. Ils ont des conséquences sur leur vie. On en parlait tout à l'heure, des gens qui sont tellement sûrs de la parfaite perfection de la manière dont ils vivent leur religion et qu'ensuite, forcément, ne comprennent pas pourquoi ils se retrouvent tout en bas de l'échelle sociale. Et puisqu'ils sont parfaits, ils donnent la faute aux autres. Alors que peut-être que c'est la manière dont ils ont interprété une certaine forme de manière de vivre une religion ou une foi. qui les amènent à avoir des comportements qui ne sont pas compatibles avec la société dans laquelle ils sont et donc ils se retrouvent, soit ils restent ou soit ils finissent tout en bas de l'échelle sociale. Par exemple, c'est un exemple parmi d'autres.
Oui, c'est pour ça que par exemple la gauche les encourage à ne pas se poser de questions, à rester exactement là où ils sont. Parce qu'ils savent bien que si ces gens commencent à s'ouvrir un petit peu et puis à essayer de on va dire, réexplorer leur foi, réévaluer leur héritage, et puis peut-être sortir avec un narratif beaucoup plus consistant, avec ce que la vie attend d'eux aujourd'hui, des challenges de 2015, c'est vrai qu'ils risquent d'être des personnes, vu de la gauche par exemple, et vu aussi leur établissement religieux, ils risquent peut-être de se libérer. Et ça, ce n'est pas quelque chose qui est voulu en fait.
Non, la gauche veut... D'ailleurs, l'une des raisons pour lesquelles il y a toujours cette dualité, d'un côté, entre guillemets, les industries ont voulu l'immigration pour casser les salaires, les syndicats, et donc permettre du travail à meilleur prix, donc des meilleures marges, donc du flouze, du fric. D'un autre côté, la gauche a idéologiquement préparé le terrain et encouragé l'immigration, au-delà de certains dogmes d'idéalisation du gentil barbare, parce que c'est un peu le gentil sauvage. Il y a encore ce côté qui est vraiment raciste. Pour le coup, le vrai racisme vient de la gauche. parce qu'il y a un côté de mépris, c'est même pas du paternalisme, c'est une sorte de condescendance de ces populations. Et en plus, pour des raisons électorales, puisqu'ils se disent plus on fait venir des gens Et on en discutait, tu le dis très bien dans une de tes vidéos, et ils ne veulent pas faire venir des gens éduqués, parce qu'il y en a. Moi, j'en en parlais, j'ai embauché dans mon entreprise à l'époque, par exemple, un Algérien, je salue, s'il nous regarde, Adèle. qui était un génie, il était brillant, il avait fait les meilleures études, il avait fini super-héros premier de sa promotion en France et on l'a expulsé de France le lendemain de son diplôme quasiment parce qu'il était trop qualifié. Alors ils préfèrent faire venir les gens de fin fond du bled qui ont Bac-6 alors que le Bac-6 on le vire parce qu'il va peut-être pas voter à gauche alors que les masses à qui on va donner des allocations familiales et à qui on va donner des passeports Elles vont rentrer dans un système de clientélisme que la gauche sait très bien gérer pour son avantage électoral et donc pour que l'intelligentsia et surtout les élus gardent leur poste. Et là aussi, question de fric, de manière personnelle.
Tout à l'heure à table, quand il parlait de de Adel, cet ingénieur algérien qu'il avait recruté. Et puis, j'avais complété l'histoire pour lui. Je lui avais dit, dis-moi, il s'est fait virer de France, n'est-ce pas ? Et en fait, il m'a effectivement confirmé cela parce qu'en France, il y a une volonté d'encourager ou de favoriser l'immigration de Bush. De toute façon, si on regarde les statistiques officielles, le gouvernement français, plus que 90% des visas d'établissement qu'il délivre en France sont des visas pour des non-travailleurs. Donc on voit bien que le travailleur, lui, n'est pas du tout encouragé de venir en France. J'avais utilisé un terme peut-être un petit peu dur. Je lui avais dit, tu ne penses pas que c'est peut-être une sorte de sensibilité issue du colonialisme. Peut-être que le gauchiste a besoin de voir un maghrébin qui vient boulotter ses restes. Littéralement, tiens, maghrébin, tiens, je te jette de la bouffe.
Bon sentiment.
Oui, voilà. Et regarde comme je suis généreux. Tant que tu restes dans cette position où tu vas courir à quatre pattes. Par contre, si tu te lèves, si tu te mets debout, Là, je ne pourrais pas te tolérer de te voir face à moi en tant qu'humain, égal à égal.
Oui, je crois qu'on en parlait, le racisme, le vrai, le plus dénigrant, le plus méchant, en fait, c'est ces mêmes personnes qui sont capables de tourner Kazakh. Et on le disait, si un jour, pour des raisons quelconques, on tombe dans des situations justement de crise lourde, de guerre civile peut-être même, on va vite voir ces gens qui, encore une fois, pour garder leurs avantages, pour garder leurs vrais acquis, vont très vite passer de pro-immigration à des exterminateurs. Oui, remplir les trains à la fourche et les envoyer en Pologne, je ne sais pas, mais les envoyer dans la mer. Enfin, ça risque. Moi, j'aurais vraiment méfiance. C'est vrai que parmi mes lecteurs, il y a aussi mon livre sort en arabe, donc il y a aussi des lecteurs de l'autre côté de la Méditerranée qui ne sont pas dupes et qui me disent oui, oui, on est tout à fait conscient que ceux qui soi-disant nous caressent dans le sens du poil aujourd'hui, c'est peut-être ceux qui voudront notre mort demain. Et il faut être très méfiant de cette partie-là. Alors évidemment, moi qui ne viens pas de la gauche, ça me réconforte d'entendre ça dans certaines de mes convictions économiques, politiques et sociétales. Mais je n'en veux pas aux gens de gauche en tant que tels, mais c'est simplement, je pense qu'ils sont dans une posture qui est néfaste pour les pays d'accueil, l'Europe en l'occurrence, ici où nous sommes, qui sont néfastes pour la personne qui se déplace. et qui sont néfastes aussi pour eux. Et Charlie Hebdo l'a montré, c'est qu'ils ne sont pas allés mitrailler le siège du Front National, ils sont allés mitrailler les gauchistes les plus méprisants pro-immigration. Et voilà, et c'est vraiment, vraiment un symbole ce qui est passé, que moi j'ai trouvé très, très fort. Je n'ai pas commenté parce que ça ne sert à rien dans l'hystérie qu'il y a eu. Ça fait quoi, déjà un mois et demi bientôt ?
Un mois et demi déjà, oui, ça semble si loin parce qu'on n'en parle déjà plus.
C'est fini.
Moi, j'avais commenté, mais au milieu de l'hystérie, tu sais, j'ai...
Tu es courageux ?
Oui, j'ai... Ou inconscient ? Peut-être. Peut-être. Tiens, au sujet de... Tu parles de l'effondrement économique dans ton livre. Tu sais que pendant très longtemps, je vivais en ayant l'impression que le monde allait s'écrouler demain matin. Maintenant, j'en suis peut-être revenu de cette vision-là. J'ai peut-être l'impression que le monde est en train de s'effriter. Et jusqu'où ça va aller ? Est-ce que de notre vivant, on le verra s'écrouler sous la forme que nous connaissons ? Ou est-ce qu'on peut dormir sur nos lauriers puis se dire que ça va, vu nos âges ? La vraie question, je vais la reformuler. La vraie question, si je compare mon espérance vie à l'espérance vie du monde tel que nous le connaissons, est-ce que je peux dormir tranquille à ce stade ?
