
Vidéo analysant les causes techniques et contextuelles de l'incendie mortel d’Apollo 1 (27 janvier 1967). L'auteur reconstitue les conditions de la répétition au pas de tir — capsule fermée, atmosphère enrichie en O2 à ~1,2–1,4 atm, problèmes de communications, pièces et graisses laissées à l’intérieur, fuites de glycol de refroidissement — et propose que l’oxygène pur à haute pression a favorisé l’oxydation/‘craquage’ de lipides/greases et du glycol, produisant des composés volatils à l’odeur de lait caillé puis un feu fulgurant. Le récit évoque aussi la chaîne de responsabilités (contracteurs, culture de sécurité des années 60) et les conclusions de la commission sénatoriale (feu très rapide ~25,5 s, température ~500°C).
Pour bouillir cette chose, il nous faut une température de 357°C. Pour votre information, 351°C je crois. Pour votre information, le plan qui est un métal, qui est un bloc de plan à des liaisons métalliques, Vous savez à quelle température il devient liquide, lui ? Il devient liquide à 327°C. En d'autres termes, je suis en train de vous dire qu'il est plus facile de liquéfier du plomb, de faire fondre du plomb, que de faire bouillir l'acide palmitique. Vous voyez le truc ? C'est énorme. C'est pour ça qu'ils n'ont pas d'odeur. Sauf que, quand on compte ce que vous allez écouter aujourd'hui dans cette vidéo, n'a été abordée dans aucun livre, article de journal, n'a été abordée par aucun canal YouTube ou autre, ou documentaire. en français, en anglais ou dans toute autre langue. Donc c'est vraiment quelque chose de très nouveau que j'aimerais partager avec vous et on va voir où cela va nous mener. Donc, nous sommes en 1967, en janvier, et on a une répétition sur le pas de lancement de la NASA en Floride. On a une capsule qui est installée au bout d'une fusée. C'est une fusée de type Saturn A-B. La fusée n'est pas importante parce qu'elle n'est pas censée décoller ce jour-là de toute manière. pour des raisons de sécurité. On a vidé le carburant de la fusée. Elle est vide. Le réservoir, il n'y a rien dedans. Et on a aussi désactivé des boulons explosifs parce que quand ces fusées décollent, à un moment donné, elles vont commencer à perdre leurs étages au fur et à mesure qu'elles en finissent le carburant, mais aussi le cycle de vie des moteurs qui n'est que de quelques minutes en réalité. Donc, elles vont jeter des étages et ceci se fait par l'explosion d'un certain nombre d'écrous. Ces écrous peuvent couper un homme en deux. C'est pour ça qu'ils ont été désactivés ce jour-là. C'est toutes les mesures de sécurité qui ont été adoptées. Et on a, à la tête de cette fusée, on a une capsule dans laquelle trois hommes vont se mettre. On a trois hommes, Grissom, Chaffee et White. Ils sont là-dedans. Et ils doivent faire des répétitions. Ça signifie qu'ils doivent aller à travers un certain nombre de manœuvres qui simulent un décollage, une mise en orbite, ils doivent répéter tous les process de communication, quelle switch il faut toucher, s'il y a telle chose qui ne marche pas, qu'est-ce qu'on fait, tout ça. C'est des répétitions en simulateur on va dire. Ils rentrent donc dans cette capsule et on va les enfermer dedans. Ça signifie qu'il y a un sas assez compliqué. Le plus important, il faut savoir qu'il est très difficile à ouvrir, que ce soit de l'intérieur ou depuis dehors. Il faut pas mal de manœuvres pour qu'on puisse l'ouvrir. Il faut plusieurs minutes en général. Donc, il rentre à l'intérieur de cette capsule. C'est une capsule qui est extrêmement étroite. Ils sont couchés dedans, ça signifie, si vous voyez ces sièges là qui sont derrière moi, vous pouvez imaginer que le dossier est horizontal. Le dossier est horizontal et la partie sur laquelle on s'assoit, elle est verticale. Ça signifie qu'ils sont littéralement couchés. Pourquoi