
Monologue en français (YouTube, 1 juillet 2016) où le narrateur commente le résultat du référendum britannique sur le Brexit. Il exprime une satisfaction mitigée malgré son soutien au Brexit, critique l’opacité des institutions européennes, redoute des arrangements informels qui maintiendraient l’influence de l’UE sur le Royaume‑Uni, et s’alarme de la polarisation sociale et des réactions intolérantes des partisans du maintien dans l’UE.
Bonjour mes amis. Vous savez, il y a un an ou deux, si le Royaume-Uni était sorti de l'Union Européenne, j'aurais probablement fait une vingtaine de vidéos. Aujourd'hui, avec ce qui s'est passé dans ma vie, je commence comme avoir une sorte de distance avec les choses. C'est-à-dire que quand j'ai appris que le référendum avait réussi à faire passer le Brexit, J'ai pas été particulièrement emballé. Je le prenais pas mal. J'étais pour le Brexit et je le suis toujours et j'ai encouragé beaucoup de gens à en sortir. Mais je n'ai pas ressenti un sens de victoire dans le sens où quand tu vois un pays partir pendant 40 ans dans la mauvaise direction, dépenser des milliards, gâcher des régions entières, gâcher des industries et tout ça. Et puis après on décide que tout ça a été une connerie et puis était une mauvaise idée in fine et puis on arrête. Ça laisse un sentiment hameur quand même, parce que tu te dis, ok, on arrête ça maintenant, on arrête cette blague. Mais ça ne m'étonne pas qu'on ait arrêté cette histoire. Ce qui m'étonne, c'est qu'on a été dedans au premier lieu. Donc, évidemment, si on a décidé de revenir dessus, c'est que c'était une mauvaise idée. Mais les politiciens ne sont jamais jugés pour leurs mauvaises idées. entraîner le pays, alors que des gens, ça fait quand même très longtemps que les gens crient que c'est une mauvaise idée, le Brexit, l'Union Européenne. Malgré tout, on la force, on force les peuples, on l'impose au peuple. Et puis un jour, on dit, bon, finalement, vous voulez voter, ben vous votez. Ah, vous êtes contre, ben on sort, puis voilà. Oui, mais on fait quoi de toutes ces années, toutes ces décennies perdues? Voilà, donc c'est vrai que À la fin, tu n'as pas un sentiment de joie, il n'y a pas de feu d'artifice. Ça, c'est le premier point. Le deuxième point, c'est que je reste sur mes gardes parce que, par exemple, en France, vous avez l'euro qui est un symbole fort. qui vous lie à l'Union Européenne, parce que l'Union Européenne, personne ne comprend rien. Il y a des tentatives qui ont été faites ici de demander, même à des hommes politiques, je ne parle même pas de l'homme de la rue, des hommes politiques, leur demander c'est quoi la différence entre le Conseil Européen, entre le Conseil de l'Europe, la Commission Européenne, le Parlement Européen, et puis pratiquement personne ne sait quels sont les prérogatives de quoi et qui fait quoi. D'accord ? C'est un système fait pour être opaque, fait pour ne pas être compris par les gens. Le système a été pensé, si vous voulez, pour que, de manière définitive et permanente, on transfère le pouvoir démocratique des peuples européens vers des instances non élues et opaques, et ça pour l'éternité. C'est fini. Ce qui se passe, c'est que le système est tellement opaque que pour savoir si tu es dedans, Si tu es soumis à ce système ou si tu en es sorti, il faut des éléments tangibles, il faut des éléments tangibles symboliques forts. La France, si elle sort de l'Union Européenne, elle revient, on va dire, au franc français, par exemple. Vous avez un élément tangible. Ici, on n'en a pas, parce que le Royaume-Uni n'a jamais adopté, n'a jamais adopté l'euro, si vous voulez. Donc sur ce plan, ça ne va pas changer. Il y a un autre, par exemple, l'accord de Schengen, qui est un accord très important sur la gestion des frontières et la libre circulation et tout, il n'a jamais été adopté entièrement par le Royaume. Donc ça ne va pas changer sur ce plan-là. Ce qui fait que ma crainte, c'est qu'on soit sorti de l'Union européenne sur le papier, mais que finalement, par un certain nombre d'accords, par un certain nombre de lois, de... Je ne sais pas comment ils peuvent arranger ça, c'est tellement opaque de toute façon que même s'ils le font, personne ne comprendrait rien. On se retrouverait de facto encore en Union européenne. Voilà, c'est un petit peu ça. Je m'inquiète de cette chose-là. Donc on ne serait pas membres officiels, mais membres officieux quelque part. Donc je pense qu'il va falloir rester encore sur ses gardes et pas crier victoire trop tôt. Ça, c'est un point. L'autre point, et ce point-là, je pense, c'est ce point-là par lequel j'aurais dû