Je pense que le travail que j'essaie, le message fondamental que j'essaie de faire passer dans mes livres, Au-delà des différents scénarios, des différentes hypothèses que je présente et dans lesquelles je suis convaincu personnellement, et je vous laisserai découvrir pour ceux qui n'ont pas encore lu mes livres, ce que j'entends par cette convergence de catastrophes lourdes qui sont en train d'arriver et les conséquences de ces catastrophes sur notre mode de vie.
Catastrophes lourdes, qu'est-ce que c'est qu'une catastrophe lourde ? Moi, ce qui me fait peur, c'est les petites catastrophes qui s'accumulent, tu comprends ?
Mais une catastrophe lourde, ça peut être une catastrophe lourde qui arrive. Par exemple, tout d'un coup, il y a une catastrophe naturelle, une guerre. Mais ça peut être aussi un nombre de petites catastrophes économiques qui, s'accumulant, finissent par casser. Il y avait cette fameuse histoire du... On charge le chameau brin de paille par brin de paille. Au bout d'un moment, il y a un brin de paille supplémentaire qui casse la colonne vertébrale du chameau. Et ce fameux brin de paille, ça peut être une crise économique de plus, le manque de confiance dans la monnaie qui est basée sur peu de valeurs tangibles intrinsèques, ça peut être une crise politique, ça peut être justement les guerres, ça peut être des crises écologiques, ça peut être des crises énergétiques, etc. Le résultat de toute façon, c'est du manque. C'est-à-dire que lorsque notre mode de vie auquel on est habitué change, parce que tout d'un coup les supermarchés ne sont plus remplis, parce que les systèmes d'approvisionnement qui sont juste à temps ne fournissent plus la nourriture, avec les chaînes d'approvisionnement qui fonctionnent de manière parfaite, ou parce que tout d'un coup les services publics sont ravagés par justement le socialisme qui a ruiné le pays inévitablement tôt ou tard. Ou parce que l'économie est tellement moribonde que l'on n'a plus de capacité à payer la paix sociale en donnant des allocations.
Continue, continue mes maîtres. Et moi, je vais allumer la lumière.
Voilà, voilà. Comment on fait ? C'est classique ça. C'est un des trademarks d'Aldo, le parking. Le manque que génère ce... Le changement de ce qui est normal, ce qu'on considère comme normal, c'est-à-dire qu'on ouvre notre robinet de l'eau qui est buvable, qui est propre, sort. On allume la lumière, il y a de l'électricité. On va à la station-service, il y a de l'essence. Lorsqu'on va au supermarché, il y a de la nourriture. On peut relativement facilement trouver encore un travail.
Et tu penses que tout ça va s'arrêter un jour ?
Il risque d'y avoir des paliers. Aujourd'hui, on est clairement dans un frein. Toi et moi, on a travaillé dans des industries qui ont été florissantes, qui marchent assez bien. Dans beaucoup d'endroits, les salaires sont de moins en moins attractifs par rapport au pouvoir d'achat qu'ils permettent. Il y a de plus en plus de concurrence. La globalisation nous a amenés à devoir travailler en concurrence avec des gens qui n'ont pas du tout les mêmes lois, les mêmes contraintes sociales. On se bat contre des Chinois communistes qui ne connaissent pas le socialisme. Le communisme chinois c'est l'ultralibéralisme dont rêvent d'ailleurs certains et qui vont nous finir par nous imposer une fois qu'on est... Ce qui est important, et c'est le message fondamental que j'essaie de passer dans mon livre, c'est qu'en tant qu'individu mais aussi en tant que père ou mère de famille, ni toi ni moi ne sommes mère de famille, mais en tant qu'individu, père de famille, citoyen responsable, nous devons être conscients des risques. Et être conscient des risques, c'est ce que j'appelle être responsable. Donc avoir cette responsabilité de dire si demain il se passe quelque chose, est-ce que je vais juste rester planté C'est.
L'Etat qui est responsable. C'est l'Etat qui est responsable. À l'école, on se dit quoi ?
À l'école, on nous dit l'Etat vient nous aider, l'Etat providence, etc. Sauf que historiquement, ce n'est pas la norme. On est dans une phase qui est très anormale de la société. Est-ce qu'elle peut durer longtemps ? Peut-être, peut-être pas. Mais si ce n'est pas le cas et que tu ne t'es pas préparé, que tu n'es pas responsable, que tu n'as pas réfléchi, tu es mort. Ou tu es très mal, en tout cas. Et donc j'essaie de passer ce message. Et c'est un message que je veux assez universel. Et c'est pour ça que je suis très heureux que mes livres sortent en rubro-langue. Parce que c'est un message et une stratégie de préparation que chacun peut faire en fonction de son lieu d'habitation, de sa géographie, de sa culture, à l'échelle individuelle ou un petit peu plus grande. et qui nous donne des solutions pour simplement être plus assurés, c'est une sorte d'assurance que quoi qu'il arrive, On ne va pas souffrir autant que celui qui ne s'est pas préparé.
Oui, mais j'ai une question. C'est une question. Comment tu intègres tout ça dans un mode de vie où tu dois gérer, par exemple, d'autres peurs? Par exemple, les gens ont peur d'être malade. Les gens ont peur ou bien des fois, ils sont malades. Ils doivent gérer une maladie. Ils ont peur de perdre leur emploi. Ils ont peur de plein de choses. Il y a une incertitude à tout le niveau aujourd'hui. Si je rajoute à cela, si je rajoute à cela le stress de l'effondrement économique, ça risque de faire un peu trop pour moi à gérer des problèmes beaucoup plus immédiats. Comment tu intégrerais ?
Oui, alors c'est vrai que beaucoup de gens ont des problèmes immédiats et des peurs. J'essaye, alors peut-être qu'on va me dire oui, mais tu nous fais peur avec ce discours. Je suis désolé, mais c'est vrai que j'essaie de ne pas avoir un discours de peur, de dire il ne faut pas vivre dans la peur, mais simplement, il faut se projeter dans l'avenir et se dire Ce qui est probable, j'essaie de me protéger de ce qui est probable. Ensuite, on peut penser que ça n'arrivera jamais de la même manière. J'imagine qu'il y a des gens qui disent non, je ne pense pas que ma maison puisse brûler. Je ne prends pas d'assurance incendie. Je ne prends pas d'assurance. Pourtant, c'est obligatoire pour la voiture parce que je pense que je suis un bon conducteur. Je n'aurais jamais d'accident. C'est un risque. On est capable de prendre des risques et on peut vivre sans avoir peur constamment de prendre la voiture en disant si j'ai un accident, que se passera-t-il? Bon, on fait attention, on est responsable quand on conduit et on a une assurance au cas où il se passe un problème ou si quelqu'un nous rentre dedans. Donc, je comprends cette approche de dire qu'on ne peut pas être stressé et avoir peur de tout. Et c'est vrai. Moi-même, j'espère vivre sans être stressé. Après...
L'être humain énergisé est un stress tout préparé aussi, non ?
Oui, alors ça, c'est vrai. Psychologiquement, quand on est dans l'action, on oublie la cause de la peur. On se dit bon ben voilà, s'il y a une inondation chez moi, je dois pouvoir avoir un moyen de subvenir à mes besoins, par exemple en quittant mon domicile et en ayant de quoi vivre pendant quelques jours, quelques semaines, ça dépend, loin de chez moi. Le fait de faire ça évacue... Voilà, le jour où il y a un risque d'inondation, on dit, ah bon, j'ai pas besoin de stresser parce que je sais que j'ai une certaine préparation. De la même manière que celui qui, voilà... Par exemple, moi, je suis assuré contre le vol. Comme beaucoup de gens, j'ai pas peur si quelqu'un vient et me vole ma voiture. Je m'en fiche. Je vis pas dans la peur qu'on vole ma voiture.
