
Le monologue (vidéo YouTube "UK : Le temps des pénuries") décrit des scènes observées au Royaume-Uni (voiture accidentée laissée avec une amende, stations‑essence fermées avec files d'attente) et relie ces événements à des souvenirs d'Algérie : rumeurs provoquant paniques d'achat, distributions chaotiques (camion‑citerne d'huile), marchés noirs et spéculation. L'auteur critique la logique institutionnelle (ex. amende sur voiture accidentée), explique comment les rumeurs et la spéculation aggravent les pénuries, et met en garde que l'effondrement économique peut précéder des troubles sociaux majeurs.
Et bonjour mes amis. Il paraît que Macron s'est pris un œuf sur la tranche. Le gars a malheureusement fini en asile psychiatrique. Pas Macron en fait, c'est le gars qui a jeté l'œuf. Ils ont eu très peur, ils ont eu très chaud paraît-il au niveau du service de sécurité parce que comme on dit, qui jette un œuf, jette un boeuf. Donc voilà, cette fois-ci c'était l'œuf. Vous savez, je vais vous dire un truc. Je vais vous parler de punirie aujourd'hui et de choses et d'autres. Et pour commencer, je vous parle d'une scène que j'ai vue hier qui m'a attristé, qui m'a choqué. Je vous la partage et vous me dites ce que vous en pensez. J'ai vu une voiture accidentée. Il y avait une voiture qui était complètement cabossée de l'avant. Il y avait de l'eau de l'huile qui coulait par terre. Les phares étaient éclatés. Le capot, voilà, détruit. En fait, elle était garée sur le bord de la route en pleine ville. Elle était vide. Il n'y avait pas les occupants qui étaient là. Je pense que ça correspond à un accident qui a dû arriver quelques heures auparavant. Et vous savez ce que j'ai trouvé triste ? Honnêtement. maîtrisent au niveau civilisationnel littéralement. Il y avait une amende sur le pare-brise. Il y avait une amende sur le pare-brise pour stationnement. Donc voilà, nous sommes réellement dans un système où on a des gens qui, moi, me font peur personnellement. C'est des gens qui travaillent avec un process, qui n'hésitent pas de faire de la prédation, qui n'hésitent pas de... même pas de la prédation, le vautour ne se classe pas comme prédateur. Voilà, on a des gens qui ont perdu leur véhicule, qui ont été peut-être blessés, qui sont peut-être à l'hôpital, et on a un préposé qui travaille pour la mairie, qui trouve rien de mieux à faire que d'aller placer une amende pour stationnement gênant sur le pare-brise. Honnêtement, je peux vous dire, vous savez, je suis le premier à critiquer. Je viens d'Afrique et je suis le premier à critiquer. Vous savez, je n'ai pas de je n'ai aucune je n'ai aucune complaisance. Quand je critique, je critique. Je peux vous dire un truc. Personne ne vous fera ça en Afrique. Personne ne vous fera pas dans un pays musulman. Ils ont beaucoup de problèmes, mais ils n'ont pas ça. Ça m'a profondément attristé. Voilà autre chose. Autre chose. qui m'a suggéré cette vidéo aussi, une autre image, et je commence à voir tous les jours maintenant des images qui me frappent au fond de moi. Il y avait une station d'essence fermée, fermée par des barrières de type jersey en plastique. C'est une grosse barrière placée à l'entrée de la station d'essence. A l'intérieur de la station, il n'y avait personne, c'était vide. Mais elle était fermée. Dehors, il y avait une file d'attente de véhicules qui s'étalait sur 300 mètres. Ils avaient entendu une rumeur qui disait qu'ils allaient ramener de l'essence. À l'intérieur de la station, entre deux pompes était garé un véhicule de police. Vous savez, ça m'a ramené très loin, ça. Quand j'étais petit, quand j'étais ado en Algérie, nous avions régulièrement des... des puneries. Les puneries étaient annoncées par la rumeur en général. Ça veut dire qu'on nous disait, on nous disait dans un café, dans un mariage, dans un enterrement, la radio arabe, tu sais, quelqu'un te dit, un voisin que tu rencontres. On n'avait pas encore les médias sociaux à l'époque. Aujourd'hui, avec les médias sociaux, on a la même chose. La radio arabe est devenue média social. Quelqu'un nous disait, il n'y aura plus de lait. Il parie qu'il n'y a plus de lait. Il parie qu'il n'y aura plus de pommes de terre, qu'il n'y aura plus de poivre ou de beurre, n'importe quoi. Alors, les gens, quand ils entendent cela, ils vont faire quoi ? Ils vont se ruer pour faire des réserves. Et en fait, a posteriori, ils vont justifier la rumeur. Parce qu'après, le produit va commencer à disparaître des étales. Puis après, on ne le voit pas pendant des mois. On consomme nos maigres réserves, mais après, on