
Sheikh Mohamed Sirous, a Franco-Iranian Shiite scholar, discusses his arrest and torture in Iran for criticizing the government, then explores theological differences between Sunni and Shiite Islam, Islamophobia in France, and why personal spirituality matters more than political ideology.
Bonjour mes amis, dans la vidéo qui va suivre, j'ai fait la rencontre d'une personne très intéressante. C'est un sheikh franco-iranien qui s'appelle le sheikh Mohamed Sirous. C'est un sheikh chiite et qui a accepté de sortir de ses sentiers battus et de venir dans la voiture répondre aux questions. Avant d'aller le rencontrer, j'ai lu 100 livres. C'est un livre que j'ai acheté sur Amazon. C'est un livre qui est disponible en anglais seulement. Il parle de sa propre histoire. Il est né en France, d'un père iranien. Son père est donc un iranien qui est venu étudier en France, qui a passé son doctorat en France. Et sa mère est aussi iranienne. sa mère iranienne, mais il a un grand-parent français, dans le sens où sa mère, elle a un parent iranien et un parent français. Alors, lui, il naît en France et à un moment donné, il décide d'aller découvrir ses racines. Vous savez, tous les gens qui ont immigré ou qui sont nés, on va dire, de parents qui sont porteurs d'une autre histoire connaissent le poids de cette interrogation, de cette envie de recherche, d'aller explorer ses racines, son pays d'origine, tout ça. Et donc, lui, il décide d'aller étudier la théologie à l'université, il y a une université théologique à Qom, en Iran, et il décide de s'y rendre. Alors, il va plusieurs fois, et ce qui se passe, c'est qu'à un moment donné, il a mal à partir avec le régime iranien. Alors, ce qui se passe, c'est que Il a une sorte de naïveté, mais ce n'est pas une naïveté, c'est une attitude que nous avons tous dans les pays occidentaux. On critique assez ouvertement, assez libéralement nos régimes, on est toujours contre, on est à tort ou à raison en les critiquant. Et ce qui se passe c'est que lui n'est même pas vocal, c'est même pas le gars qui était extrêmement vocal contre le régime iranien, il était, et même maintenant il ne l'est pas, il était tout simplement une personne qui disait son opinion. Et il n'a pas su garder ce qu'on appelle le low profile, un profil bas dans une société où le seuil de tolérance par rapport à la critique du régime est extrêmement bas. Donc il s'est fait gauler comme on dit. Il s'est fait arrêter, il s'est fait maltraiter, il a passé 6 mois à l'isolement et tout ça. Et puis finalement, bon, il a signé les aveux qu'on a bien voulu lui faire admettre. Puis il est sorti au bout d'un an et voilà. Il est parti en Iran et maintenant il n'y revient plus. Mais il a gardé une expérience très cuisante de la chose. Alors je lui pose des questions, ça va dans tous les sens, je lui pose des questions sur l'Islam politique, je lui pose des questions sur l'islamophobie, je lui pose des questions sur la différence entre chiites et sunnites, il répond à tout en fait, c'est très intéressant, il n'a pas de... il m'a pas posé de limites avant la rencontre, je pouvais poser des questions sur ce que je voulais, donc j'ai été à cœur joie, je lui ai posé plein de questions. Et voilà, donc je vous laisse découvrir la chose, l'entrevue qui est très intéressante. Et puis, bon, il y a aussi un certain nombre d'opinions qu'il va exprimer qui sont très ancrées dans le chiisme. Ça peut heurter des fois, par moments, la sensibilité de ce qu'on appelle les sunnites. Alors j'aimerais vous dire que, si c'est votre cas, j'aimerais quand même vous dire que l'opinionnisme, ça signifie... L'opinionnisme c'est quoi ? L'opinionnisme c'est... Genre j'ai une doctrine religieuse ou politique ou autre basée sur mon opinion. L'opinionnisme n'a jamais été... quelque chose d'extrêmement bien vu parmi les nations, d'accord ? Donc il faut être très ouvert, il faut écouter, et s'il y a quelque chose qui vous heurte ou s'il y a quelque chose qui vous choque ou qui vous sent bizarre, que vous n'avez jamais entendu dans votre vie, n'allez pas tout de suite sur le clavier dire que c'est faux. Allez vous renseigner, allez chercher dans le livre et tout ça, et vous risquez d'être édifié. Donc je vous le dis juste parce que j'anticipe un certain nombre de réactions, des fois un petit peu Donc, c'est tout, je vais vous laisser avec la vidéo où je lui pose des questions. Au départ, ça commence un petit peu sur sa trajectoire, les deux, trois premières minutes. Après, progressivement, on va partir sur plein, plein de sujets et puis vous allez voir. Je vous laisse écouter et puis je regarde vos commentaires avec beaucoup d'attention. Donc voilà, bonjour mes amis, je suis de retour, je suis avec le Cheikh Mohamed Sirouz. Je lui suis extrêmement reconnaissant d'avoir accepté de jouer le jeu. Je ne connais pas beaucoup de religieux de son calibre qui accepteraient de jouer le jeu d'un blogueur qui viendrait dans une voiture répondre à des questions. Donc comme je vous l'ai déjà dit, Mohamed Sirouz, le Cheikh Mohamed Sirouz est d'origine iranienne. Il a son père qui est iranien. qui est venue étudier en France et sa mère également est iranienne et puis elle est à moitié française. Voilà, donc le cher va nous répondre en français directement, donc j'ai pas besoin de traduire ou autre, il va nous répondre en français aux questions que je vais lui poser et puis tout d'abord je vais lui poser quelques questions sur son livre, donc ce livre là où il raconte une expérience absolument extraordinaire, c'est une expérience terrifiante qu'il a vécu en Iran, donc il a été en Iran, et puis assez naïf, il va étudier la théologie à Qom, la ville sacrée de Qom, et puis là-bas, quelque chose se passe, et il finit dans les geôles du régime iranien. Donc, Cheikh, j'ai l'impression que vous avez suivi un petit peu le même chemin que cette journaliste canadienne, qui a été tuée par le régime iranien en 2003, Vous avez... Vous pensez à elle des fois parce que moi j'ai eu l'impression en lisant votre livre honnêtement que c'est parce qu'ils avaient été trop forts avec elle qu'ils l'avaient tué et qu'il s'en est suivi un scandale énorme à l'échelle internationale que peut-être ils ont été gentils avec vous pour éviter d'avoir une deuxième fois cet événement-là.
Au nom de Dieu le Clément, le Méséricordieux, je vous remercie pour votre invitation. C'est vraiment un plaisir de... de vous voir et de vous parler et d'être parmi votre audience et votre public qui vous suit et dont je suis l'un d'eux. Au sujet de la journaliste, je peux vous dire que peut-être son parcours est très différent du mien. et ce serait très difficile d'utiliser un parallèle entre ce qu'elle a subi par rapport à ce que j'ai subi. De un, c'est une journaliste, une simple journaliste, donc ses voyages peut-être qu'elle a eu en Iran étaient peut-être, comment dirais-je, encouragés par son... un travail journalistique, donc son travail c'était faire des photos, publier des articles, etc. Donc c'était intentionnel peut-être qu'elle essaie de prendre certaines informations pour un journal étranger. Mais ce qu'elle a eu et ce qu'elle a subi, certes c'est un grand crime parce qu'on ne peut pas faire ça pour toute personne qui travaille ou même toute personne qui aurait des idées différentes. Mon cas était très différent, parce que lorsque je suis allé en Iran, on me connaissait bien avant, comme quelqu'un qui a un parcours avec la communauté musulmane, assez actif dans des activités, par exemple de lecture coranique, même parmi la communauté sunnite.