Donc préparer peut-être aussi une manière de gérer le stress et de réduire le stress.
Probablement.
Avoir une peur en moins au lieu d'avoir une peur en plus.
Oui, c'est... Prenons ça un des résultats.
Mais maintenant j'ai une autre question. T'es à 7 jours avant l'effondrement économique, supposons qu'il va arriver, t'es à 7 jours avant, est-ce que tu le vois ? Ou bien est-ce que ça arrivera ? Est-ce que tu le sais au moment où t'es déjà dedans ?
Ça dépend. On n'a pas toujours la chance d'avoir, par exemple, la météo qui nous dit l'ouragan Katrina va arriver sur la ville de Nouvelle-Orléans dans 2-3 jours. Et d'ailleurs, on a vu que malgré ça, beaucoup de gens ne sont pas préparés du tout. Alors, les différents choix sont de fuir, de rester, de se préparer très vite. Plus on se prépare à l'avance, mieux c'est évidemment. Il y a évidemment le scénario de la crise subite, immédiate. les meutes peuvent venir à un moment inattendu. La guerre, on ne va pas nous dire, vous savez, dans trois jours, on va envoyer des bombes sur Moscou. Et donc, ils vont répondre. Ça, on ne va pas nous le dire. On va le savoir que c'est la guerre, le jour où les bombes russes nous arriveront sur la gueule.
Ça me rappelle quand le président Shadli a été écarté du pouvoir en Algérie. Ce qui s'est passé, c'est que nous regardions la télé, Ils sont arrivés avec le président, donc il n'y avait pas eu de préavis. Il était entouré de quelques généraux ou autres cadres de l'armée. Et en même temps, cependant qu'on écoutait la télé, il y a un bruit qui commence à monter dehors. Et c'est le bruit des chars qui avaient tous reçu l'ordre de sortir et prendre les carrefours stratégiques, d'encadrer, d'encercler les villes, etc. La fois où j'ai vu moi un pays, et puis après on a eu la tragédie que tout le monde connaît, mais je l'ai vu venir, mais en fait je l'ai vu venir quand j'étais dedans, c'est-à-dire que je savais dans les années avant qu'il y avait des éléments avant-cours, par contre le déclenchement, le vrai moment où ça se déclenche, C'est pratiquement d'une minute à l'autre.
C'est vrai que c'est toujours plus facile avec du recul d'analyser les éléments qui nous amènent vers une crise. Aujourd'hui, on se dit mais les Yougoslaves ont dû le voir venir. Aujourd'hui, on se dit les printemps arabes, c'était évident que ça allait péter, que ça allait amener à des changements ou des sortes de pseudo changements ou des révolutions de 360 degrés. Pourtant, sur le moment, personne ne le savait. De la même manière que les révolutions, on ne sait jamais où elles aboutissent. Avec du recul, on se dit, ah oui, ça finit par une boucherie. Ça finit toujours par une boucherie. Mais sur le moment, les gens y croyaient, ils pensaient que ça allait vraiment changer leur vie, que ça allait être la liberté, la fraternité, l'égalité. En fait, non, les révolutions, ça amène simplement une autre classe d'oligarches au pouvoir.
Si une révolution se déclenche pragmatiquement, une révolution se déclenche, je fais quoi ? Je me casse ? je participe avec un camp ou l'autre, je reste au milieu à les observer, à faire l'arbitre. C'est quoi pour le survivaliste ? C'est quoi la meilleure réponse ?
Souvent, traditionnellement, l'approche survivaliste et celle que personnellement, je conseille, c'est celle de dire vaut mieux ne pas être là où il y a des problèmes. La stratégie du chat écrasé sur la route, ce n'est pas une bonne solution. Après, Et ça, je ne peux pas l'encourager, parce que c'est à vous, c'est à chacun de réfléchir à son âme et conscience. Est-ce que vous avez des convictions qui font que vous avez envie de participer en tant qu'acteur dans le maelstrom, dans la tempête sociale, politique, économique qui se déroule ? Moi, à mon âge, étant père de famille, quatre enfants à 44 ans, J'ai plutôt tendance à avoir envie de rester relativement au retrait, attendre que ça se passe et on verra bien après.
C'est peut-être grâce à ça que tu attends les 44 ans quand même.
Oui, peut-être. En même temps, j'ai vis en Suisse et pas en Afghanistan, donc ça aide. Après, la question peut se poser à quelqu'un qui a 20 ans. Aujourd'hui, il y a des Français qui vont se battre en Russie. en Ukraine, pour les indépendantistes parce qu'ils considèrent que c'est un idéal de liberté. Il y a également d'autres Français qui sont du côté ukrainien. C'est une sorte de guerre d'Espagne. Quelle idéologie ? Quel est le romantisme à 20 ans ? On a envie de ce genre de choses. Je te fais remarquer qu'il n'y a pas beaucoup de banlieusards de 40 ans qui vont en Irak rejoindre le Daesh pour dégorger les chats, les femmes et les enfants. C'est plutôt des jeunes de 15 à 25 ans qui sont dans une situation psychologique et économique très particulière et idéologique qui font ce saut.
Les interdire de passeport jusqu'à l'âge de 30 ans.
Mais moi je suis pour qu'ils s'en aillent et qu'ils ne reviennent plus, mais ça c'est très personnel. Après on peut dire est-ce que c'est très humaniste, est-ce que c'est très gentil de les laisser partir en sachant qu'ils vont commettre des délits innommables dans ce monstre de Frankenstein qui est devenu Cette région, c'est sûr que ce qui m'avait choqué l'année dernière, c'est quand il y avait cette histoire des Yazidis qui ont été massacrés, capturés, mis en esclavage, tout ce qu'on veut. Vraiment le truc moyen âgeux. ils n'avaient pas de quoi se défendre. Ces gens, ils n'avaient jamais pensé à monter une milice, à s'organiser, comme d'ailleurs, au contraire, l'ont fait les Kurdes.
Parce que je vais rejoindre un truc que tu dis souvent, c'est parce que c'est des gens qui comptaient sur leur État. Il y avait un État fort. L'État syrien et l'État irakien, c'est des États qui centralisaient tout. C'était eux qui avaient le monopole des armes, le monopole de la gestion, si tu veux, de la rue. Jamais personne n'aurait pensé à un moment que ces États allaient faillir devant des groupes de voyous venant de l'Afrique.
Donc voilà, à la fin, on le dit souvent, un peuple, dans l'occurrence les Yazidis, qui se laissent couillonner comme ça parce qu'à la fin, soit ils ont eu trop confiance dans l'État, soit quand ils ont vu venir l'État syrien et irakien qui s'est délité, il y a quand même eu un certain laps de temps entre le moment où l'État s'est délité, parce qu'il y a eu d'abord cette insurgence qui venait de Jordanie, de Libye, Ils n'ont pas saisi ce temps, cette occasion, pour soit partir, soit s'organiser.
Mais ce n'est pas toujours facile.
Non, ce n'est pas facile.
Je ne dis pas que c'est facile.
Du coup, c'est trop tard.
Je te raconte une histoire en Algérie, ce qui s'est passé. Juste avant cette histoire de décennie noire des années 90, on a eu progressivement des frontières qui ont commencé à se fermer. Ça signifie qu'il y a eu un mur de Berlin, tu peux l'appeler le mur d'Algérie, un mur administratif en quelque sorte, qui était en train de se construire autour de nous. C'est-à-dire que pratiquement toutes les trois semaines, il y avait un pays Souvent un pays dont nous n'avions jamais entendu parler qui disait qu'à partir de maintenant il faut un visa pour les algériens. Ça signifie qu'on avait un passeport qui nous permettait d'aller à peu près partout dans le monde sans visa. Et pratiquement deux ans de temps, un an et demi, tous les pays de la planète en t'imposant un visa. Ça signifie qu'après, pour fuir, ce n'est pas évident. Tu vas à l'aéroport avec ton passeport et ta valise, on te dit non, tu ne peux pas embarquer, tu dois avoir un visa. Quand tu vas à l'ambassade pour demander un visa, tu vas trouver qu'il y a des gens qui sont en train d'attendre depuis deux mois. Donc c'est vrai que ce n'est pas toujours évident.