ne l'a plus, de toute façon. Et après, cette même rumeur, et nous vivons exactement la même chose au Royaume-Uni, cette même rumeur revient et va dire, tu sais quoi, il paraît que tel magasin demain matin, il va ramener du beurre. Alors le lendemain matin, avant l'ouverture, tu vas trouver des gens qui attendent. Tu vas trouver des gens qui font une chaîne interminable pour attendre le fameux produit. Il y a des fois même pire que cela. Des fois, la rumeur ne te dit pas. Des fois, il manque beaucoup de choses. Des fois, tu n'as pas vu de sucre depuis des mois. Tu n'as pas vu de tu n'as pas vu de beurre. Tu n'as pas vu de farine. Tu n'as pas vu de produits de première nécessité depuis très longtemps. Et en fait, la rumeur vient. Elle ne te dira pas demain dans tel magasin, il y aura de la farine. Non, elle te dira demain dans tel magasin, il va ramener quelque chose. Quoi? Je ne sais pas quelque chose. Alors il y a des gens qui vont faire la chaîne pour acheter quelque chose, mais ils n'ont pas la moindre idée de ce que c'est. Et en fait. Souvent, il y a des troubles. Forcément, ici, on a eu des troubles. Nous, en Algérie, j'ai vu des bagarres, j'ai vu des coups de bâton, des coups de poing. J'ai vu ça. Mais en fait, ça n'avait rien à voir avec nous. Ça n'avait rien à voir que le fait que nous sommes africains, parce que je suis ici. Quoique ce n'est pas une référence, on va dire. Mais. Ce que je vois, c'est la même chose. Il y a des bagarres. La police vient en Algérie, la police venait. Ils ramenaient des fois les CRS et tout ça, des coups de bâton, se perdaient. Pareil ici. Et en fait, le magasin ouvre. Et puis, c'est la bagarre. On achète ce qu'on peut acheter ou bien on rentre bredouille parce qu'il n'y a rien ou parce qu'ils ont fini ou parce qu'ils ont tout renversé. J'ai un ami. J'ai un ami. Il est décédé l'année dernière. Il m'avait raconté qu'une fois, l'huile, il travaillait pour la mairie, et l'huile de cuisson avait disparu depuis très longtemps. Et en fait, la mairie avait pu obtenir d'une usine d'huile un camion-citerne. Ils ont pu obtenir un camion-citerne, un petit camion-citerne, quelques mètres cubes. Et ils ont dit, bon, le problème qu'on a aujourd'hui, c'est que, voilà, ils ont dit ça au conseil communal, on a de l'huile, Mais comment on va la distribuer parce qu'on a peur qu'on a peur qu'il y ait de la pagaille, c'est tout. Et en fait, lui, s'est porté volontaire pour créer une distribution. Donc, il m'a raconté, ils ont été face au stade. Il y a un stade. Et puis, ils ont ils ont ramené leur camion citernes. Ils avaient annoncé à la population la veille par voie d'affichage qu'il fallait venir avec des bidons pour acheter de l'huile. Le camion était là. Les gens étaient super ordonnés, il m'a dit, super structurés, ils ont fait une file normale et tout. Au moment où ils ont ouvert les vannes d'huile et que les gens ont vu l'huile, ils l'ont vue de leurs propres yeux, ils ont vu qu'elle était là. À ce moment-là, l'émotion a gagné sur eux et une bousculade sans nom a commencé. Il m'a raconté que la première dame, la première, enfin pas la première dame du pays, la première dame qui était là, qui avait le privilège d'acheter de l'huile, s'est retrouvée couchée sous les robinets qui étaient ouverts complètement. Et en fait, assez rapidement, on est en Algérie, la terre est souvent sèche, c'était l'été, la terre a commencé à absorber l'huile au fur et à mesure que les gens se bagarraient, donc les robinets étaient ouverts et puis les gens se bousculaient, s'est formée une sorte de boue très particulière. Une boue faite non pas de terre et d'eau, comme la boue que nous connaissons. C'était une boue qui était faite de terre et d'huile de cuisson. Cette boue est très glissante et les gens tombaient dedans. Et à terme, avec la bousculade, il m'a dit, je voyais que le camion flottait sur les têtes des gens. Ça signifie que même le camion s'y terne au fur et à mesure qu'il s'allégeait et que les gens poussaient. Le camion semblait de loin flotter sur les têtes des gens le camion glissait dans tous les sens parce que voilà et donc on risque de faire la même chose ici avec de l'essence en fait c'est ça qui m'inquiète et voilà donc la distribution a tourné court l'huile a été perdue comme ça puis voilà elle a fait des flaques et tout donc pour vous dire que souvent en Algérie ces pénuries étaient organisées, il y avait plusieurs raisons derrière. Une des raisons, c'était des raisons spéculatives, parce que quand il y a une pénurie, que ce soit au moment où on arrête le produit, au moment