Vous n'étiez pas là-bas professeur de la politique ?
Absolument pas, non, j'étais là-bas en tant qu'étudiant. Donc j'étais même référé par de grands professeurs, qui étaient basés à Paris, au Canada et à Com. Mon travail était vraiment l'étude. Ce qui m'est arrivé, c'est vraiment un concours de circonstances et peut-être dû à mon naïveté qui m'a vraiment.
J'ai l'impression, en lisant le livre, que le seuil auquel se déclenche la répression en Iran est extrêmement bas. Parce que je regarde ce que vous avez dit, je ne trouve rien qui en Europe serait considéré comme une critique du régime, par exemple. Vous êtes naïf, vous répondez aux questions honnêtement en Iran. Et cela suffit pour que vous vous retrouviez dans un cachot, dans une geôle, à l'isolement ? Pendant 6 mois ? 6 mois ? 7 mois ? D'accord. Honnêtement, si j'avais subi le 10% de ce que vous avez subi, j'aurais signé n'importe quoi. Donc j'espère que les Iraniens se rendent compte un petit peu de la, on va dire, de l'inutilité de leur méthode. Parce que torturer quelqu'un de cette façon-là, je veux dire, tôt ou tard, il va signer.
Bien sûr, mais je pense que les Iraniens en tant que population, surtout ceux qui vivent à l'étranger, connaissent parfaitement comment l'Iran fonctionne. Donc mon discours et mon témoignage est quelque chose de très normal dans le savoir d'un Iranien. Dans n'importe quelle famille iranienne, on sait très bien comment le système fonctionne. Mais pour quelqu'un qui vient d'un antécédent, qui est né en France, qui a grandi en France, en Amérique du Nord, Et ensuite, avec cet amour d'étudier l'islam, connaître mieux le Coran, et de vivre dans un environnement islamique, et tomber dans une machine à broyer carrément, on se rend compte, on tombe dans un vrai film policier. Et lorsque je raconte cette histoire et cette expérience, ceux qui me croient sont effectivement les Iraniens, parce qu'ils connaissent le système, Mais ceux qui ont une difficulté à croire, ce sont ceux qui ont grandi en Occident, en Europe et qui ne connaissent absolument rien et qui pensent que j'ai, par exemple, une arrière-pensée politique.
Ah non, pas du tout, pas du tout. Je vous l'ai dit, j'ai été surpris en lisant votre livre qu'il n'y a aucune dimension vindicative envers le régime iranien. Vous partagez très humblement et très simplement votre témoignage. Quelque chose de terrible vous est arrivé, vous en parlez avec vos propres mots. Je n'ai pas senti que le livre était une attaque ou genre le livre blanc sur le régime iranien ou autre, je n'ai pas senti cela. Et j'ai l'impression que vous êtes un petit peu revenu de l'islam politique. Est-ce que vous pensez que l'islam a vraiment une dimension politique ? Parce que j'ai l'impression, je regarde, les iraniens sont chiites, pratiquent un islam politique, et ça va très mal. Je regarde mon propre pays, l'Algérie ou d'autres pays similaires, ils sont sunnites, donc ils pratiquent un islam tellement différent qu'on pourrait dire c'est une autre religion, et encore c'est le désastre. Parce que ce qu'on vous racontait, ça arrive en Algérie aussi malheureusement.
Oui, je pense que dire l'islam politique est vraiment réducteur. Je pense que c'est vraiment l'utilisation de l'image et de la couverture islamique, la couverture de la visibilité de l'islam pour en fait se couvrir derrière une idéologie politique. Parce que bon, on voit que quand même l'Iran est dans son agenda politique très proche de la Russie, de la Chine et tout ce qui est anti-impérialiste. Donc cette couverture islamique est simplement une couverture, simplement un voile pour tromper la masse. Mais l'islam n'est pas intrinsèquement séparé de la politique. C'est-à-dire, quand on parle de la politique, c'est que le prophète de l'islam était lui-même un guide spirituel, un guide politique. Mais dans notre dimension à nous, c'est que la politique doit être d'un ordre, d'un commandement divin. Donc seulement ceux qui sont infaillibles et qui ont la capacité de pouvoir suivre à la lettre des commandements divins peuvent se présenter comme politiciens entre guillemets de l'islam. Mais durant l'occultation, avant la venue du Messie ou d'Al Mahdi, C'est clair que dans ce monde maintenant, on n'est pas capable d'établir un état soi-disant qui représente l'islam, etc.
J'ai vu dans une des pages de votre livre, vous dites qu'on ne peut pas, dans le chiisme, condamner à mort des gens avant que le Messie ne soit révélé. J'ai trouvé ça extrêmement raisonnable comme approche. Moi venant de, on va dire plutôt de pays où dès enfant, on apprend qu'il faut condamner à mort, qu'il faut tuer, qu'il ne faut pas tuer. C'est vrai que ça m'a surpris. Je ne savais pas cela de chez nous.
C'est-à-dire quand vous regardez l'histoire du noble prophète, vous remarquerez que lui-même n'a pas condamné à mort, à part trois personnes dans l'histoire entière du prophète, ainsi que les imams et les compagnons. qui ont été sélectionnés par le prophète, une personne qui soit sous le nom de l'apostasie, soit sous le nom de... etc. Ils ont toujours eu un système d'éducation et de réinsertion à la société pour ceux qui étaient criminels. D'ailleurs, il y a un livre merveilleux lorsque vous regardez le gouvernement, le système du gouvernement islamique et le système carcéral islamique qui a été écrit par Sayyed Shirazi, On verrait qu'à l'époque de l'imam Ali, il n'y avait pas de prison comme on peut trouver aujourd'hui des prisons. C'était plus des écoles de réforme et de réinsertion à la société. Et deuxième point, c'est que la peine de mort, lorsque je dis qu'elle n'existe pas durant l'occultation, c'est que le jugement pour considérer une personne qui doit être à être exécutée, doit être un juge d'une intégrité totale dans la science et dans le savoir. S'il y a 1% de doute, est-ce que vraiment mon jugement va être correct ou pas, il est dans l'incapacité de donner un verdict.
Donc en clair, dans le chiisme aujourd'hui, on est en avril 2015, il n'y a personne sur terre. à qui on pourrait confier la mission de condamner quelqu'un à mort ?
Non.
Non. D'accord. En clair, on ne condamne pas un mort dans le chiisme à ce stade.
On ne condamne pas un mort dans le chiisme à ce stade. Lorsqu'on parle de condamnation à mort, on parle d'une personne qui, par exemple, doit être condamnée à mort pour X raisons. Mais cela vient différent à quelqu'un qui rentre dans une guerre. Dans une guerre, bon, il y a une défense.