Non, ça demande une certaine... forward thinking, comme on dit en anglais, de réfléchir en avance, ce qui n'est pas donné à tout le monde. Et même des gens qui sont bien positionnés dans une société sont parfois tellement pris dans leur travail quotidien, dans leur vie quotidienne. Donc, c'est même pas, j'allais dire, il vaut mieux être Plutôt chez des gens intelligents, mais ce n'est pas forcément le cas. Parce que les personnes bien intégrées dans une société ont tendance d'abord à avoir beaucoup à perdre s'ils doivent quitter ou avoir un réflexe de préparation. Mais aussi, ils n'ont pas le temps parce qu'ils sont dans leur carrière, leur travail. J'ai des gens qui lisent mes livres dans toutes les classes sociales, des gens qui sont plutôt des modèles, des gens qui ont des travaux très modestes ou qui ont du temps, même des gens qui sont au chômage, qui me disent heureusement que j'ai eu cette période de chômage parce que j'ai pu réfléchir, j'ai pu observer, j'ai pu sortir dehors, j'ai pu voir ce qui se passe vraiment. Je n'étais pas dans le guidon constamment et ça m'a donné le recul nécessaire pour me dire ah oui, là on nous arnaque, là on est en train de nous exploiter et là il y a des opportunités et je vais aller vers les opportunités. Après, la réalité, c'est qu'aussi, je ne sais pas quelle était la population de l'Algérie il y a un siècle, c'était quoi, 4-5 millions ? Et aujourd'hui c'est 40.
On parle bien de 40.
Plus les 11 qui sont en France, donc ça fait au moins 50 millions d'Algériens dans le monde. Bon, ceux qui sont en France sont en France, mais ceux qui ont en Algérie 40 millions d'Algériens, La surface exploitable et cultivable, elle est un peu plus grande qu'il y a un siècle. Évidemment, il y a des meilleures techniques. Mais la question qui se pose, c'est est ce que l'Algérie a la nourriture, l'eau, l'énergie pour tenir ?
C'est une économie de rente. Ça signifie on vend le pétrole et puis on achète tout. On achète les biens de consommation avec le pétrole. On fabrique pas grand chose localement ou pas assez parce que de toute façon, on décourage les personnes qui veulent créer. Les secteurs de l'économie sont sous la coupe réglée d'un certain nombre d'agents étatiques, ça peut être des militaires ou d'autres gens de cette nature-là, qui ne souhaitent pas que les gens deviennent indépendants de l'importation étatique. Pourquoi ? Parce qu'ils se font de l'argent au travers de ces importations. Donc si tu la fabriques localement, tu ne vas pas l'acheter chez l'importateur. Et donc effectivement, ça décourage complètement toute forme de création.
Alors est-ce que mon livre va être interdit puisque j'encourage les gens à prendre la responsabilité personnelle ? Bon, j'espère pas. Mais enfin, j'espère que... les Algériens, les Tunisiens, tous les gens de l'Arabe qui nous écoutent vont pouvoir lire et se faire leur opinion, adapter surtout ce que j'écris dans mes livres à leur situation, qui peut être plus ou moins aisée, plus ou moins facile, en fonction de la région géographique. Et puis, une chose que j'avais perçue dans ton commentaire quand tu avais lu mon livre, c'était que l'arabe au musulman, le maghrébin en particulier, avec qui j'ai certaines affinités du fait que je suis d'origine méditerranéenne, italienne. Il y a quand même pas mal de points communs culturels. Il y a un côté qui peut-être en Europe a été vraiment depuis très longtemps mis en troisième, quatrième, cinquième zone. C'est le côté débrouille, le côté démerde, le côté on va s'arranger, on va trouver quelque chose. Et ça, c'est un élément qui est super déterminant. C'est-à-dire que quand il y a une crise, Le rigide, le trop rigide, il va souffrir plus que celui qui se débrouille et qui est déjà un peu habitué à... Oui, dans les pays du.
Maghreb, la survie, c'est une affaire de tous les jours. Mais les gens s'en plaignent, les gens s'en plaignent parce qu'ils aimeraient bien avoir une vie un peu plus confortable, ne pas être constamment... en mode survival. C'est vrai que c'est fatigant.
C'est sûr. C'est évident. Mais en même temps, ce n'est pas toujours un choix. En l'occurrence, je pense que tu sous-entends qu'il y a une certaine organisation sociale et économique qui pourrait être améliorable dans beaucoup de pays, peut-être. Mais c'est aussi un avantage de se dire que s'il y a un retrait économique de l'économie globale et que donc ça nous amène un impact qui nous rend la vie de tous les jours plus difficile. C'est vrai qu'avoir une certaine habitude, d'une flexibilité mentale et physique de se débrouiller, le système D, en l'occurrence, ça devient un avantage, ça devient une compétence.
À certains endroits du Maghreb, je vais te dire honnêtement, l'économie mondiale ou le monde entier pourrait s'écrouler. On ne verrait même pas la différence, honnêtement. Quand le gars vit pratiquement en autarcie, que le matin, il se lève, il prend son âne, il va vers un puits chercher de l'eau, Il fait son pain, il a ses brebis, tout ça. Je veux dire franchement, si le monde s'écroule, il le saurait deux ans plus tard.
C'est vrai, comme le soldat japonais perdu dans sa jungle qui se bat encore pendant 20 ans. Mais ce n'est pas le cas des habitants d'Alger, ce n'est pas le cas des habitants de Casablanca. qui sont quand même devenus, ou de Oran ou d'autres grandes villes, c'est quand même devenu de très très grandes villes qui sont dépendantes des supermarchés, de l'approvisionnement de nourriture. Et tu parlais de l'économie de rente. L'Algérie, je le souhaite vraiment pas, de tout mon cœur, je le souhaite pas et personne pourrait le souhaiter, à part des néoconservateurs américains, mais quand un pays a encore pas mal de ressources naturelles, notamment dans le gaz, J'ai vendu dans le passé des systèmes d'informatique à Sonelgas et Sonatra en Algérie par exemple. Lorsqu'il y a encore cette matière première tellement importante, on peut imaginer qu'il y ait des tentatives, visiblement elles sont extrêmement maladroites, vu les résultats, de déstabiliser ces pays comme ce qui s'est passé en Libye, comme ce qui s'est passé en Irak. Et ce n'est pas complètement farfelu d'imaginer un jour une intervention autant en Algérie pour remettre la démocratie que les généraux. Enfin, on pourrait imaginer un scénario...
Il y a énormément d'Algériens qui seraient contents de ça.
Oui, mais enfin, les Irakiens, ils ne sont pas très contents.
Parce que je te raconte, il y a plein d'Algériens. Là, c'est vrai qu'on est sur un sujet totalement algérien, mais je vais te dire un truc. Il y a énormément d'Algériens, dont des blogueurs et autres, qui se figurent que si les Etats-Unis ou autres allaient intervenir en Algérie, ils vont les mettre eux au pouvoir, un petit peu à la façon dont c'est arrivé en Afghanistan et ailleurs.
Comment il s'appelait le Pachalgoumi Charafi ? Comment il s'appelait l'Irakien ? que les américains ont voulu mettre direct. En fait il n'avait aucun réseau.
J'allais donner l'exemple de Karzai. En Afghanistan, le gars est ramassé d'un hôtel américain et il est catapulté président.