commencer, c'est ce point-là qui fend toute mon amertume par rapport à cette question-là, c'est qu'aujourd'hui la société est profondément divisée. Si le référendum avait donné avait fait ressortir de manière majoritaire la volonté des gens à rester en Union Européenne, je suis sûr que ceux qui étaient pour le Brexit auraient respecté cette volonté-là. Maintenant, dans le sens opposé, on a quoi ? On a des gens, majoritairement, qui ont voté pour sortir de l'Union Européenne, dans un référendum transparent, démocratique, qui a donné le temps, pendant très longtemps, aux gens d'exprimer leurs positions respectives et de convaincre leur électorat. Tout ce qui peut être dit a été dit. On vote. Le Brexit l'emporte. Et à ce moment-là, il y a un barrage de haineux de l'autre côté. Ça signifie les pro-Europe sont en train de montrer leur vraie couleur. Ça signifie qu'on a de nouvelles générations. qui ont été élevés littéralement dans, entre guillemets, enfin même pas une paire de guillemets, mais mettez-en 50, dans la démocratie européenne, ou la démocratie à la sauce européenne. Et cette démocratie à la sauce européenne, en fait, n'est rien d'autre qu'une tyrannie purée. Ça signifie que pour eux, j'ai des gens qui me disent, on ne doit pas laisser le peuple voter. J'ai des gens de 25 ans qui te disent, qui sont scandalisés, qui ont envie de... Tu vois les larmes qui veulent leur sortir des yeux, tu vois leurs yeux qui vont sortir du crâne en te disant, comment ose-t-on laisser le peuple voter ? Le peuple est ignorant, le peuple ne sait pas. Il faut laisser aux élites, il faut laisser aux hommes politiques la décision finale sur ce qui est bien pour nous, ce qui est mal pour nous. Alors vous comprenez, moi des fois j'ai critiqué des sociétés musulmanes pour leur endoctrinement, et je vois que la société européenne n'est pas mieux en fait. Elle n'est pas mieux. Ils ont endoctriné des générations entières à croire que Dieu est de leur côté. Ça signifie que, regardez, moi, je vous dis, très résumé, très résumé, je respecte les deux positions. Il y a des gens qui font du business avec des pays européens, il y a des gens dont la vie dépend de la relation avec les pays européens, et ceux-là, ils votent naturellement pour rester dans l'Union européenne. C'est une position honorable. Ils ont besoin de nourrir leurs enfants, ils ont besoin de... de continuer ce qu'ils faisaient durant les 30 dernières années, je les comprends et je respecte. Il y a d'autres, comme par exemple les industries de poisson et d'autres qui ont été littéralement mis à genoux. L'Angleterre possédait la plus grande flotte de poissonniers, par exemple, avant. C'est un secteur dévasté. Je comprends que ces gens votent contre l'Union Européenne. Mais ce qui est terrible, c'est que nos amis pro-Europe ont l'impression qu'ils représentent le bien. Il y a leur côté qui est le côté du bien, c'est le côté que Dieu veut, c'est le côté que n'importe quel humain, à leurs yeux, n'importe quel humain normalement constitué devrait soutenir, et tous les autres ne peuvent voter contre l'Union européenne que parce qu'ils sont haineux, ou ils ont des pensées noires envers les autres, ou ils haïssent les autres, ou ils veulent détruire le pays, peuvent pas envisager autre chose. Et ça, c'est absolument horrible. Et je peux vous dire, vous continuez comme ça, même si en France vous réussirez un jour à obtenir un référendum, si vous continuez comme ça, je vous assure que les nouvelles générations vont voter pro-Europe. Et vous allez vraiment être surpris. Ici, ce qui s'est passé, c'est que les anciennes générations, les « vieux » si vous voulez, ce sont ces générations qui avaient entraîné le pays dans l'Union Européenne. Et puis qu'est-ce qu'elles font aujourd'hui ? Elles ont eu l'opportunité de dernière minute. Le référendum est passé de 52%, pas de 90% ou de 80%. 52%. Ça signifie que, par exemple, si Merkel n'avait pas fait sa conduite monumentale et graphique et visuelle et tout ça, si ça se trouve, le référendum aurait choué à 49,8%, d'accord ? Donc, je disais que si vous continuez comme ça, même si un jour vous avez la possibilité de voter, la majorité des gens vont voter pour rester en Union Européenne, pour donner leur souveraineté à une institution non élue parce qu'ils ont grandi dans le culte de cette institution-là et ils ont l'impression qu'ils vont être nus, ils ont l'impression que le pays est terminé. J'ai dû même expliquer à quelqu'un que l'île, ils ne vont pas couper les amarres et l'emmener au milieu de l'Atlantique, qu'elle reste toujours en Europe, qu'elle reste géographiquement en Europe, qu'elle