D'accord.
Mais sinon, un citoyen, pour X raisons, le prendre et ensuite le mettre en prison et ensuite aller le pendre, non, ça ne fait pas partie de notre religion.
Alors une autre question, alors je vous demande, est-ce que ça fait partie de votre religion ou non ? Je sais que dans le sudnisme, ce qui me surprend beaucoup et ça me semble même, j'ai peut-être pas des connaissances extrêmement approfondies sur le sujet, mais J'ai l'impression que dans le sunnisme, on condamne à mort pour apostasie. Ça signifie que si quelqu'un devient sunnite et puis le lendemain, sa foi, la vie étant ce qu'elle est, il renonce à cette religion, dans le sionisme, c'est condamné à mort. Juste ce fait-là. Est-ce que dans le chiisme c'est condamné à mort ?
Non, l'apostasie politique et militéropolitique est l'apostasie spirituelle.
Je parle juste d'apostasie spirituelle. Je ne parle pas de quelqu'un qui après vient vous attaquer ou tuer. Je comprends dans ce cas-là que vous vouliez vous défendre. Mais je parle juste de quelqu'un qui spirituellement se dit Le prophète vivait avec.
Des apostas, des gens qui ont apostasié à plusieurs reprises devant ses yeux, dont certains de ses compagnons, soi-disant compagnons. Donc il n'a jamais demandé la peine de mort à ceux qui ont même osé mettre un poignard sous son cou.
D'accord, donc des gens qui de son époque, de son vivant, sont rentrés dans l'islam. Après on dit, finalement... Oui, dans une.
De ses épouses d'ailleurs.
D'accord. Et ils n'ont pas été tués. Donc, ça commence quand ? Alors j'ai ma petite idée, je vous pose la question, c'est une question rhétorique. Ça commence quand cette histoire de tuer les gens pour apostasie ?
Ça a été... Je peux vous dire que ça a commencé depuis les deux ans du gouvernement d'Abu Bakr, qui était quand même un homme très réfléchi, très intelligent. qui a pu bien organiser son modèle politique en introduisant sa famille, ses membres de famille dans son système. Mais là, ça a été instauré d'un point de vue étatique sous les Omeyades. C'est de là où vraiment on voyait qu'il y a un système qui connaît entre guillemets l'islam, disons islamiste, en pendaison pour pour x raisons, etc. Et juste.
Pour ceux qui débarquent, au moment où on a ce que les sunnites appellent le premier calife Abu Bakr, il l'appelle Abu Bakr le juste, Et les Omaïades, le prophète de l'Islam est mort depuis longtemps déjà. Il n'est plus là. Donc la révélation islamique s'arrête.
Il a été tué déjà par la fille d'Abu Bakr. C'est selon beaucoup de nos sources, dont Tabari, les sources sunnites. Et c'est de là où on peut voir que l'instauration, c'était... Vous voyez, un gouvernement qui est faible doit agir avec violence. Ça, c'est une règle générale. Donc lorsqu'Abou Bakr veut vraiment être sûr que son gouvernement va rester et va être permanent, il faut qu'il exécute tous les opposants. Donc c'était l'une des personnalités qui a instauré dans l'histoire de l'islam les fausses communes. de milliers d'opposants qui ont été tués sauvagement dont certains enterrés vivants parce qu'ils avaient des idées différentes de son gouvernement. Le noble prophète Mohammed n'a jamais eu aucun cas d'avoir exécuté quelqu'un parce qu'il a des idées différentes ou parce qu'il a même renié le messager comme étant le messager de Dieu.
Donc, vous avez dit un truc extrêmement grave. Vous avez dit que vous pensez que le noble prophète a été tué par son épouse. Je sais que j'avais cherché dans le Coran, il n'y a rien qui s'y oppose. J'ai trouvé que, par exemple, il y a un verset dans le Coran qui dit clairement Mohamed est un prophète s'il est mort ou s'il est tué. Donc il y a cette option qui est laissée ouverte dans le Coran, donc c'est quelque chose qui n'est pas... Mais qu'est-ce que les chiites reprochent en plus à Aïcha ? Parce que je sais que c'est un point d'achoppement extrêmement important entre les sunnites et les chiites. Alors les sunnites ne disent pas que sa femme l'a tué, ou bien qu'on trouve cela dans leurs sources aussi.
En fait, la majorité de ce que nous disons sont dans nos sources et sont également dans les sources sunnites. Parce que Tabari est sunnite. Quand on voit des récits sur Ibn Abbas en expliquant un peu les faits de comment le prophète a disparu ou a été tué, on se rend compte que tout va dans le même sens. Dans la version sunnite, ils vont aller attaquer, comme d'habitude, les juifs. Donc c'est une femme juive de Khaybar qui a donné de la viande, donc une viande kacher, au prophète Mohammed, qui ne va pas du tout dans le sens de la logique parce que le prophète ne mangerait pas kacher d'une main d'une juive, mais il mangerait halal. Un mouton ou un animal qu'elle a déjà préempoisonné, il a mangé et quatre ans après, il est tombé martyre. C'est une thèse que même certains des savants de Al-Azhar ont trouvé comme illogique. Mais nous voyons que Raïsha était la seule personne qui avait un plan politique pour son père, pour elle, et son amant Talha. Et c'était la meilleure arme pour faire disparaître le prophète au plus rapide avant qu'il commence à peut-être déstabiliser le projet de son père Abu Bakr. Mais pourquoi dans le monde sunnisme, le monde sunnite, Aïcha est très important ? La raison pour laquelle, c'est que c'est la fille du gouverneur, du calife. Et pour le sunnisme, vous savez, l'islam qui est basé sur le système califal, le système politique, c'est une clé très importante. Donc, contrairement au chiisme, qu'on est vraiment sur le domaine de ce que Dieu dit, le prophète dit, les imams disent, on suit cette lignée qui est une lignée arabe, une lignée, comment dirais-je, très définie. Le chiisme se base sur la shoura, l'élection par le peuple, l'élection par une élite. Et c'est grâce à ça qu'un système politique va être formé. Donc c'est un islam, comment dirais-je, qui est basé sur un système politique.
Mais quand je lis dans les sources sunnites, les califs sont bien plus importants, même si beaucoup de sunnites vont le nier en m'entendant dire cela, les califs sont beaucoup plus importants que le prophète et même beaucoup plus importants que Dieu. Un calif, l'autorité politique, a une importance complètement surnaturelle qui dépasse complètement Donc, chez vous, vous savez, quand j'étais petit en Algérie, on m'a dit que les chiites, leur prophète, c'est Ali. Alors dites-moi si aujourd'hui, je viens vers vous, vous êtes chiite et je vous dis écoutez, je ne crois pas à la prophétie de Mohamed. Je crois en Ali. Mon prophète à moi, c'est Ali. Est-ce que je suis musulman pour vous? Non.