Il bossait chez les pétroliers, les chevrons. Ceux qui faisaient le pipeline, ceux qui avaient projeté le pipeline qui devait aller du Kazakhstan, du Kyrgyzstan jusqu'au Pakistan, comme par hasard. Mais oui, tout à fait. Je suis tout à fait, j'abonde dans ce sens-là. Il y a des gens qui, de manière inconsciente, souhaitent la destruction de leur pays pour pouvoir avoir un petit avantage. Donc il faut se méfier aussi de ces gens-là. Donc parfois, les Irakiens, peut-être qu'ils rouspétaient sous Saddam Hussein, mais jamais, jamais, jamais ils pourraient imaginer, je crois qu'ils en sont à un million et demi de morts, six millions de réfugiés, Maintenant, c'est la moitié nord du pays, c'est les massacres. Enfin, c'est devenu un bordel.
Il y a aussi un autre problème, c'est la sensibilité du Maghrébin. Je veux dire un truc. Le Maghrébin, il a été transformé en assisté par son État. Donc, il pense que s'il ne vit pas bien, il pense que son mal-être, c'est la responsabilité de l'État. Si je me sens malheureux, si je n'ai pas de travail, si mes enfants sont mal élevés, c'est parce que quelqu'un dans l'État n'a pas fait son travail. Donc, si je fais tomber cet État, je serais quelqu'un d'heureux, parce que c'est de leur faute que je suis comme ça. Et ça, malheureusement, ça peut encourager des gens à aller jusqu'à prendre les armes contre l'État. Parce que nous sommes malheureux.
Donc ce n'est pas un scénario complètement farfelu et déconnant. Non, ce n'est pas farfelu du tout. Mais la conséquence de ce scénario, ça peut être des violences, des souffrances, un chaos qui n'est jamais, à mon avis, qui n'est jamais bon. Moi, je préfère des réformes qui se font dans l'organisation, on va dire, paradémocratique. de nos structures, pour trouver un terme, plutôt que des changements brutaux avec 10, 15, 20% de la population qui est soit morte, soit qui a dû s'exiler, soit qui a amené le chaos ailleurs. Voilà, c'est un chaos indescriptible, donc on ne peut pas souhaiter. Mais simplement, si vous le pouvez, prendre conscience de ces possibilités-là et d'avoir un minimum. La bonne nouvelle, c'est que toutes les mamans du monde méditerranéen, toutes nos grand-mères, toutes nos mères, elles ont ce réflexe. Peut-être que ça se perd, mais traditionnellement, il y a ce réflexe. d'avoir son sac de semoule, son sac de riz, son sac de blé, de farine, l'huile d'olive, planqué dans la maison.
Tu vas rire. Il y a quelques années, j'avais fait une vidéo où je montrais que je stockais des sacs de riz dans un garage. Et puis, la pluie est tombée dessus. Parce que le garage, le mur sointait chaque fois que la pluie tombait. Et donc, le riz a été frappé par le pourrissement, il a noirci. Et deux ans plus tard, j'ai dû le jeter.
Ça, c'est le problème de la rotation des stocks.
J'espérais que le monde allait s'écrouler durant ces deux ans où le riz allait plus ou moins tenir.
Il ne faut pas l'espérer. Il faut vraiment vivre dans l'espoir que ça ira mieux. C'est toujours espérer le meilleur, mais préparer peut-être pas le pire, mais préparer des scénarios qui, très franchement, aujourd'hui, lorsqu'on regarde les nouvelles du monde, dans beaucoup d'endroits du monde, Il y a de quoi pas forcément être inquiet, mais en tout cas assurer un minimum de survie au cas où. Et ce cas où, il devient de plus en plus probable dans beaucoup d'endroits. C'est une approche, et on aura l'occasion d'en rediscuter, qui nécessite un petit peu de réflexion, mais pas non plus être trop dans l'intellect. Et ensuite, beaucoup d'action, mais sans être non plus dans la paranoïa totale et que ça devienne quelque chose qui vous mange la vie entièrement et que vous ne fassiez que ça. Ça, c'est évidemment l'erreur inverse.
Oui, c'est trouver les goûts.
Souvent aux Etats-Unis, on voit souvent et c'est caricatural et caricaturé souvent dans les médias. On voit ces certaines personnes qui sont excessives et l'excès nuit en général, en toutes circonstances, que l'on soit trop humaniste ou trop décapiteur de tête, c'est pas bon.
Tu sais, je saute du coq du coq à l'âne. Enfin, celle-là, normalement, je devrais la couper au montage. Je saute du coq à l'âne dans le sens où je saute à autre chose. Parce que ma question au fond, c'était, je sais qu'il y a beaucoup de musulmans qui nous regardent et beaucoup de la sympathie pour Hussein. Tu as été le rencontrer à Kuala Lumpur. Voilà ce que tu peux nous dire. Quelque chose que comment il est ce bonhomme?
C'est une personne qui, d'abord, il a l'âge de mon père, donc j'ai forcément une différence respectueuse envers quelqu'un qui est mon aîné. C'est dans mon éducation.
Il t'a accueilli comment, sachant que tu.
Viens de Suisse ? Il m'a accueilli chez lui, dans sa maison. Je te racontais qu'il vit dans un pays qui est musulman. Ce qui est marrant, c'est qu'en Malaisie, il y a un gris. derrière laquelle on pose les chaussures. Donc, il y a une sorte de grillage. La porte d'entrée, c'est une grille pour que personne ne vienne voler les chaussures. Parce que bon, les chaussures, elles peuvent.
Être une grande tradition de vol de chaussures dans l'islam. C'est vrai que c'est un des gros problèmes de l'islam.
Donc on pose les chaussures à l'entrée, ensuite on rentre dans la maison. Donc il m'accueille chez lui, il y avait son épouse et puis on a discuté, il nous a offert une collation. C'est quelqu'un de très charmant, très chaleureux, qui a le petit regard pétillant, vous le voyez dans les vidéos, de quelqu'un qui est à la fois érudit, mais qui a le sens de la vie, c'est-à-dire que c'est quelqu'un qui est Je veux utiliser le terme coquin, mais c'est dans le sens positif du terme. C'est quelqu'un qui est espiègle, qui a un petit regard espiègle, ce qui est agréable de voir quelqu'un de plus de 70 ans qui a encore ce côté d'enfant dans l'œil. Il y a un côté enfantin très agréable. Quelqu'un qui est bienveillant en plus. quelqu'un qui a une certaine sagesse, mais qui a aussi une certaine fermeté. À un moment, il m'a dit Bon, on discute très bien, mais est-ce que tu rejettes l'islam ? Parce qu'il sait que je suis agnostique, c'est à dire que l'agnostic, c'est quelqu'un qui ne croit pas ou qui ne.
Sait pas être honnête.
J'étais honnête. Moi, je dis oui, je suis agnostique, c'est à dire que je ne sais pas si Dieu existe. Je ne sais pas si une religion est vraie ou pas, mais je ne la rejette pas. Mais il a été ferme.
T'étais dur, parce que tu vas là-bas dans son antre et tu lui dis je rejette l'islam.
Il y a plein de gens qui.
Auraient coupé la poire en deux.
Oui, mais moi, je ne vais pas dire que je rejette. Pour moi, l'islam, c'est une hypothèse. C'est une hypothèse qui me paraît très franchement, je veux dire, en tant que pas plus et pas moins que le judaïsme, Thor, Odin. Mais pour moi, Allah et Mohamed étant son prophète, c'est une hypothèse de travail. Je me dis, c'est possible. Ça me paraît peu probable. Ça, très honnêtement, ça me paraît très probable.
Comment il a pris?