couchés ? Parce que c'est quelque chose qui est maintenu jusqu'à aujourd'hui dans les décollages des fusées, parce que c'est des fusées qui sont extrêmement brutales en nombre de jets, et puis l'humain peut plus facilement supporter ces nombres de jets s'il est couché que s'il est assis, par exemple. Donc, ils sont couchés là-dedans et ils sont très à l'étroit. Il y a un tableau de bord qui descend très proche de leur corps, de leurs yeux. Et puis, ils sont engoncés dans des tenues très compliquées, avec des tubes qui ramènent de l'oxygène, des casques, des systèmes de communication, tout ça. Donc, c'est quelque chose qui donnerait de la claustrophobie à une taupe, on va dire. On les enferme et commencent donc à travailler sur leur simulation. Assez rapidement, les problèmes vont commencer. Parmi les problèmes, c'est la communication. Ils n'arrivent pas à communiquer correctement. Ça signifie que la radio, des fois, elle marche, des fois, elle ne marche pas. Des fois, le micro reste ouvert. Il y a des parasites. On ne se comprend pas. D'ailleurs, l'un des derniers mots de Gus Grissom, le chef de mission, il a dit « Eh les gars, On n'arrive même pas à communiquer entre deux hangars. Comment voulez-vous qu'on aille sur la Lune ? Parce qu'il faut savoir une chose, cet équipage était extrêmement critique envers le programme Apollo et envers les avancées de la NASA, et en particulier le travail fourni par des contracteurs. La NASA, comme énormément d'agences spatiales, où on trouve la même chose chez les constructeurs d'avions, C'est un système de contractors et de sous-contractors à tir larigot. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que tout simplement, la NASA va signer des accords et on trouve sur le site, on trouve North American Aviation qui ont fabriqué d'ailleurs cette capsule, on va trouver Boeing, on va trouver Grumman, on va trouver Douglas, plein de compagnies dont certains noms résonnent aujourd'hui même dans le milieu de l'aviation. qui participent donc à la fabrication chacune d'un des éléments de ce projet. Ces astronautes n'étaient pas contents du tout. Rien qu'au niveau nord-américain, si on regarde la liste des doléances, les problèmes qui étaient ouverts par rapport à cette capsule, il y en avait plus de 680. Il y avait plein de choses, plein de détails qui avaient été signalés, qui avaient été remontés par les astronautes et d'autres techniciens, mais qui n'ont jamais été vraiment adressés correctement. Et on a une photo que j'aimerais vous montrer, parce que nous connaissons tous la photo traditionnelle, classique, ils arrivent, sont devant un studio, il y a un éclairage, il y a un photographe, et on prend les astronautes en photo avec leur tenue. C'est cette photo qui sera en général distribuée à la presse et qui finira dans des livres et dans des articles. Mais il y a une autre photo un peu moins connue, qu'ils ont pris le même jour où ils ont pris la photo officielle. On voit ces trois astronautes. ils ont posé la maquette de la capsule, Apollo 1, et puis ils l'ont encerclée, l'ont entourée, et puis ils font mine de prier. Ils sont comme ça, et ils font mine de prier. Et quand on regarde la photo, on réalise qu'ils s'empêchent de rire. La photo a été adressée spécialement à Joseph Shia. Joseph Shia, c'était le responsable du programme des vaisseaux spatiaux. de la NASA. Ils lui ont envoyé cette photo pour lui dire, on en a ras le bol, on a atteint un niveau. Aujourd'hui, on considère que rien faire d'autre que de prier et espérer que les choses vont fonctionner. Ce jour, le 27 janvier 1967, le jour du drame, ils étaient, je vous disais, les trois dans cette capsule extrêmement petite. Soudainement, il y a une odeur très particulière qui les frappait. Cette odeur n'a jamais été expliquée. C'était l'odeur du lait tourné, un