Non, vous ne pouvez pas être musulman, c'est clair, parce que nous avons une règle claire, que nous croyons qu'un seul Dieu l'unit ses totales, et son messager est Mohamed. et l'imam Ali qui est donc en fait celui qui est le premier calife ou le premier imam après le prophète. Mais ce sont des propagandes qui ont été... bon peut-être à l'époque ça marchait beaucoup plus parce que les jeunes n'avaient pas tellement de... de possibilité de communiquer sur internet ou de voir beaucoup d'articles. Donc ils étaient beaucoup plus isolés, donc ils n'avaient pas accès aux sources. Ils croyaient beaucoup à ces propagandes-là. On entendait des propagandes très farfelues, telles que par exemple les chiites. Si vous remarquez, ils ont des cornes de diable. ou si vous remarquez, ils font pacte avec le diable, ou ils traitent l'ange Gabriel comme le traître parce qu'en fait...
Ils leur envoyaient le Coran à la mauvaise personne.
Voilà, exactement. Donc ce sont des choses que ça existait pour vraiment manipuler la masse à des raisons politico-religieuses. Maintenant c'est beaucoup plus compliqué. Maintenant qu'il y a l'internet, qu'il y a maintenant le satellite, que les gens lisent, ont accès aux livres, c'est la plus importante, c'est les livres, on remarque qu'il y a une masse et une vague de conversion au chiisme, en particulier dans les pays du Maghreb et des populations d'origine maghrébie dans l'Europe, qu'ils ne peuvent plus arrêter cette masse. Et c'est dû à leur accès, à leur excès aux mensonges contre le chiisme.
En plus de... bon, chiisme, déjà c'est une question que j'avais envie de vous poser. Donc, être chiite, en arabe, shia, chiite de quelqu'un, c'est toujours, ça veut dire un supporter ou un partisan, voilà, un partisan. Donc quand on dit chiite, quand quelqu'un dit je suis chiite, il dit je suis partisan. Mais en fait, tout partisan est partisan de quelque chose. Partisan de quoi ? C'est quoi le vrai terme, le terme complet ? Donc chiite, c'est partisan de ?
Partisan du prophète Mohammed, partisan de l'aimant Mali, partisans de ceux dont Dieu nous a demandé de suivre. On peut être chiite par exemple de Omar, on peut être chiite par exemple de Bouch ou de Sarkozy ou de Manuel Valls, mais le mot chiite est un mot coranique, qui est un mot qui a été insisté pour ceux qui sont partisans d'Ibrahim, d'Abraham et partisans de Moïse et de Noé, partisans de ceux qui suivent les infaillibles dont Dieu nous a demandé de suivre. Donc, se disant chiite en tel ne veut rien dire, mais cela, pour la compréhension de la signification de chiisme, c'est souvent, ça fait référence à ne pas être sunnite. Et même le mot sunnite n'est ni un mot qui existe dans le Coran, ni un mot dont le prophète a demandé, de dire nous sommes sunnites, c'est pas quelque chose qu'il a même cité, mais disons qu'ils sont sunnites, oui, dans le sens qu'ils sont sunnites de Omar ibn Khattab, c'est-à-dire qu'ils suivent la sunna de Omar, est juste. De dire que nous sommes des chiites de l'imam Ali ou les chiites de l'imam Hussain ou les chiites du prophète Mohammed, c'est juste. Donc c'est vraiment des mots génériques, mais il faut peut-être comprendre la signification lorsqu'on se réfère, par exemple, à l'histoire.
D'accord.
Ou au tafsir du Coran.
Donc ce que je cherche à comprendre, c'est ça qui m'a le plus surpris dans l'étude de l'histoire des chiites, c'est qu'on a un groupe qui s'appelle les chiites, donc du prophète et des proches du prophète, Et ceux-là sont assassinés tout le long de l'histoire, non pas comme on aurait pu s'attendre à des ennemis déclarés de l'islam, mais ils sont assassinés par des sunnites qui se déclarent musulmans aussi. Donc on croit... Comment expliquez-vous ce phénomène complètement bizarre où un sunnite qui parle au nom de Mohamed, au nom d'Allah toute la journée, et qui en même temps va assassiner Ceux qui sont mis du côté de Mohamed et de ses proches.
C'est très clair que lorsqu'on a un agenda politique ou un agenda particulier, toute chose qui va être problématique pour le cheminement arrivé à ce que nous voulons arriver, il faut l'éliminer. C'est quelque chose de logique. Quelqu'un qui fait légèrement la science pro pourrait peut-être comprendre comment et quelles sont les stratégies pour arriver à un but. Donc lorsque le califat a été transformé de quelque chose qui est d'une succession divine telle que Salomon et David et tel que ce que le Coran nous a enseigné, à quelque chose qui devient complètement d'un agenda politique, Donc on va être obligé de modifier certains aspects de la religion pour pouvoir avancer beaucoup plus rapidement à un but politique. Et c'est ça le danger. Donc maintenant, lorsque l'imam Ali, qui devient maintenant le premier calife légitime, le successeur légitime de la communauté musulmane, parce que le prophète lui-même, durant le jour de Radhi l'Ekrom, l'a élu et l'a par grâce à Dieu, c'est Dieu qui l'a donné cette référence et devant 120 000 pèlerins, c'est le moment où vraiment on voit que nous devons le suivre comme premier calife. Mais un gouvernement politique qui voit que son intérêt est en danger, il faut l'éliminer au plus rapidement possible. Donc c'est pour ça que 25 ans il a été mis en résidence surveillée, Il y a eu des services d'espionnage qui se sont développés au fur et à mesure du temps pour pouvoir contrer les potentiels chiites de l'aimant Mali, etc. Donc la meilleure manière c'est de tuer, c'est d'emprisonner, c'est de torturer. Et ce système a existé en particulier lorsque les Omayyads sont venus. Donc Mouawiya, vous avez Yazid, Et la meilleure arme, c'est d'éliminer la descendance du prophète. Parce que c'est un danger à leur système. Si les membres musulmans doivent rester et doivent venir au pouvoir, donc il n'y a aucun sens pour les hominides de rester. Donc leur expansion de leur islam va rentrer en danger. Donc c'est la meilleure manière de combattre.
Donc là, il tue l'imam Hossein, le descendant du prophète, et il le décapite. Et j'ai l'impression que depuis cette époque-là, il y a une sorte de malédiction de décapitation dans le monde sunnite. Pourquoi je vous le dis ? Il y a une raison, parce que beaucoup de gens me disent, oui mais, chaque fois que je parle des différents sunnites chiites, ils me disent, oui mais, Tout cela se réfère à des événements qui sont passés 1400, 1300 ans. Quelle importance ont-ils aujourd'hui en 2015 ?