Il l'a pris très honnêtement. Mais le fait de dire je ne rejette pas l'islam, il a dit bon, dans ce cas là, on peut travailler. Mais il m'a dit si tu avais dit je rejette l'islam. OK, merci. Ça a été un moment intéressant de discussion, mais on ne peut pas discuter plus loin parce que voilà, il y a un moment où il a fait un choix. Et ça, je trouve que c'est le c'est une certaine Moi, j'ai trouvé ça positif parce qu'il aurait pu dire qu'il fallait que j'accepte l'islam pour continuer la discussion. Parce qu'il y a des gens qui disent si tu acceptes pas l'islam, je vais te péter la gueule.
Il voulait pas que tu acceptes, il voulait juste que tu ne rejettes pas.
Exactement. Et donc, cette approche là, parce que moi aussi, je veux discuter avec des gens. qui me disent, je ne suis peut-être pas d'accord avec toi, mais je suis d'accord de ne pas te tuer et de continuer à discuter avec toi. Moi, ça me suffit. Je n'ai pas besoin de plus. De la même manière que les gens qui viennent de mon pays, moi, je ne leur demande pas de rejeter leur croyance, leur religion. Je veux juste que dans le domaine public, ils se comportent en fonction de la culture et des lois du pays qui les accueille. C'est tout. Pas plus. Moi, je veux dire. Et donc, il a été très accueillant. On a eu des discussions très ouvertes. Je lui ai posé des questions que j'ai trouvées assez... pas dures, parce que c'était vraiment la question que je voulais poser. Je vous encourage à aller voir la vidéo. Je lui ai posé la question. Je lui ai dit pourquoi, selon vous, 90% des gens dans les prisons en Europe, ils se disent musulmans ? Est-ce qu'il y a un problème avec l'islam par rapport au crime ? Et sa réponse était très claire, très succincte, très nette, parce que cette question, personne ne la pose. Et je trouve que c'est une question intéressante.
Il a dit qu'il fallait les châtier.
Et sa réponse, c'est dire si eux se disent musulmans, c'est leur problème. Mais s'ils ont commis un crime, c'est mal. Ce n'est pas islamique et ils doivent être châtiés. Clairement, ça me va.
Pas de culture de l'excuse.
Pas d'excuses. Pas de c'est la société ou c'est des kaffirs. Donc, j'ai le droit de les massacrer ou de les tuer, de les violer.
Autre question. J'ai rencontré énormément de monde. Question. Tu as rencontré Jean-Marie Le Pen. Oui, il est comment de près?
De près, il y a deux choses qui m'ont interpellé. D'abord, c'est une personne chaleureuse, sympathique, très rigolote, avec beaucoup d'humour, une très grande culture.
Tu sais que ce n'est pas comme ça qu'on le présente dans la presse.
J'ai entendu dire que ce serait la réincarnation du diable qui aurait forniqué avec Hitler, un truc comme ça. Mais ça c'était la première impression, c'est de dire mais en fait c'est quelqu'un de très gentil, d'aimable, mais surtout de grande culture avec beaucoup d'humour. C'est quelqu'un qui a... L'humour est signe d'intelligence en général, moi je trouve. La deuxième impression, c'est que je me suis dit, en lui posant des questions, en ayant ce dialogue, je me suis dit mais mes amis et voisins français, alors il fallait faire il y a 30 ou 40 ans, trop tard maintenant, mais vous êtes passé, à mon avis c'est trop tard, mais vous êtes passé à côté d'un type comme leader politique de votre pays, vous avez fait une... L'avoir accepté qu'il soit diabolisé et de ne pas l'avoir mis au pouvoir, c'était peut-être votre dernière chance de toute l'histoire de la France.
Mais c'est mon avis. Toi t'es suisse.
Je ne vote pas français, je ne vote pas Front National.
Moi je suis algérien, je vous dis la même chose. Donc j'ai l'impression, faut-il pas de français pour voir un peu où va ce pays ?
Non, aujourd'hui il y a bien 24 ou 25 ou bientôt 30 ou bientôt 40% de français qui votent Front National. Donc au fond, il y a une prise de conscience. Après, est-ce que c'est la bonne solution ? Ce n'est pas moi de le dire et ce n'est pas moi d'encourager les gens à voter dans un pays qui n'est pas le mien, pour qui que ce soit. Bon après, on parlait tout à l'heure, il y a des pays qui disparaissent parce qu'ils n'ont plus la force de survivre, ils n'ont plus la force de se battre, ils n'ont plus la force de leurs convictions supposées. Il y a des pays qui acceptent d'être soumis, il y a des pays qui se battent ou qui se battent mal. Il y a plein de cas de figure de pays qui meurent.
Toi qui es spécialiste de l'effondrement, tu penseras que la France ira comment ?
Je pense qu'elle ira très très très mal. Et s'il n'y a pas une prise de conscience, au-delà d'ailleurs des clivages, et moi j'ai peut-être la naïveté, mais moi je crois à cette possibilité de réconciliation si on fait l'effort de ce que les Français dit de souche et les Français dit d'origine de la diversité, comme disent les gauchistes, s'ils ne font pas un effort de se remettre en question et de se dire qu'est-ce qu'on peut faire pour d'une part travailler ensemble ou d'autre part quitter le pays d'une certaine manière. Il y a tout un mouvement qui se met en place aujourd'hui. Il y a ce mouvement de la rémigration qui propose à beaucoup de Français d'origine étrangère qui ne se sentent pas chez eux en France, qui haïssent la France et qu'ils le disent. Donc moi, je constate également, Lumière, de dire peut-être qu'ils vont rentrer chez eux. Je ne sais pas, j'ai peut-être la naïveté de croire qu'il y a moyen de reconstruire une cohésion et de reconstruire aussi une paire de couilles chez tout le monde, de dire ok, maintenant on va résoudre les problèmes et on va les identifier tels qu'ils sont. Mais la réalité, la probabilité, c'est qu'on ne veut pas identifier les problèmes tels qu'ils sont, on est dans un déni, et on l'a vu avec ces histoires de Charlie Hebdo, l'incapacité de mettre les mots justes sur le problème. Et ça, je veux dire, quand quelqu'un a une maladie, si vous avez un cancer et que le médecin consiste à vous dire non, non, mais vous avez des douleurs, mais en fait, c'est une sorte d'angine. Il ne vous dit pas que vous avez un cancer, il le sait, il voit tout le monde. Vous aussi, vous le voyez, puis vous croyez au docteur alors que vous savez que vous avez un cancer. Et vous dites non, mais c'est vrai que ça doit être une angine parce que pas d'amalgame, ça doit être, ça doit être une... Bon, au bout d'un moment, si vous ne vous soignez pas et vous ne faites pas le travail, vous allez mourir. Et là, je pense que là, on est en train d'entrer dans la phase terminale. Donc il y a vraiment... Il faut bouger. Mais encore une fois, j'espère que je me trompe. J'espère que je suis juste un peu pessimiste et que ça ira bien. Peut-être que le jour où il y aura 4 Charlie Hebdo par semaine...
À ce moment-là, je parie qu'il y aura moins de gens qui crieront contre l'islamophobie. C'est peut-être ceux-là qui tourneront contre les musulmans. Je n'arrête pas de leur dire vidéo après vidéo.
Les gens qui vous défendent aujourd'hui, qui.
Vous disent écoutez, répondez à toutes les questions par des accusations d'islamophobie, cela ne rend pas service aux musulmans.