lait caillé tourné. Et ils ont signalé cela. Et l'odeur de ce lait tourné était suffisamment forte pour qu'ils en parlent à la radio, pour que l'exercice soit interrompu et que des techniciens reviennent sur le SAS, ouvrent la porte ou le hublot ou ce que vous voulez de cette capsule, et commence à sentir à l'intérieur, commence à jeter des regardées et se pose la question d'où vient cette odeur ? Donc c'est quelque chose qui est assez fort. Cette odeur n'a jamais été investiguée et pourtant il est possible qu'elle joue un rôle important dans ce drame. C'est-à-dire, une fois que les techniciens partent, ils referment la capsule et on va envoyer de l'oxygène. on va envoyer de l'oxygène à une pression de l'ordre de 1,2 à 1,3 à 1,4 atmosphère. Pression très élevée. On est au-dessus de la pression atmosphérique et on est sur de l'oxygène pur. Tout le monde sait ça. Quand on parle d'Apollo 1, tout le monde sait que la capsule était gonflée à une pression plus qu'atmosphérique à l'oxygène pur. Personne ne dit pourquoi. Aujourd'hui, on va tenter une explication pour comprendre. Et on va aussi essayer de mettre cela en relation avec l'odeur du lait caillé et essayer de voir si les choses collent ensemble comme elles devraient coller. C'est la réalité. Il faut que les choses collent ensemble, même si le résultat est épouvantable. peut-être choquant, mais il découle logiquement et il découle forcément des prémices techniques qui sont en place. Alors, premièrement, pourquoi on a gonflé à l'oxygène à ce niveau-là ? Pourtant, c'est connu, un écolier pourrait vous dire que c'est très dangereux parce que, regardez, nous vivons dans de l'oxygène, aujourd'hui, nous vivons dans de l'oxygène à peu près à 0,2 atmosphère. Si on est au niveau de la mer, l'air que nous respirons, il est grosso modo autour à une atmosphère. Un cinquième de cette pression est liée à l'oxygène. Il y a un théorème, la théorie des gaz parfaits, qui dit que lorsqu'on a un certain mélange de gaz, par exemple l'azote, l'oxygène, chacun participe à hauteur de sa présence ou de sa proportion à la pression totale. Donc, si nous sommes au niveau de la mer, qu'on a une atmosphère de pression, eh bien, 20% de cette atmosphère-là, de cette pression-là, est liée à l'oxygène. Donc nous, physiologiquement, il nous faut, en général, 0,2 atmosphère d'oxygène pour pouvoir respirer. Donc, on va peut-être essayer d'écrire un petit peu, n'est-ce pas ? Donc, 0,2 atmosphère d'oxygène. on a 0,2 atmosphère d'oxygène, de O2, d'accord ? C'est ce qu'il nous faut, grosso modo, pour respirer. On peut s'en sortir avec un peu moins, mais on a des limites, et surtout, si on est sur le long terme, si on descend trop en dessous de ça et qu'on s'inscrit sur une durée, parce que ces missions durent des jours et des jours, ça peut commencer à devenir un problème. Donc, c'est ce qu'il nous faut, 0,2. Alors, la question, c'est pourquoi les gaz sont retrouvés à 1,3 atmosphère de O2. Pourquoi ? Pourquoi autant ? C'est énorme ! Le risque, avec un oxygène aussi concentré, c'est le risque d'incendie. C'est-à-dire que l'oxygène, déjà à notre niveau, à 0,2 atmosphère de pression partielle, peut déjà entretenir un incendie. On peut avoir une maison qui brûle, une voiture qui brûle, ou plein de choses, juste avec 0,2. plus on augmente la concentration d'oxygène, plus il y a des réactions chimiques qui sont peut-être inimaginables, qui commencent à devenir possibles. Exemple, si je prends un croissant, un croissant, et je prends un briquet et je tente de l'allumer, dans l'atmosphère normale, il ne va pas prendre feu. À la rigueur, je vais voir de temps en temps la pâte feuilletée se consumer, elle contient du beurre normalement, elle commence à se consumer et elle s'arrête tout de suite. Si je prends le même croissant dans de l'oxygène