Il faut, vous voyez, on a une expression, disons, si vous voulez régler votre avenir, il faut vous arranger avec votre passé. C'est surtout, ou bien un autre exemple, quelqu'un qui va voir un psychologue, le psychologue va toujours essayer de le référer à son enfance ou référer à son passé pour pouvoir réformer ou réinterpréter son passé pour que la personne puisse s'améliorer dans le futur. Notre problème à nous, c'est-à-dire nous en tant que communauté musulmane et en particulier communauté qui est des pays arabo-musulmans, c'est que nous nous référons beaucoup à notre passé, à notre histoire. Bon, ce n'est pas simplement ou seulement distinct à la communauté arabo-musulmane, mais également à d'autres grandes, ex-grandes civilisations telles que les Indiens, les Grecs, etc. Mais nous, en particulier, on aime toujours se référer au passé. Et c'est une obligation pour un musulman de se référer à ce que le prophète nous a demandé. Mais le problème, c'est que lorsqu'on prend une mauvaise interprétation, une interprétation erronée de l'histoire, donc on va complètement se concentrer à ce moment d'une histoire et qui va rendre complètement dogmatique la personne, de telle sorte qu'il va faire ce que les textes lui disent de faire. Donc, si à un moment donné de l'histoire, Le prophète, dans leur vision à eux, leur prophète à eux, est une personne qui peut se marier avec des filles de 9 ans, qui peuvent avoir plusieurs femmes en même temps, qui peut décapiter les gens qui ne sont pas musulmans ou qui ne veulent pas adhérer à l'état islamique, par exemple, qu'ils imaginent du prophète. Donc, ils vont prendre les mêmes références d'une manière littérale. On ouvre le Coran, on lit, c'est marqué, tu es toute personne qui, par exemple, qui n'est pas musulman, etc., qui refuse de se convertir, on va faire de même. Donc, ils vivent dans cette époque. Donc, pour pouvoir mieux les comprendre, il faut retourner à ses sources, pour pouvoir mieux les cadrer et savoir exactement ils veulent arriver à où. Le problème, c'est que la méthode de certaines personnes qui ne sont pas musulmans, sont des méthodes type colonial francisé. C'est-à-dire, ce sont des méthodes d'assimilation forcée qui donnent encore plus de rejet et qui donnent encore plus de haine à ces gens qui vont en fait devenir complètement isolés du monde extérieur. La meilleure manière, c'est vraiment de les faire comprendre au sein même de la religion, en montrant un respect spécifique pour la religion et un respect spécifique pour nos traditions à nous. C'est les traditions eux-mêmes qui vont, le Coran lui-même et les textes eux-mêmes qui vont pouvoir donner la meilleure leçon à ces gens-là.
Question, puisque vous parliez de cela, j'ai lu dans votre livre, vous dites que à la page 158, vous dites que si vous mourrez en Iran, quand vous étiez sous les mauvais traitements et la torture, vous auriez voulu être enterré en France. Ça m'a beaucoup surpris parce que la France, je vais vous dire un truc, c'est un des rares pays ou lorsqu'on a un accident d'autocar par exemple, on a les corps qui sont expédiés vers souvent 25-30 destinations. J'ai l'impression que c'est plus un club de tennis qu'un pays. Il n'y a personne qui veut y être enterré. Si je fais une crise cardiaque au club de tennis, je n'aimerais pas être enterré sur le cours. Est-ce qu'on peut être français et musulman ? Est-ce que c'est quelque chose de compatible ?
Oui, c'est complètement compatible d'être français comme je suis et d'être musulman comme j'espère l'être, je le suis également. Il n'y a pas de problème. Le problème c'est qu'il y a des lobbies, surtout médiatiques, qui utilisent la sensibilité de la religion ou qui utilisent l'émotion d'une certaine population pour être contre un autre type de population. C'est-à-dire, ceux qui sont attaqués en France, ce ne sont pas seulement les musulmans, mais ce sont également les juifs, ce sont également d'autres communautés, et je pense qu'il y a un mal-être en France. Mais il faut peut-être oublier, c'est-à-dire, ce problème qui est peut-être très récent, mais il faut retourner encore à l'histoire, c'est-à-dire à l'histoire d'une Europe ou d'une France qui se dit une terre d'accueil et un territoire de liberté. Pour nous, c'est quelque chose de très important de pouvoir vivre dans un territoire où on peut appliquer la liberté d'expression. Malheureusement, dans les pays musulmans, nous n'avons pas de liberté d'expression. Vous savez, l'une des choses qui est importante pour nous, nous en tant que musulmans et en particulier chiites, c'est de pouvoir se rappeler de l'événement de Karbala, de se rappeler de ce qui s'est passé à l'imam Hussein, de pouvoir vivre...
Un devoir de mémoire, comme on dit en France.
Voilà, un devoir de mémoire qui est une partie de notre obligation. Vous savez, simplement ce devoir de mémoire, envers ce qui s'est passé à Karbala, dans énormément de pays musulmans, il est interdit. C'est-à-dire, on ne peut pas inviter peut-être 3, 4 personnes, voire 10 personnes chez soi et faire ce devoir de mémoire sans être questionné par les services secrets, sans demander à rendre des comptes, etc. En France, c'est libre. Mais le moment où j'avais écrit ceci, c'était sous le coup de la souffrance que j'avais eue, et que ça reflète peut-être un peu ce regret d'avoir peut-être un peu haï la France dans certaines choses, de dire bon c'est un pays qui déteste les Arabes, c'est vrai que mon père a eu un doctorat en France, On a eu une vie quand même assez... On était assez intégrés dans la société française, mais malgré ça, on était toujours considérés comme des citoyens de deuxième zone ou de deuxième degrés.
Il est parti aux Etats-Unis, si ma mémoire est bonne.
Oui, oui, il est parti aux Etats-Unis. Bon, c'était vraiment un soulagement de sa part parce que vraiment, la France, c'est une culture d'assimilation. C'est vraiment ce passé qu'ils ont eu, cette cassure qu'ils ont eu en Algérie et dans énormément d'autres pays comme Haïti et d'autres pays musulmans. On se rend compte qu'ils ne comprennent pas que l'assimilation forcée rend un rejet de la culture française. Ça ne marche pas comme ça. Mais bon, on voyait qu'il y a un système qui est très différent des anglo-saxons. De là au jour où j'ai mis les pieds en Amérique du Nord, où j'ai vécu en Amérique du Nord, là je vis en ce moment en Angleterre, Je vois qu'il y a une approche très différente vis-à-vis les minorités visibles. Mais au jour d'aujourd'hui, je ne dirais plus que j'aimerais... me faire enterrer en France, mais je dirais, j'aimerais bien me faire enterrer en Algérie, à Funchal.
D'accord. Question, question. Vous dites à un moment donné dans votre livre, j'ai essayé de vous trouver la page, j'ai mis un index rouge. Rouge, ça signifie, ce sont des choses très importantes qui m'avaient frappé. En fait, Voilà, la page 110. Vous dites que j'avais douté ma propre religion. Je ne savais pas si je devais rester musulman ou pas après ce que j'ai subi au nom de l'islam et au nom de Dieu. L'islam est devenu quelque chose d'effrayant pour moi. Je suis en train de lire quelque chose qui est dans un document public. Je me suis senti dégoûté, etc. Est-ce que vous comprenez que beaucoup de personnes sont dangereusement proches de ce genre de raisonnement aujourd'hui ?
