
A young man asks whether to study commerce or start copywriting now. The speaker warns against precarious work like McDonald's, which traps you long-term, and advises finishing school since his parents can afford it and the economy is uncertain.
Bonsoir mes amis. Il y a quelqu'un qui m'a posé une question. Je voulais répondre à cette personne par une vidéo directe, privée même, mais je me suis dit que la réponse peut avoir peut-être un intérêt pour plus de personnes dans cette situation. Et c'est pour ça que je la partage sur YouTube et je vais lui envoyer le lien. Alors voici la situation. C'est un jeune homme qui est sur le point d'entreprendre des études commerciales, mais en même temps, il n'a pas envie. Ça commence dans un mois, il m'a dit, mais il n'a pas vraiment envie d'y aller. Il n'a pas envie de commencer ses études, il a envie de se lancer à son compte, de se lancer avec des gens, faire une formation sur le tas de copywriters, comme il m'a dit, et puis peut-être évoluer dans ce domaine-là. Et en même temps, il a ses parents qui sont en train de le pousser pour qu'il aille vers l'école commerciale. Donc il y a un peu ce conflit déjà. Je lui ai demandé, je lui ai dit, parce que j'ai senti qu'il n'avait pas envie de faire ses études, je me demande même quelque part, si peut-être inconsciemment il ne m'a pas posé la question, pour que je confirme un petit peu sans penchant, que je lui dise oui, ça serait une mauvaise idée de faire ses études, Maintenant, je lui ai posé la question en lui disant qu'est-ce qui se passe professionnellement, où est-ce qu'il peut aller s'il ne fait pas ces études-là. Il m'a dit qu'il pourrait apprendre ce métier de copywriter, comme il a dit, qu'il pourrait évoluer dedans, évoluer avec les meilleurs, peut-être même créer son entreprise, gagner de l'argent avec ça, ou bien finir chez McDonald's. OK, c'est très intéressant. Le problème souvent avec les parents qu'on a, c'est qu'ils cherchent à intervenir dans notre vie et ils vont dire des choses. Fais ceci, fais cela. Le fait qu'ils disent quelque chose ne veut pas dire nécessairement qu'elle soit vraie. Les parents se trompent souvent. Moi, ma fille, par exemple, elle a deux ans et demi, enfin, bientôt trois ans. En mars, elle aura trois ans. Et ce que je fais, des fois, Je regarde un tram passer et je lui dis, il y a des trams dans cette ville, et je lui dis, oh, it's a bus. Et elle me regarde, non papa, this is not a bus, it's a tram. Alors en fait, elle me corrige. Mais je le fais régulièrement. Pourquoi je fais ça ? Je veux qu'elle ne me fasse pas confiance. Voilà. Je veux que ma fille ne me fasse pas confiance, quelqu'un en dise, en sachant que Les adultes, voilà, ils se trompent. Des fois, ils ne savent pas. D'accord ? Je veux qu'ils apprennent une indépendance vis-à-vis de moi, vis-à-vis des adultes en général, vis-à-vis des autorités, des personnes d'autorité en général. Donc, ce que je fais, c'est que des fois, je confonds un chien et un chat, des fois, je confonds des couleurs, des fois, je confonds une table et une chaise. Vous avez compris ? Les parents peuvent dire des choses qui sont fausses. On peut dire aussi des choses qui sont vraies. Il y a ça aussi. On ne va pas jeter le bébé avec l'eau du bain, comme on dit. Alors, voilà un petit peu ce qui me tue l'épine. C'est que je n'ai pas été convaincu, d'accord ? Je n'ai pas été convaincu qu'en dehors de ces études, il y a un projet qui a été présenté de manière viable. Ça signifie un projet qui a été présenté de soit je fais ça, soit je finis chez McDo. Moi, il me laisse sur ma faim. Je ne suis pas convaincu. J'ai travaillé chez McDo, j'ai tenu, je ne sais plus, je ne me rappelle plus. J'étais étudiant, je travaillais chez McDo, mais c'était en semaine. Au bout d'un moment, j'avais les pieds tellement gonflés qu'ils ne rentraient plus dans mes chaussures. D'accord ? Je me souviens qu'il y avait un jeune chinois, un étudiant chinois, qui parlait à peine français, que je ne connaissais même pas, le gars. Et je l'ai perdu de vue. J'aimerais bien rencontrer ce gars, j'espère qu'il a pu s'en sortir, mais... Ce gars ne parlait pas un mot en français, nous sommes en Suisse. Il a entendu que je travaillais chez McDo, et il a voulu venir me voir. J'étais épuisé. Je venais de finir mon shift, je dormais dans mon lit, je sentais la friture et le fromage, Mes pieds, je ne les sentais plus, ils étaient en compote, ils étaient gonflés. J'étais dans mon