pur, il va prendre feu. Il peut, selon les choses, même exploser. Il peut prendre feu, devenir extrêmement chaud et même exploser. Beaucoup de réactions chimiques inimaginables en temps normal deviennent soudainement possibles et très accélérées en condition de grandes concentrations d'oxygène. Alors, mettre des humains dans 1,3 atmosphères d'oxygène, Ce n'est pas quelque chose qui se fait. De nos jours, je peux dire que sur Terre, il n'y a aucun humain, à ce stade, au moment où je mets sous presse, qui est dans 1,3 atmosphère d'oxygène pur. Ça n'existe pas. Qu'est-ce qui les a pris à faire ça ? Alors, je vous raconte. Il y a une justification que personne ne donne, elle est un peu exclusive à ce canal, mais on va voir, je vais vous la donner telle qu'elle, et vous allez voir qu'elle tient potentiellement la route, et je dis ça toujours avec, vous savez toujours, avec les précautions, n'est-ce pas, sémantiques nécessaires. Regardez. J'ai ma capsule, ça ressemble à une sorte de section conique comme ceci, n'est-ce pas, qui va aller dans l'espace, qui doit aller dans l'espace. Dans l'espace, c'est quoi la pression d'or ? La pression dans l'espace est de zéro ou non mesurable. Dans l'espace, on a zéro. Ça, c'est la pression d'or. Si on a de la pression à l'intérieur, mettons qu'on veuille leur fournir une atmosphère de pression à l'intérieur. Ça nous fait quoi comme ΔP ? C'est quoi le Delta P ? Le Delta P est une atmosphère, forcément. Dehors, c'est zéro. Si vous regardez dans un avion de ligne, par exemple, il y a un Delta P. Sauf que le Delta P n'est pas par rapport à une pression qui est nulle à l'extérieur, mais à une pression qui est quelque chose. Même si elle est faible, elle est toujours là. Exemple, vous prenez un Boeing qui vole au niveau 300. C'est facile à retenir. Il y a 300 hectopascales, ou 300 millibars, ou 0,3 atmosphère, si vous le souhaitez, à l'extérieur. On n'a pas zéro dehors. On peut le pressuriser, mais le ΔP, il faut le comparer par rapport à la pression qu'il y a dehors, pas par rapport à zéro. Or, dans l'espace, comme il y a zéro, les ΔP deviennent vite énormes. Donc, qu'est-ce qu'on a fait ? Ça, dans la capsule, ce n'était pas possible. Ça, c'était pas envisageable. Pourquoi ? Parce que si on voulait une atmosphère à l'intérieur, il aurait fallu renforcer la capsule tellement, n'est-ce pas ? La faire tellement épaisse et tellement solide, qu'on aurait peut-être pas pu la lancer. Elle aurait été trop lourde. Donc, on s'est dit, dès le départ, les gens à l'époque, dans les années 60, se sont dit, la capsule Apollo, on va pas pouvoir la lancer avec une atmosphère à l'intérieur. Donc, qu'est-ce qu'on va faire ? Ben, on va essayer de tricher. On triche comment ? On se dit ceci, on se dit que L'humain a besoin de combien pour respirer ? D'air, en pression partielle d'air, d'oxygène plutôt. Il a besoin de 0,2. Bon, s'il a besoin de 0,2, voilà, ça nous donne un plan d'attaque. On peut peut-être réfléchir à ça. Qu'est-ce qu'on va faire ? Au lieu de mettre de l'air dans la capsule, ça signifie un mélange d'oxygène et d'azote, on va mettre autre chose. On va mettre de l'oxygène pur. Voilà. Si on met de l'oxygène pur, maintenant, on n'a plus besoin de monter une atmosphère. on peut nous en sortir avec une pression beaucoup plus faible. Par exemple, on va mettre 0,3. 0,3, c'est déjà une fois et demie, c'est déjà 50% de plus que ce qu'on a dans l'atmosphère. Donc vous voyez, c'est élevé. 