Ah oui, je les comprends complètement maintenant. Au début, je ne comprenais pas pourquoi il y a une réaction très anti-religieuse pour ceux qui viennent de pays musulmans, en particulier de l'Iran. Maintenant, je comprends qu'en fin de compte, la venue de la révolution iranienne est vraiment une faveur pour ceux qui sont très anti-religieux, parce que c'est une méthode d'injection d'un extrême à un autre extrême. Le système iranien qui est d'apparence un système islamique, très apparence parce que dans le fond, il y a énormément de choses qui sont calquées directement des systèmes français, des systèmes de constitution belge et d'ex-pays communiste. Mais en voyant ce système être autant opprimé d'une chose que peut-être j'ai même pas dit 10% de critique que j'ai dit à l'égard de la France et qu'en France j'étais libre complètement. Personne ne m'a fait aucune remontrance avec toutes les critiques que j'ai dit en France. Au contraire, j'ai quand même été respecté en vivant d'une vie normale. En n'irant simplement 10% d'une critique, on m'a traité pire que si j'étais un criminel international. et on se pose des questions, on se dit si vraiment ils représentent l'islam sur terre, et tous ces partisans pro-hezbollah, tous ces partisans pro-état islamique, vraiment pensent que c'est l'islam sur terre, donc il n'y a pas quatre chemins à prendre. Soit c'est l'islam qu'il faut rejeter, soit il faut vraiment réfléchir une deuxième fois est-ce que vraiment c'est l'islam ou pas. Et ce n'est pas beaucoup de monde qui va faire l'effort de ce raisonnement, de voir est-ce que vraiment c'est un problème de l'islam en lui-même ou c'est un problème d'interprétation de l'islam.
Je ne sais pas, c'est un constat que je vais faire. Vous savez, on parle beaucoup de phobie, on parle beaucoup d'islamophobie. Ça veut dire que les musulmans, enfin une catégorie de musulmans sont en train de se disputer en termes de capital de sympathie, sont en train de se disputer la première position avec les araignées. On parle d'arachnophobie, on parle d'islamophobie. Qu'est-ce que ça vous inspire, tout ça ?
C'est un peu plus compliqué que ce qu'on peut penser. Bon, une partie, cette islamophobie est vraiment un agenda politique qui est un agenda politique, comment dirais-je, vraiment de la politique européenne et occidentale. On utilise souvent un bouc émissaire ou une excuse pour essayer d'utiliser les émotions de certaines populations pour mettre contre une autre partie de la population. D'un autre côté, c'est vraiment la faute de ce qui s'est passé jusqu'à maintenant au nom de l'islam, en particulier chez les sunnites, en instrumentalisant l'islam, cette couverture islamique, pour en fait un rejet de la colonisation ou un rejet, par exemple, de certaines choses qui se passent chez eux ou dans leur foyer. En particulier, on parle de l'économie, on parle d'autres problèmes. Et un troisième point, cette islamophobie, c'est peut-être un peu un peu dangereux de parler de ça, mais ça me fait penser un peu ce refoulement de ces nazis qui, à l'époque, ont vraiment perdu. Parce que lorsque le nazisme est tombé, il n'a pas disparu complètement. Il y a toujours certains ex-nazis qui se sont reconvertis au néonazisme et qui utilisent en fait les musulmans qui sont plus faciles à frapper parce qu'ils sont moins forts, même s'ils sont très nombreux, mais ils sont moins forts, pour en fait taper les juifs. Parce qu'en fait, toutes les histoires de la burqa, qui fait d'ailleurs, le mot burqa fait référence à un mot qui n'est pas utilisé dans les pays musulmans, mais qui fait référence à la frumka, qui est un voile unicable juif, ou la polygamie. En fait, tous ces symboles qui existent dans le judaïsme, on le frappe au nom de l'islam. Donc, je pense que ces trois points-là, que l'islamophobie existe en Europe. Mais en grosse partie, c'est vraiment la faute des musulmans eux-mêmes, qui ne sont pas encore capables de donner une vraie image de l'islam, mais qu'on a toujours cette impression que l'islam est utilisé toujours en couverture pour cacher énormément d'autres agendas ou d'autres problèmes qu'ils ont vis-à-vis des systèmes.
Donc pour vous, les musulmans devraient travailler sur leur image, mais ce n'est pas une question d'image. Leur image correspond à une réalité. L'islam aujourd'hui, je ne parle pas de l'islam chiite, c'est quand même la religion des prisons en France. C'est quand même dingue pour une religion, par exemple, qui interdit le vol, qui interdit le meurtre, qui interdit tout ça. Et on retrouve plein de gens, une autre sorte de communauté.
Non, non, le problème c'est pas l'islam. Le problème c'est que ces pauvres gens ne connaissent rien de l'islam. C'est-à-dire, en fait, ils utilisent l'image de l'islam pour cacher énormément de leur retard, de leur fléau. En fait, ils ne connaissent rien. C'est plus réactionnaire comme ils savent qu'il y a une sensibilité, lorsqu'on parle de l'islam, dans un paysage français, dans un paysage européen. Il y a une extra sensibilité contre l'islam ou un rejet de la religion en général. Donc ils utilisent ça comme réaction ou comme rébellion plutôt.
Une sorte de repère civilisationnel plutôt.
D'accord.
D'accord. Je sais que beaucoup de gens sont en train de bouillir depuis le début de cette vidéo quand vous avez parlé de Aïcha. Je sais que Aïcha, beaucoup de sunnites la considèrent comme la mère des musulmans en quelque sorte. Enfin leur mère, la mère des sunnites si vous voulez. Et un des points que je n'arrive pas à comprendre, c'est que cette femme, elle l'a causé selon les sources. Je ne vais même pas aller dans les détails où les chiites et les sunnites peuvent avoir des versions différentes. Je vais aller sur un point où les chiites et les sunnites sont 100% d'accord. Elle l'a causé, la première guerre civile musulmane. avec, en trois jours, je ne sais plus, dizaines de milliers de morts. En trois jours, elle-même, avec son chameau, ça s'appelle la bataille du chameau, elle a guidé les troupes contre le calife légitime, donc Ali, qui était le commandeur à ce moment-là. Et donc...