où le produit disparaît, comme au moment où le produit revient, il y a de très forts mouvements sur les prix. Il y a une très forte volatilité sur les prix. Et puis, la demande est complètement perturbée, de sorte qu'il y a des gens qui peuvent lancer... Par exemple, ils peuvent lancer une pénurie sur les œufs, mais ils ont un hangar plein d'œufs qui leur permet d'alimenter un marché noir, parce qu'après, il y a un marché noir. Ici, hier, une dame a tenté de vendre 10 litres de carburant pour 50 livres sur Facebook. Elle a placé sur la Marketplace de Facebook deux bidons de cinq litres chacun, plein de carburant en disant l'équivalent de 50 euros, 5 euros le litre. Vous voyez le truc. Donc là, un marché noir, mais là, c'est une gagne petite. Mais je vous parle de marchés noirs organisés des fois par des gens qui sont bien placés au niveau du pouvoir. Ça ne me surprendrait pas que ce soit pareil ici. Il y a aussi une autre raison pourquoi les puniries sont sans lancée, c'est. Ça permet d'occuper les gens. dans des besoins basiques, primaires. Tu cherches du lait pour bébé, tu cherches de l'eau minérale, tu cherches de l'essence pour ta voiture, tu cherches que des choses de base. Tu ne pourras jamais t'élever. Tu ne pourras jamais réfléchir à la politique, réfléchir à des choses plus loin parce que tu es coincé dans l'immédiat. Tu es coincé à remplir ton frigo, remplir ta table. Tu vois, il y a ça aussi. Ici, nous sommes exactement pareil. Nous sommes en train de conduire les gens d'une pénurie à l'autre, d'une préoccupation à l'autre. Mais toujours des préoccupations de très bas étages, primaires. On décrivait le Liban avec des pannes de carburant monstres. Aujourd'hui, c'est le Royaume-Uni qui fait ça. C'est ahurissant. Et en plus, on a du sang sur les mains. On a tué pour ce carburant, on a causé des guerres pour ce carburant, pour ce carburant puisse couler dans les stations d'essence. Moi, quand je mets du E10, le E10, c'est 90% d'essence et 10% de bioéthanol. Je commets deux crimes. Premier crime, sur le 90%, c'est le fait que pour protéger cette livraison, pour pouvoir permettre à des entreprises d'aller extraire ce pétrole et nous le vendre à prix d'or, il y a des guerres qui ont été commises sous faux prétextes. D'accord, ça c'est le premier point. Sur le 10%, on a affamé des gens, le bio-éthanol. Le bio-éthanol, c'est la voiture qui est en compétition avec des humains qui doivent manger. Et on va aller frapper, on va aller vers des pays, vers des gens qui vivent raclette, qui vivent au niveau de la ligne de nourriture, qui vivent en bas du... qui vivent dans l'octave le plus bas de la chaîne alimentaire. Et on va faire quoi ? On va leur dire, tu sais quoi, cette terre qui produisait, je ne sais pas moi, des pommes de terre ou des carottes ou du blé, on va l'acheter. Parce que nous, aux Occidentaux, on en a besoin. En Occident, on en a besoin. On va l'acheter. On paye le prix, ce n'est pas important. On paye plus cher que toi. On paye plus cher que ta pomme de terre ou ta carotte. et on va produire du bioéthanol pour qu'on brûle dans nos voitures. Et on met des humains en compétition avec nos voitures. Alors nous, on a du E10 et on se sent bien. Et eux, ils n'ont pas de quoi manger, vous comprenez ? On a fait tout ça pour obtenir ce carburant. Aujourd'hui, on n'en a plus à la pompe, vous comprenez ? Et je vois les mêmes, des rumeurs, des rumeurs qui arrivent, des gens qui courent vers une station d'essence fermée, la police qui arrive, prête à les mater si nécessaire. Des rumeurs qui disent c'est fini, des rumeurs qui disent ça revient. Et demain ce sera autre chose. Par contre, je finis sur ça. Je peux vous dire une chose. En Algérie, quand on avait les pénuries, quand on avait cet effondrement économique, il est arrivé à la veille, il était annonciateur d'une guerre civile chine. Ça veut dire que Je pense aujourd'hui, je maintiens l'opinion que, et j'espère me tromper, que des troubles, qu'un collapse, qu'un effondrement économique vient avant ou est annonciateur de troubles sociaux très profonds. Vous voyez le genre ? J'espère me tromper. Mais j'ai déjà vécu cette situation, je l'ai vue. J'ai vu cette situation-là. Et elle a été suivie par ce que vous savez. Voilà, je suis un peu inquiet, vous comprenez tout en espérant me tromper. Je vous laisse, mes amis, en tout cas, merci de m'avoir écouté jusque là et je reviendrai en des jours et en des heures meilleures. J'espère qu'on pourra se voir dans des heures meilleures. A bientôt.
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