Après, moi je ne dis pas d'hostilité intrinsèque avec les religions tant qu'elles ne m'emmerdent pas moi. C'est vrai qu'ensuite je me pose souvent la question, est-ce que c'est l'islam en tant que idéologie, croyance ? Ou est-ce que c'est le mélange de cette croyance véhiculée par des gens qui viennent d'une certaine origine précise, dans un environnement et une culture qui est très précise ? Ou pas ? Après, c'est vrai qu'on peut se poser la question. En Suède, il y a aussi des problèmes. En Angleterre, il y a aussi des problèmes. En Italie, moins. Qu'est-ce qui fait la spécificité ? Et est-ce qu'on a une approche scientifique, toi et moi, Quel est l'élément déterminant ? Est-ce que l'élément commun est l'élément déterminant ? Oui, non. À voir. Et peut-être que je suis conditionné par la société dans laquelle je vis, qui est en fait la société conventionnelle, comme ce que tu dénonces souvent, de ne pas aussi voir les choses comme elles sont. Donc peut-être que je devrais être plus hostile. que je ne le suis par rapport à l'islam. Mais très franchement, dans mon expérience de voyage dans les pays du Maghreb et du Machrek aussi, et en Afrique où il y a des pays qui ont une majorité de personnes musulmanes, je n'ai pas ressenti du tout les mêmes problèmes que peut-être en France ou en Angleterre ou en Allemagne qui commencent à se montrer là. Donc je suis Je m'interroge sur est-ce que le problème, c'est l'islam ou est-ce que le problème est autre chose et qu'il est caché par l'islam ? Je ne sais pas.
Déjà, il y a des dizaines d'islam. Le problème, c'est que l'islam, c'est juste un mot générique qui désigne une religion. Mais quand on regarde un peu sous le microscope, on va voir qu'il se décline sous diverses formes, d'un pays à l'autre, d'une culture à l'autre. Et à l'intérieur du même pays ou de la même culture, d'une génération à l'autre, on va voir des changements. Déjà rien que l'islam de mes grands-parents, l'islam de mes parents n'est pas le même que l'islam des générations d'aujourd'hui. Donc c'est quelque chose qui change tout le temps. Par rapport à la France, moi je pense qu'il y a un autre problème au-delà de l'islam. Il y a le problème que une partie des gens qui vivent en France ne vivent pas réellement en France, ils vivent physiquement en France, leur corps s'en va, mais leur esprit s'en connecte ailleurs. et donc ils vivent, on va dire, au rythme des changements culturels et autres, qui arrivent dans des pays arabes ou musulmans, ou des pays du Maghreb, par exemple. Donc, tu prends les pays du Maghreb, il y a un discours anti-français. Il y a un discours anti-français que l'on retrouve même chez les jeunes générations qui n'ont pas connu la guerre. Alors, un jeune maghrébin qui vit au Maghreb et qui déteste la France, encore ça va, c'est quelqu'un qui ne va probablement jamais visiter la France de sa vie, c'est quelqu'un qui n'a pas de sympathie envers ce pays-là. Ça va, jusque-là, ça ne me dérange pas beaucoup. Le problème, c'est quand tu as quelqu'un qui est né en France, de parents qui aussi sont nés en France, mais qui a la haine de ce que la France représente, par le fait qu'il est connecté à une autre culture, ce type-là, il va être une sorte de divorcé solitaire, parce que la France représente tout ce qu'il était. Il a l'impression d'être un traître à sa vraie origine, par juste le fait d'avoir un passeport français.
Ça c'est un problème difficile à résoudre autrement que par justement les conséquences de choc. Certains pensent qu'on peut encore avoir des solutions politiques. Moi, je suis sceptique, mais je ne prétends pas avoir raison. Je suis vraiment sceptique sur la capacité encore d'avoir les leviers politiques nécessaires. Mais c'est mon avis. Peut-être que je me trompe. Peut-être qu'il y a encore le moyen. Mais plus le temps passe, plus ces moyens vont devoir être drastiques pour être pour avoir un espoir d'avoir, de toute façon, une conséquence. Pour peu que cette conséquence, elle soit pas pire que le problème. Et ça, c'est complexe.
Oui, je comprends. Moi, je suis malgré tout, tu sais, je te rejoins sur tout, sauf que je suis peut-être optimiste. C'est bizarre d'être optimiste par un temps pareil.
Pourquoi pas?
Oui, pourquoi pas? Tu sais, je vais te dire un truc. Tu sais qu'on me dit bien, il y a un nouveau commandement qui dit aimez-vous les uns les autres. Mais on aime qui? Si t'as genre la top modèle, qui arrive et qui te saute au cou et qui te dit mon chéri avec un accent tchèque, c'est clair que tu vas l'aimer. C'est normal. Donc là c'est facile. Maintenant quand il s'agit d'aimer, c'est plutôt aimer ce que normalement on n'aimerait pas. C'est pareil quand on a la foi en l'avenir, croire que les choses vont aller bien. C'est pas quand on a gagné à la loterie, qu'on est sur une île en train de prendre du jus de papaye, qu'on croit que tout ira bien dans le futur. C'est justement quand tout a l'air obscur, quand on a l'impression de vivre dans l'anémie, que jour après jour, on a des mauvaises nouvelles. On va encore essayer de croire que ça ira bien.
Bien que de gamins, j'ai été éduqué dans la foi catholique, mais moi je ne crois pas où aimez-vous les uns les autres. De manière empirique, ça ne marche pas. Je pense qu'au bout d'un moment, je crois dans les miens, dans ma famille, dans mon clan. J'ai encore l'espoir dans mon pays. Après, dès qu'on arrive déjà à l'Europe, ça commence à devenir plus compliqué. Et puis, il y a un autre élément qui est important.
Tu aimes les autres pourtant. Pourquoi t'es en train de faire des.
Vidéos pour les aider ?
Tu vas des pays à l'autre, tu les aides, tu leur expliques comment survivre.
C'est que je suis radin, c'est que ça va me coûter trop cher en munitions.
Je vais te dire un truc. Tu sais que normalement, dans un contexte de survie totale, Tu développes une méthode de survie, tu ne dis à personne. Si le monde s'écroule, c'est toi qui survis.
Oui, alors sauf qu'on a besoin d'être nombreux pour s'en sortir bien. C'est pour ça que dans un des chapitres de mon livre, c'est le lien social, c'est-à-dire qu'on a besoin. Il ne suffit pas juste de sauver ses fesses. Il faut aussi avoir de quoi reconstruire après et pas juste reconstruire des huttes et des cabanes et vivre de cannibalisme. Je veux dire, il faut vraiment construire une civilisation si possible meilleure que celle d'aujourd'hui, si possible avec des bases saines.
Ce ne sera pas difficile.
On parlait aujourd'hui d'à quel point l'Angleterre est devenue une sorte d'asile psychiatrique pour pédophiles. Mais même au-delà de la pédophilie.
Je lui avais dit qu'en termes de pédophilie, je ne pense pas que le problème pourra être résolu en Angleterre.
Il faut des casques bleus.
Il faudra absolument une intervention extérieure. Ça fait drôle quand je dis les casques bleus, mais je suis sérieux, vraiment. Ça signifie qu'ici, ils ont vraiment tellement pignon sur rue que je ne fais pas confiance à l'establishment local de gérer ça.
Bon, moi, je connais mal le sujet, mais pour certains, c'est le stade ultime. C'est le premier pays à avoir vraiment développé une sorte de franc-maçonnerie. bizarre. Et peut-être que c'est le stade ultime de cette croyance-là aussi, d'arriver à un truc où tout est permis. On voit un type célèbre avoir les clés des hôpitaux, rentrer dans les hôpitaux psychiatriques.
Jérémie Saville, je ne crois pas qu'il faisait partie d'une société secrète ou autre. Je veux dire, il avait pignon sur rue.
Il ne faisait rien de secret. Non, mais c'est dans la lumière.
Il était dans la lumière pendant 40 ans.
C'est plus dans le secret, tous ces trucs. C'est ça qui est faux.