Mais ce qui est incroyable, à chaque fois, le sunnite va toujours dire, oui, mais Dieu a pardonné Aïcha. leur référence du pardon d'Aïcha était avant la bataille du Chameau. C'est pas après la bataille du Chameau. Et après la bataille du Chameau, il y a aussi eu d'autres événements qui montrent qu'en fait, Aïcha ne s'est pas repentie parce qu'elle ne sentait pas qu'elle était dans le faux. Elle sentait qu'elle était là pour protéger l'agenda politique de son père. Donc c'est quelque chose de normal, une chouchou d'un gouverneur, c'est quelque chose dont on ne peut pas constamment dire, oui, mais là, etc. Elle fait l'erreur. Dans son logique à elle, elle a fait quelque chose de très bien. C'est vraiment au point de vue Sciences Po, en mettant la religion de côté, stratégiquement, ils ont été très forts. Ils ont pu quand même... Regardez Mouaouia, par exemple, Mouaouia, qui est venu grâce à Aïcha également. Muawiyah était un simple peut-être maire d'une province ou d'un village, il est devenu quand même le calife par excellence du monde musulman et des envahissements et de la colonisation dans certains états sans aucune autorisation des imams infaillibles. Donc on fait le compte Quand on parle d'Aïcha, il faut prendre un peu de recul, c'est-à-dire qu'il ne faut pas avoir ces émotions et se sentir un peu blessé. Je comprends, je suis des fois interpellé à Bruxelles ou à la rue Trois-Couronnes à Paris lorsque j'ai fait plusieurs voyages et on me pose des questions, etc. Bon, c'est un peu répétitif, mais je veux dire, on n'a rien contre Aïcha, c'est-à-dire ce qu'on veut, c'est l'honneur du prophète. Et pour garder son honneur et pour montrer notre sincérité, notre intégrité, il faut être clair dans nos positions. Si on commence par exemple de cacher certaines parties de l'islam, certaines parties de l'histoire islamique, en fin de compte, non seulement on est en train de trahir notre religion, mais en plus on se trahit soi-même. Parce que de toute façon, un jour ou un autre, on va savoir cette partie de l'histoire. Et on va se rendre compte qu'en fait, Aïcha était vraiment une agente de son père. qui a quand même voulu suivre un certain cheminement aux dépens de l'islam, même en allant contre ce que le prophète demandait. D'ailleurs, Abner Abbas qui a rapporté qu'un jour lorsque, ça c'était une référence unique, lorsque par exemple Aïcha avait insulté la fille du prophète Fatima, Jamais elle n'utilisait son nom, on disait la fille de Khadija, parce qu'il y avait une jalousie particulière avec Khadija. Elle disait, oh fille de Khadija, elle lui a dit des mots assez méchants. Et le prophète avait entendu cet échange, qui était plutôt pas un échange, mais une attaque d'un sens. Fatima ne disait rien à la fille du prophète, que la paix soit sur elle. Ce qui s'est passé, c'est que le prophète lui a fait comprendre à Aïcha que si tu rends Fatima en colère, tu l'as triste, tu m'as triste moi, et si tu m'as triste moi, tu as triste Dieu. Donc il faut bien comprendre qu'en fin de compte, elle ne joue pas avec certains personnages qui peuvent être dangereux pour son père, mais elle joue avec la religion, avec Dieu.
Alors, un point sur Aïcha par exemple, j'ai vu qu'elle avait fait une fatwa à Mouaouia, parce que Mouaouia, son père fréquentait les maisons closes, je veux dire c'est écrit noir sur blanc dans les sources sunnites et chiites, il n'y a personne qui discute cela. Il a un enfant avec une prostituée. Et à ce moment-là, il veut que cet enfant devienne son frère légitime. Il veut le légitimer religieusement. Alors qu'il n'y a pas, dans l'islam, il n'y a pas de moyens officiels de légitimer un enfant né dans ces conditions-là. Et Aïcha, elle va signer une lettre à Muawiyah comme quoi Ce gars-là devient donc son frère du Zina, et elle crée le frère du Zina dans le monde musulman. Pourquoi il n'y en a pas aujourd'hui ? Pourquoi ce n'est pas utilisé ? Vu que Haïcha est considéré dans le monde sunnite comme étant, on va dire, une source fiable, pourquoi il n'utilise pas sa fatwa maintenant ?
Je pense que c'est un peu le système, comment dirais-je, du christianisme vis-à-vis aux lois canoniques hébraïques. Lorsqu'on demande à un chrétien, si vous suivez la Bible, pourquoi vous ne suivez pas les règles qui sont dans la Bible, ils vont dire, bon ben, vous savez, l'Antient Testament a été abrogé, parce que c'est une loi qui est abrogée depuis la venue du Messie, ou du Christ. Et le problème, c'est que dans le monsoonisme, jusqu'à aujourd'hui, il y a toujours des réformes et toujours des abrogations de certaines choses. Mais ce qui est incroyable, il y a également une des choses dont Aïcha a quand même été la championne, c'est l'allaitement de l'adulte pour rendre halal deux personnes qui ne sont pas de la même famille.
Al-Azhar avait parlé, il y avait un imam d'Al-Azhar qui s'est distingué il y a quelques années par une fatwa qui avait fait le tour un peu des réseaux sociaux parce que tout le monde la trouvait ridicule, c'était l'allaitement de l'adulte parce que chez les musulmans, si deux personnes sont allaitées par la même famille, ils deviennent en quelque sorte frères, frères et sœurs, si vous voulez. Et ce gars, je pense qu'il lui a fait un mauvais procès parce que cette fatwa vient d'Aïcha. Elle ne venait pas de lui. Elle vient d'Aïcha. Elle avait sorti cette histoire comme quoi.
Oui, ça fait, c'est-à-dire Aïcha, en fait, toutes ces dires, parce que bon, elle se protège derrière l'image qu'elle est la femme du prophète. Donc, ça lui permet d'avoir une crédibilité au point de vue de la population. Donc en disant bon je suis là l'épouse du prophète vous avez oublié mais donc elle se permettait à dire j'ai entendu, je crois, c'est comme ça de la bouche du prophète et que le prophète lui-même a rogné par la suite.
La dernière cartouche que certains vont utiliser maintenant, ils vont dire, Aïcha étant l'épouse du prophète, vous critiquez Aïcha, vous critiquez le prophète, vous manquez de respect au prophète, c'est sa femme, quand on insulte l'épouse de quelqu'un ou critique l'épouse de quelqu'un, indirectement critique cette personne. Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
Référez-vous au Coran, référez-vous à l'histoire, le Coran lui-même, le chapitre 66, pour ceux qui peuvent lire le Coran en français. 66 du verset 1 au verset 11. A partir du verset 6, 7, 8, 9, vous verrez que Dieu est en train de nous signaler qu'Aïcha et Hafsa n'étaient pas considérées comme musulmanes, telles que certaines des femmes d'autres prophètes.
Oui, d'autres prophètes. Le Coran est très dur envers la femme de Lot et de Noé. Il les promet au feu de l'enfer. Est-ce que je peux percevoir ce verset comme étant malvenu dans le sens où ce verset qui dit que la femme de Lot et de la femme de Noé vont en enfer, est-ce que je peux le considérer comme une insulte pour Lot et Noé finalement ?
Non, parce que vous voyez là une femme pure qui s'appelait Assia, que la paix soit sur elle, était la femme de Pharaon quand même. C'était une femme pure, croyant, l'une des meilleures femmes du monde. Donc ça montre que la beauté de l'islam, c'est que Dieu est juste. Vous serez jugé par votre personne, vous. Vous ne serez pas jugé parce que vous êtes le fils d'un tel, ou parce que vous êtes l'époux ou l'épouse d'un tel. C'est votre personne qui sera jugée. Chacun a sa part de responsabilité. Non, dans les discussions qu'un sunnite peut donner, oui, mais le Coran a dit que les bonnes personnes se marient avec des bonnes personnes, et les mauvaises personnes se marient avec des mauvaises personnes. Oui, ceci, mais ne fait pas référence aux prophètes, ne fait pas référence à la sainteté qui a été envoyée, sinon l'oudt n'aurait pas pris une femme qui est considérée comme l'une des pires femmes du monde, et ainsi de suite avec les autres prophètes et personnages.
Et de toute façon, la problématique n'arrive pas au moment où il se marie avec elle. On ne la considère pas, chez les chiites en tout cas, on ne la considère pas comme une personne mauvaise au moment où il se marie avec elle. C'est plus tard où elle va changer vers la fin de sa vie à lui. Quand il meurt, c'est là où elle va apparaître sous son visage monstrueux, en fait.