0,3, c'est quand même suffisamment élevé. Pourquoi pas 0,2 ? Alors 0,2, c'est très difficile à vivre à 0,2, c'est un peu just, mais il y a une autre raison aussi qui justifie pourquoi on a probablement augmenté la pression d'oxygène, on a mis plus d'oxygène que 0,2. Une des raisons, c'est qu'on n'a pas envie, par exemple si on est dans une capsule et qu'on respire comme ça, on va émettre de la vapeur d'eau. La vapeur d'eau va venir participer à la pression ambiante. Si on veut maintenir une pression de 0,2 et qu'on a de la vapeur d'eau qui arrive, de la sueur qui s'évapore, de la respiration et tout ça, plus le CO2 qui va rentrer dans la capsule le temps qu'il soit capturé, ceci peut en réalité venir abaisser la pression d'oxygène. Donc si on veut viser 0,2, on peut se retrouver facilement à 0,18 ou à 0,17. Donc il vaut mieux rajouter. Il y a aussi une autre raison. Si vous prenez un Airbus ou un Boeing et que vous le faites voler en dépressurisé à haute altitude, admettons que vous avez envie par expérience de prendre un Boeing, admettons, prenez un 737, laissez un hublot ouvert, décollez, allez au niveau 350 et dites, de toute façon, je m'en fiche, j'ai un masque à oxygène. Vous mettez un masque à oxygène et tout ça, bon voilà, j'ai un masque à oxygène, je vole au niveau 350. Qu'est-ce qui peut arriver ? C'est quoi le danger avec ça ? Pas un danger physiologique. Vous respirez, vous avez un casque, vous avez même de l'oxygène sous pression, tout ça. Vous respirez, vous avez une grosse veste et tout, ça va. Il n'y a pas de problème. C'est quoi l'autre problème qui peut arriver ? Le problème qui peut arriver pour un avion de ligne qui vole, et ça a été vu dans certaines situations, d'avion de ligne qui vole en dépressurisé à haute altitude pendant longtemps, c'est la surchauffe des instruments, c'est la surchauffe des équipements. Pourquoi ? Parce que si vous êtes dans un avion, vous avez des appareils, des radios, des radars, des systèmes de navigation, des instruments, tout ça, et tout cela dégage de la chaleur. Ils sont refroidis comment ? À l'intérieur, ils ont des ordinateurs, ils ont des hélices, Ils ont des hélices, comme l'hélice du processeur de votre ordinateur. Si vous montez votre ordinateur dans un Airbus ou un Boeing dépressurisé, mettons niveau 350, que va-t-il arriver à l'ordinateur ? Il va surchauffer et s'éteindre. Pourquoi ? Parce que le ventilo est en train de brasser du vide. Le ventilo est fait pour brasser de l'air. qui ira sur les équipements. Or, s'il n'y a pas d'air, qu'est-ce qu'il va faire ? Il va surchauffer. Le ventilo va tourner très vite dans le vide et votre équipement va surchauffer. C'est pour ça qu'il faut une certaine quantité de pression dans la cabine. On va monter à 0,3. C'est quoi le Delta P ? Non, cette fois-ci, c'est 0,3. Vous voyez ? Voilà, c'est sympa. On a un Delta P de 0,3. Maintenant, on va parler encore plus dans une seconde du refroidissement des équipements dans ces capsules. Mais déjà, on peut avoir une idée. Pourquoi ils sont montés ? Pourquoi ils ont injecté 1,2, 1,3 bar dans la capsule ? Pourquoi ? La réflexion était la suivante. Probablement, un technicien qui travaillait là, ou des techniciens, ont fait le raisonnement suivant. Le raisonnement, c'était Oui, sauf que dans l'espace, en orbite, on a un ΔP de 0,3. Comment on fait pour obtenir un ΔP de 0,3 au sol ? Comment je fais pour obtenir un ΔP de 0,3 au sol alors que j'ai dehors une atmosphère ? Eh bien, logiquement, on envoie 1,3 atmosphère de pression à l'intérieur de la capsule. C'est logique. Voilà, ça tombe sous le sens. C'est pour ça que la capsule était gonflée, à mon sens, au-dessus de la pression atmosphérique. C'était pour obtenir ce ΔP. Sauf que ça, c'est la réflexion d'un physicien. C'est pas du tout la réflexion du chimiste. Parce que le physicien réfléchit en termes, bon, j'ai besoin d'un ΔP de 0,3. Ok, dehors, j'ai une atmosphère. À l'intérieur, tu me fous 1,3. Puis voilà. Et on a notre ΔP. Mais il ne réalise pas une chose. Ils ne réalisent pas que sur le plan chimique, on a changé complètement de dimension. On est passé de 0,3 qu'on est censé avoir dans l'espace, on est passé à 