Imaginez-vous qu'un gars puisse violer des gamins pendant quatre décennies, pendant 40 ans, au vu et au su de tout le monde. Il avait les clés de 40 hôpitaux différents, 41 en fait, d'orphelinat, tout ça. Il y avait même des infirmières, quand elles savaient qu'il allait venir, elles planquaient les enfants qu'elles préféraient, les cachaient.
C'est tellement horrible que ça en devient drôle.
Et le mec, il a fait ça sans arrêt. Il a fallu attendre sa mort. Il y a deux ou trois ans qu'il est mort pour que l'élan commence gentiment.
Les gens qui disent c'est pas bien d'avoir des armes.
Ça dépend, tu confies ta défense à l'État ou tu... Quand l'État, il n'est pas capable... Ici, l'État est pédophile. Je pense... Non, sincèrement, je pense que c'est le fruit d'un système.
Une dérive, tu peux toujours dire, bon.
Quelqu'Un a dérivé, il a violé des enfants. Dutroux, par exemple, il a violé des enfants en Belgique. Mais je ne vais pas dire les Belges sont des pédophiles ou le régime belge. Non, non, je ne peux pas dire ça. C'est un cas unique.
Pas unique.
Mais bon, on se comprend. Là, on a quand même le fruit d'un système.
C'est ce que je dis, c'est la phase terminale d'un truc. Et je pense que c'est un truc, je suis certain que dans les dernières années de Rome, les dernières décennies de l'Empire romain, ceux qui étaient, parce qu'évidemment, c'est un truc, les oligarques, les classes dirigeantes étaient tellement dans un état d'esprit qui était à l'ouest complet, où il se laissait aller à toutes les débauches. Je pense qu'ici, il y a une classe très, très riche en Angleterre, avec une segmentation très, très forte entre eux et les autres. Assez hermétique, bien qu'effectivement, au vu au sud de tout le monde. et qui s'est lâché depuis quelques décennies à des modes de vie complètement déments. Après, il y a toutes sortes de théories de pourquoi. Moi, ce n'est pas mon domaine. Je ne peux pas aller expliquer ça. Ça me dépasse tellement. Mais c'est vrai que c'est quand même bizarre. Comme tu dis, je pense qu'il y a un SOS à faire.
Oui, je pense qu'il y a un SOS à faire, mais la solution ne viendra pas de l'Angleterre.
Enfin. Poutine, si tu nous entends.
Je préfère peut-être la solution de Poutine à celle d'Obama.
Ah ouais, non, bien sûr.
À la rigueur.
Même Saddam Hussein, je veux dire, franchement.
Les Russes sont plus précis quand ils bombardent. Les Américains toujours bombardent de leur propre ligne leurs alliés.
C'est vrai, c'est vrai. Mais plaisanterie à part, c'est vrai que voilà, on vit dans un monde. Et justement, vous voyez, l'humour nous aide aussi à déstresser et à prendre les choses bien qu'on ait parlé probablement de choses les pires au monde. L'humour nous aide, mais aussi, et c'est pour ça que je ne rejette pas nécessairement des croyances qui me paraissent, et je le dis comme je pense, qui me paraissent peu probables d'être vraies. Et je ne dis pas ça, je ne veux pas heurter la sensibilité de ceux qui nous regardent, quelles que soient vos croyances et vos religions. Je ne l'écarte pas, je ne rejette pas parce que En latin, religion, la racine c'est religare, religare ça veut dire relier. Les religions ont une fonction qui est fondamentalement utile pour l'être humain, c'est de lier les gens. Après, ce lien peut être ensuite utilisé par les hommes, par les hommes de pouvoir. par les femmes de pouvoir aussi de plus en plus. Je préviens que si Hillary Clinton va être élue l'année prochaine aux Etats-Unis, vous allez comprendre votre douleur. Elle va vous faire regretter tous les autres. Ce lien, il peut être très bénéfique parce qu'il nous permet de nous supporter les uns les autres et d'avoir des objectifs communs qui sont structurés par ces croyances communes. Et donc, ce n'est pas forcément quelque chose de mal. J'ai beaucoup de peine avec des gens qui sont dans l'anti-religion rabide primaire, qui disent que toutes les religions sont mauvaises. mais qui eux-mêmes sont dans la religion droit de l'hommiste, qui est une forme de religion aussi, une croyance, puisque empiriquement, elles ne s'observent pas non plus. Elles disent oui, mais on va imposer le droit de l'homme au monde entier. Oui, mais empiriquement, le monde entier ne le veut pas.
Écoute, la première fois que j'ai vu un maire marier des gens, j'étais un peu choqué. Tu sais, j'allais faire de la photo en second shooter, ça signifie que j'étais le deuxième photographe. Ici, en Angleterre, c'est des mariages. Et puis, tu sais, les premiers mariages, le hasard du calendrier a fait que c'était devant l'église, devant un prêtre. Et les époux étaient mariés devant un prêtre.
Puis ce qui se passe, c'est qu'au.
Bout de 4-5 mariages, j'arrive en premier mariage devant un maire ici. J'étais choqué parce qu'il reprenait à peu près la même terminologie. C'était une religion, en fait.
Oui, c'était le prêtre. La laïcité, c'est une religion. Il faut bien mettre ça dans la tête. Et c'est quelque chose qui, en tout cas jusqu'à présent, c'est quelque chose que j'appréciais. Le fait d'avoir finalement que les croyances religieuses soient à la maison. Mais en réalité, si vraiment, je veux être honnête, la laïcité, c'est un mode de pensée qui est religieux, qui est simplement au-dessus et qui dit je veux bien tolérer les sous religions ailleurs, mais La vraie religion, c'est moi.
Et lieu, c'est l'État.
Et en Arabie Saoudite, ils vont dire non, le laïc, on ne le veut pas. La religion, c'est nous. Vous allez voir, il y a des pays catholiques, ça n'existe pas. En Israël, c'est un peu plus compliqué, mais en gros, ils vont dire ici, si tu suis, si tu es juif, tu as certains droits. Si tu n'es pas juif, tu as certains droits, mais différents ou un peu moins et ainsi de suite. Parce que voilà, il y a une primauté du truc. Par exemple, Israël n'est pas un État laïque. Bien que dans l'application, c'est de fait relativement laïque. Mais en France, c'est clairement une religion laïque, très étatique, très forte. qui ne laisse pas beaucoup de place pour d'autres religions dans la sphère publique. Bon, c'est des choix, c'est comme ça, ça se change, ça ne change pas. On peut partir, on peut rester, on peut le modifier de l'intérieur, etc. C'est aussi la dynamique des sociétés humaines de changer. Donc moi, je n'ai pas cette... Je n'ai ni de haine, ni de convictions fanatiques, ni de... Mais c'est vrai que les religions, je ne les rejette pas parce qu'elles peuvent être utiles et elles peuvent nous aider à nous lier entre nous. Et tout ce qui nous lie et qui nous réunit plutôt que ce qui nous pousse à nous égorger les uns les autres, c'est bon à prendre, a priori.
Tu sais, je pense que nous sommes en train de poser un lapin à notre ami Koma. Donc, on y va. Merci d'avoir été là. Donc, ça a été très, très enrichissant d'entendre Pierrot sur divers sujets. Je pense qu'on a sauté énormément d'un sujet à l'autre. Donc voilà, si vous avez des questions, posez-les et puis je vais vous mettre en descriptif de la vidéo le lien vers son channel YouTube et aussi le lien vers les vidéos où il a rencontré... Il a rencontré...
Cheikh Emar Hossein.
Exactement, Emar Hossein. Et d'autres, ça intéresse. Et d'autres, bien entendu. Merci beaucoup et puis à bientôt.
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