sort, qu'elle cesse de se soumettre, de donner sa souveraineté. à une institution non élue et que les décisions nous concernant ici vont être prises par des hommes politiques qui siégeront à Londres et que nous pourrons sanctionner par des votes que nous pourrons choisir. C'est quoi le problème avec ça ? Il y a des gens, ce que je viens de dire là, d'accord, que en tant que peuple nous avons le droit de déterminer de déterminer nos représentants qui siégeront dans notre pays, dans notre capitale, et qui décideront des lois qui vont influencer notre vie et notre avenir, et que nous pourrons les sanctionner par des votes au cas où nous n'aimons pas leurs lois, que ces lois nous avons un moyen démocratique de les faire annuler si on n'est pas d'accord avec, ou si elles cessent d'être positives dans nos vies, ce que je suis en train de dire là est considéré comme facho par beaucoup. Par beaucoup de jeunes en particulier, ce qui est alarmant. Donc voilà, ça ce sont des jeunes, je vous disais, ce sont des jeunes qui ont grandi dans le culte de la démocratie européenne. Et voilà, c'est assez horrifiant parce qu'en termes de débat démocratique, j'ai l'impression que nous sommes revenus il y a 800 ans en fait. On n'est plus aujourd'hui, on est il y a 800 ans et des gens disent non, il faut laisser le prince décider. Il faut revenir au fait du prince. Il faut littéralement annuler le Magna Carta et laisser le prince faire ce qu'il veut quand il veut. Enfin, c'est même pas le prince, c'est un bureaucrate qu'on connaît même pas. Ça signifie que ce bureaucrate qu'on connaît même pas serait en meilleure position de décider ce qui est bien pour nous. Jusqu'à la puissance de nos aspirateurs, nos lampes électriques, le volume de nos chasses d'eau, voilà. Le moindre détail de notre vie. Enfin. Je vous laisse. En tout cas, le débat prend des tournures très malsaines ici. Je vous assure que je débat plus. avec les gens ici sur ce référendum-là. J'évite de le faire parce qu'il y a des amis qui ne se parlent plus, il y a des familles qui sont éclatées, il y a des gens qui posent par exemple sur Facebook « Est-ce qu'il y a ici dans mes contacts quelqu'un qui a voté pour sortir de l'Union Européenne ? » Et puis ils commencent à éliminer les gens et ils disent « C'est bon, je ne parle plus aux gens ». C'est à ce point, c'est extrêmement malsain, c'est du terrorisme social. Il y a des gens qui ont dit qu'il fallait annuler le référendum, dit c'est la logique, il faut l'annuler, c'est normal. Ils ont même créé une pétition, truquée d'ailleurs, pour créer un autre référendum, ça signifie pour faire voter jusqu'à ce que le peuple décide comme ils veulent eux, et après on bloque plus de référendum du tout. Ou bien d'autres ont dit on s'en fiche, on ne respecte pas la position du peuple, on reste dans l'Union Européenne, on s'en fiche, même s'ils ont 90% à vouloir sortir, on n'en a rien à foutre, on reste en Union Européenne et puis c'est tout. Ces gens sont stupides, ils ne connaissent pas ce qui est bien pour eux. Mais ça prend une tournure extrêmement malsaine. Le risque, si ça continue comme ça, je ne pense pas pour ici, mais je pense pour d'autres pays, c'est qu'un jour, dans 10 ans, dans 15 ans, dans 20 ans, on peut se retrouver avec des pays éclatés en deux, où une moitié veut rester et une moitié veut partir. Avec peut-être guerre entre les deux, parce que ceux qui veulent rester en Union Européenne seraient capables d'aller tuer ceux qui veulent sortir. C'est ça le problème avec les tyranniques, c'est ça. Quand j'étudie l'islam et l'histoire du califat et tout ça, c'est à peu près pareil. On a des califes qui ont massacré des gens, un qui voulait se saouler sur la carabine, un autre qui a violé son frère, un autre qui a décapité je sais pas combien de milliers de gens en une journée, etc. Mais finalement, ces tyrans-là sont défendus, et si tu les critiques, il y a des gens qui sont prêts à te sauter au visage et te trangler de leur propre main. Parce qu'ils sont en train de défendre un tyran. C'est horrible, et je me rends compte que lorsque tu t'attaques au tyran, c'est même pas le tyran lui-même qui est le danger, ce sont les gens qui sont soumis à son dictature, qui se reconnaissent dans sa tyrannie. C'est ceux-là, c'est les pires. Enfin, il y a un proverbe algérien qui dit « Drobe l'azri ou ma drobe sida ». Il dit « L'esclave ne frappe pas son maître ». Ça signifie, ouais, c'est... C'est souvent lui qui est le plus long. C'est lui qui aboie le plus fort. Je vous laisse mes amis et on se voit une autre fois.
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