lit et le bruit de la friteuse qui sonnait dans mes oreilles. Parce qu'il y a plein d'appareils, il y a les friteuses et autres machines qui font du bruit. Donc tu entends du bruit tout le temps et tu es conditionné par réagir à ces sonnettes-là sans arrêt. Et bien sûr, le gars, je lui dis de rentrer, il est rentré et je lui parlais. Lui, il était assis sur un banc devant mon lit et moi, je t'ai couché dans le lit. J'étais mort. Je ne pouvais même pas me recevoir convenablement, même pas m'asseoir et lui parler convenablement. Et qu'est-ce qu'il m'a dit ? Il m'a dit des gens comme toi ne devraient pas travailler chez McDonald's. Il m'a dit, c'est un crime contre l'humanité que tu fais, c'est un crime contre toi-même. Il m'a dit, moi je suis chinois, je ne parle pas en français, je ne parle pas un mot en français, donc effectivement, j'ai du mal à trouver du travail, un vrai travail. Et je dois aller vers l'esclavage chez McDonald's. Il m'a dit, toi, tu ne dois pas aller là-dedans. D'ailleurs, très rapidement, très rapidement, j'ai lâché ce travail. Et puis, je me souviens qu'ils m'ont appelé J'ai arrêté de travailler, je l'aurais même pas dit. C'était même pas le genre de job, honnêtement, je vais vous le dire tel que je le pense, c'était même pas le genre de job où je vais déposer une démission, quoi. Je veux dire, juste j'ai pas envie d'y aller, j'y vais pas, aussi simple que ça. J'ai pas été, puis quelques jours plus tard, ils avaient besoin de quelqu'un, ils m'ont téléphoné, c'était un week-end, il y a un manager au bout de la ligne avec les bruits de friteuse derrière, oui, on a besoin de monde, est-ce que tu peux venir et tout ? Je lui ai dit, n'appelez plus ce numéro. J'ai raccroché. Et je n'ai plus jamais entendu parler d'eux. Ils m'ont payé les heures et tout ça. Ils ont toujours des carrés sur ça. Mais c'est un travail extrêmement pénible. Donc quand quelqu'un me dit, je vais monter ma boîte, je vais gagner de l'argent ou bien je travaille chez McDo. Moi, je me dis que je n'ai pas entendu qu'il y ait un filet de secours. C'est comme un trapéziste qui me dit, Je saute de cette balançoire à celle-ci, je m'accroche là, le public va applaudir et tout, ou bien ce qui va se passer, je vais tomber, je vais m'éclater le coup. Voilà. Il n'y a pas de filet. Là, j'entends qu'il n'y a pas de filet. Je suis conscient et je suis désolé que souvent les parents, en voulant pousser un projet auquel ils croient, et souvent, avec de bonnes intentions, peuvent causer un braquage, peuvent faire en sorte que la personne, et c'est le cas, je pense, de ce jeune homme, s'est braqué. Peut-être que ses études représentent un projet valable, mais en même temps, il s'est braqué parce que les parents n'arrêtent pas de pousser vers ce projet-là, et je peux comprendre et je peux concevoir ce blocage. Néanmoins, dans la balance des probabilités, d'après ce que j'ai entendu, il m'explique la situation il me dit que ses parents veulent qu'il étudie ses études commerciales et donc j'ai un vote déjà de la part des parents j'ai déjà deux personnes qui votent j'ai déjà deux personnes qui votent pour les études lui vote contre les études donc j'ai déjà à la base déjà quand je commence à lire les messages j'ai déjà deux votes pour un vote contre le vote contre j'aurais pu le pondérer et faire en sorte qu'il gagne quand même sur ces deux votes pour, mais en même temps les arguments que ce vote m'a présenté n'ont pas été suffisants pour renverser la balance. Donc, honnêtement, moi ce que j'ai envie de dire à ce jeune homme, il faut poser des questions à d'autres personnes bien sûr, il faut aller voir des conseils d'orientation, il faut poser des questions à des amis, à d'autres membres de la famille, mais en même temps, prendre aussi, c'est sympa de vouloir prendre aussi mon argument dans cette question, mais moi dans la balance des probabilités, je penche du côté des études, qu'il faut reprendre ses études parce que le projet placé en parallèle ne m'a pas... il me parait intéressant, il a ses mérites, c'est clair, mais il ne m'a pas paru d'être Un élément subsidiaire que je peux rajouter, c'est que là-dehors, là-dehors, il va faire un sale temps. D'accord ? Des millions de gens vont perdre leur emploi. Des milliers et des milliers d'entreprises à travers l'Europe sont menacées de fermeture, sont à bout de leur trésorerie. Ça va envoyer sur le marché du travail énormément de gens. Il y a une question d'offre et de