Oui, c'est-à-dire, en fait, tout ce qui s'est passé au début, on le voyait, c'est-à-dire ceux qui étaient les compagnons véridiques et qui étaient proches du prophète le voyaient, mais après, c'était un personnage public. Et c'est parce qu'elle voyait que le danger n'est plus là. Donc, tout le monde a été éliminé, c'est elle. Et c'est qu'elle. Donc, elle fait ce qu'elle veut.
Dernière question. Dans une de mes vidéos, j'avais montré un livre. Vous savez, dans le monde sunnite, nous devons tous étudier. Ça fait partie des premières... On a un cours de ce qu'on appelle l'éducation islamique à l'école. C'est le cours officiel. Et un des premiers cours, c'est le prophète était d'abord illettré, et deuxièmement, il était, comment dire, je cherche à trouver des mots peut-être pas trop forts, il était, on va dire, il aimait les riches, voilà, c'est en clair comme ça. Il y a un verset, ah ben ça, que quand il voyait les riches, il allait vers eux sans considérer le fait qu'ils... leur foi ou leur valeur intérieure, alors qu'il y a un cas, par exemple, où un type qui était apparemment extrêmement croyant, mais juste parce qu'il était handicapé, il était aveugle, il était pauvre, il aurait été donc rejeté assez sévèrement, de manière méprisante par le prophète. Et ça, on étudie à l'école quand on est petit.
Oui, c'est incroyable. Toutes les références qu'on a sur le noble prophète, qui sont dans le Sahih Bukhari et le Sahih musulman, sont des références prises des paroles d'Aïcha. beaucoup d'adresses sont d'Aïcha et de personnes qui sont liées avec Aïcha. Le problème c'est les gens comme ceux qui se sont inspirés aux caricatures de Charlie Hebdo et d'autres personnages se réfèrent en fait à ces références. Donc la chose c'est que celle qui a le plus insulté le prophète était Aïcha. en prenant le prophète de quelqu'un qui peut être ensorcelé, en prenant le prophète comme se marier avec une fille qui jouait à la poupée, qui était quand même une femme divorcée. Ebne-Motem, son premier mari, l'avait quand même répudiée, et ensuite elle s'est réfugiée chez son père, et son père lui a dit « Je te prends le prophète, je te donne le prophète comme époux, t'inquiète pas, tout va s'arranger. » Elle le prenait pour le prophète pour quelqu'un qui aimait les riches. Et ce qui est incroyable, au jour d'aujourd'hui, Si on dit que le verset du Coran fait référence à, par exemple, Anfouan et Mérafan, Vous avez une réaction qui est une réaction apparente à ça, que Dieu ne fasse pas.
Déjà, j'étais en train d'insulter Othmane. Quand j'ai dit que ce verset était sur lui, ils m'ont dit, mais c'est insultant ce que tu dis sur Othmane.
Mais pour le prophète, ce n'est pas important. Non, ce n'est pas important. C'est ça qui est complètement différent.
Parce que Othmane, c'est un calife. On ne touche pas au calife. C'est ça un petit peu, je pense, la règle. Dieu chez eux. J'avais fait une vidéo l'année dernière, j'ai dit qu'elle ne s'est pas mariée avec lui il y a six ans. Pas possible.
Absolument, absolument.
Et les chiites vous dites ça depuis 1400 ans. Vous n'avez pas attendu qu'il y a des islamophobes qui viennent vous pointer les phares sur le visage. Non. Parce qu'il y a des sunnis qui commencent un petit peu à revenir sur cette histoire. Mais c'est très récent.
Chez les mautazélites, il y a eu une vague qui ont essayé de redéfinir l'âge d'Aïcha jusqu'à aujourd'hui. Maintenant, il y a même certains dans les acharites Il commence également à redéfinir que l'âge de 6 ans est passé à 16 ans, parce que bon, selon la culture arabe, on compte par dizaines, donc on dit 6 plus 10, etc. Bon, enfin, il y a toujours une explication. Mais nous, on était clair, Aïcha était une femme divorcée, c'est une femme qui n'est pas du tout une naïve immature, bien au contraire, une femme qui est très intelligente. Je vous dis, dans le point de vue politique, ce qu'ils ont fait, c'est un travail de politiciens type franc-maçonnique, très intelligents. On ne remet pas en cause leur intelligence, mais leur malice et leur diabolisme, ça c'est complètement le number one, comme on dit.
Merci, merci beaucoup. Je suis très honoré de vous avoir eu avec moi. Est-ce qu'il y a quelque chose que vous voulez rajouter, quelque chose que vous auriez voulu aborder ?
Je pense que c'était très bien discuté. Je vous remercie énormément d'avoir donné de votre temps pour poser sur certaines des questions qu'on a simplement effleuré, on n'est pas rentré en profondeur tellement, mais j'invite tout le monde de pouvoir lire énormément des références chiites et d'être en dehors de toutes ces propagandes et toutes ces images que le monde sunnite ou le monde non musulman essaie de donner à l'image de l'islam en général. Il y a un seul point qui est très important, que j'insiste énormément, et c'est une conviction personnelle, c'est que vraiment quelqu'un qui est religieux, quelqu'un vraiment qui veut donner du sens à sa vie, il faut qu'il garde connexion avec son Dieu. Tout le reste, je peux considérer comme secondaire. C'est vraiment sa relation avec Dieu et pour pouvoir que sa relation soit vraiment très forte, il faut qu'il comprenne sa croyance et l'appliquer au maximum. Ça c'est une chose. Et lorsqu'on a une connexion avec Dieu, toute discussion qu'on aura, ou tout débat qu'on aura avec une personne qui ne partage pas forcément la même interprétation de l'islam, ou même la même religion, aura de la compassion envers cet être humain. Parce que, en fait, aimez-vous les uns les autres, c'est une expression que les chrétiens disent beaucoup, mais qui n'ont pas beaucoup appliqué dans l'histoire. Mais l'islam, c'est une expression qui est dans nos hadiths et que nous avons énormément appliqué quand je parle de bons musulmans. Mais dans ce monde d'aujourd'hui, on a résumé l'islam soit de courant politique, soit à un aspect, comment dirais-je, territorial ou à un rejet, par exemple, culturel. Mais on oublie vraiment ce côté spirituel et cette connexion qu'on doit avoir avec Dieu, le Tout-Puissant. La seule chose que je pourrais dire en dernier, parce qu'en point de vue personnel et humain, J'ai des amis qui sont non musulmans, qui sont sunnites, qui sont de tous bords, de toutes confessions. Il est naturel que lorsqu'on veut parler de théologie ou parler de l'histoire de l'islam, qu'on ait des positions claires et des positions sans jouer la diplomatie. Parce qu'il faut être sincère avec soi-même. Mais au point de vue, comment dirais-je, au point de vue humain, il est dans l'obligation de garder de très bons rapports avec tout le monde.
D'accord, je vous laisse donc le mot de la fin. Merci beaucoup. Au revoir mes amis et puis on se revoit une prochaine.
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