demande. glisser, n'est-ce pas, vont glisser, vont défavoriser les personnes qui ne pourront pas poser sur la table un CV très lourd, beaucoup plus lourd que d'habitude. Parce qu'aujourd'hui on voit des employeurs pour des emplois relativement qui étaient très peu courus il y a un an, pour lesquels on avait du mal à recruter il y a un an tellement ils étaient inintéressants, peuvent aujourd'hui se retrouver avec 500, 600 demandes. Donc, tenons compte de la situation géostratégique en ce moment et de l'évolution des économies occidentales qui sont dévastées par la réponse étatique au Covid. C'est quelque chose aussi que je mets dans l'équation et qui me dit que c'est un moment de... c'est le moment peut-être de continuer à étudier. D'autant plus qu'aujourd'hui, il y a ses parents. Ses parents, ils semblent pousser vers les études, mais aussi, j'ai cru comprendre, au travers des emails, qu'ils les financent. Donc, c'est pas si mal que ça. C'est une opportunité, c'est une chance qui est là aujourd'hui. Un parent peut-être un peu old school, tous les parents sont old school, un parent peut-être un petit peu casse-fier, je peux comprendre, qui peut peut-être même nous pousser à nous braquer, je peux comprendre. Mais quand on regarde sur la factualité, quand on oublie ce côté relationnel, le conflit des générations, le conflit avec les parents, quand on sort de là et qu'on regarde la situation froidement et objectivement, voilà, j'ai des études, je suis en âge de faire des études, j'ai le temps de le faire, j'ai un parent qui me les finance. Donc franchement, bingo. Il y a beaucoup de gens qui n'ont pas cette chance. Donc c'est réellement le moment. Parce qu'une fois qu'on sort, une fois qu'on sort de cette... cette orbite des études et qu'on s'en éloigne, et qu'on rentre dans un projet professionnel quel qu'il soit, et surtout si c'est un projet de type McDo, il devient très difficile de s'en sortir après. Pour vous dire un truc, j'ai tenu, je crois, je ne sais plus, un mois, deux, chez McDo, je ne me rappelle plus combien j'ai tenu, mais c'était de ces eaux-là, c'était en semaine. Et une douzaine d'années plus tard, J'ai été à ce même McDo, je prenais le train, c'est en Suisse. Je prenais le train et je me disais, j'ai juste le temps d'aller courir, acheter peut-être quelques trucs chez McDo pour manger. Ou bien j'arrivais du train, je sais plus, ces détails se perdent avec le temps et ils n'ont pas une importance, on va dire, critique pour l'histoire. Mais ce qui a une importance critique pour l'histoire, c'est que je suis rentré et la nana qui m'a servi, elle s'est rappelée de moi. Je me suis rappelé d'elle. Elle avait commencé avec moi à McDo 12 ou 13 ans en arrière. J'étais sous le choc. Moi, j'étais mort au bout de deux mois ou un mois et demi de McDo. Elle, 12 ou 13 ans plus tard, elle était toujours là. Vous comprenez ? C'est... Je peux vous dire, quand ces emplois précaires vous happent, parfois il n'y a pas de sortie, en tout cas pas de sortie facile. Il y en a toujours, je ne suis pas en train de fermer les portes, mais il faut après une volonté exceptionnelle, il faut une dédication, je ne sais pas si on dit dédication en français, il faut une volonté, qui n'est pas de ce monde pour s'en sortir. Une volonté exceptionnelle, extraordinaire pour s'en sortir. Quand on tombe dedans, mais vraiment bel et bien. Moi, je ne suis pas tombé dedans. J'étais étudiant, j'ai tenté ça, c'est comme des gens qui ont vendu des oeufs ou des poulets. J'ai vendu des oeufs dans ma vie, j'ai jamais vendu de poulet, mais j'ai vendu des oeufs. Ça peut arriver à tout le monde. Mais quand quelqu'un... Ça devient sa raison sociale, il tombe vraiment dedans. Je peux vous dire qu'on s'en sort pas comme ça. Parce qu'après, il faut dire Marx pour voir pourquoi on s'en sort pas. T'es réellement sur la ligne de front de la lutte des classes, en fait. C'est ça, le fait. Donc t'as pas envie d'être là-dedans. Donc moi, honnêtement, j'ai compris. J'ai compris tes arguments. J'en ai tenu compte dans mon jugement. J'ai mon jugement balance du côté Je ne suis pas un absolutiste. Je ne dis pas, je pense à 99,9% qu'il faut continuer les études. Au contraire, non. J'ai dit que ma balance, à moi, penche dans le sens qu'il faut continuer ses études. Voilà. Merci en tout cas. Et puis, si vous avez des questions, si vous avez des questions de ce genre, n'hésitez pas à me les envoyer.
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