1,3. Vous voyez, de 0,3, on est passé à 1,3. en termes de présence d'oxygène dans la cabine. Ça signifie qu'on a multiplié ça, on a multiplié à plus que 4. On a multiplié par un énorme facteur. Donc ça, ça peut poser un souci sur le plan de la réactivité chimique. Déjà, à 0,2, il faut faire gaffe. On peut avoir des incendies très violents à 0,2. À 0,3, il faut quand même faire gaffe parce que là, à 0,3, les incendies sont encore plus violents qu'à 0,2. Mais alors à 1,3, là c'est la folie. Là on a ouvert la porte de l'enfer. Maintenant, essayons d'expliquer autre chose. Essayons d'expliquer autre chose. A un moment donné je disais, en début de vidéo, que les astronautes ont commencé à se plaindre. Ils ont commencé à dire Les gars, on a un problème, il y a une odeur, une odeur qui arrive. C'est une odeur de l'écailler, de l'étourner, une odeur très caractéristique. Les humains sont par nature, dans leur gène, dans leur ADN, sont programmés pour reconnaître un certain nombre d'odeurs, même quand elles sont présentes en partie par milliards, en très faible quantité, quantité infime. Pourquoi ? Par exemple, cette odeur de lait tourné, quand elle est soit sentie par le goût ou sentie par le nez en très faible quantité, elle signale que cette nourriture, elle est avariée. Cette nourriture a tourné. Cette nourriture peut te rendre malade. Donc, c'est pour ça que très, très tôt, depuis toujours, l'humain a eu cette capacité à détecter ce genre d'odeur. Donc. On a une chose, on a la situation suivante, regardez. On a l'odeur du lait tourné. On a l'odeur. On a une odeur. Plus on a de l'oxygène à très forte concentration. Et on va faire un raisonnement par régression. On doit trouver ça. Alors ça, c'est souvent la manière de réfléchir dans des investigations. Vous regardez n'importe quel roman policier, je ne sais pas, vous commencez par exemple par Colombo, l'inspecteur Colombo qui cherche à trouver le criminel. C'est toujours un raisonnement à partir d'un résultat. On a une victime, elle est là, le gars est là, il est mort dans son garage. A partir de là, il faut qu'on remonte et trouver les éléments qui permettent d'expliquer tout ça. Donc c'est un raisonnement par agression. Donc ce qu'on a, ce qui n'est pas négociable, c'est l'odeur du lait caillé. Ce qui n'est pas négociable, c'est l'oxygène en forte concentration. Maintenant, essayons de trouver des éléments qui permettent justement d'expliquer tout ça. Plus, bien sûr, ce qui n'est pas négociable, C'est le feu. OK, c'est le feu. Donc, si on regarde les patients en oxygénothérapie dans les hôpitaux, par exemple, il y a une chose qui est interdite dans l'oxygénothérapie. C'est des crèmes grasses. Quelqu'un, il respire après le masque, il a les lèvres qui s'en sèchent. On n'a pas le droit de dire attends, je vais te mettre un peu de crème grasse. Ce n'est pas possible parce que la crème grasse, potentiellement, elle peut prendre feu dans une atmosphère enrichie d'oxygène. Ce qu'on n'a pas le droit de faire aussi, on n'a pas le droit d'utiliser dans les tubulures et tout ça, on n'a pas le droit d'utiliser des lubrifiants gras. Si par exemple on est dans un circuit d'oxygène et puis il y a un écrou écalcitrant, on n'a pas le droit de venir avec une boîte, un pinceau et puis mettre un peu de gras par dessus. Parce que ce gras là peut facilement réagir avec l'oxygène. Sauf que, nous sommes dans les années 60. Dans les années 60, y compris à la NASA, ils avaient de la sécurité et des conceptions extrêmement barbares. C'était une époque où on faisait de la moto sans casque. Une époque où, à la mode, on avait des rideaux avec des fibres d'amiante qu'on installait dans les maisons. C'était une époque où on roulait sans ceinture de sécurité. Une époque où on mettait du plomb Du plomb tetra est-il dans le carburant ? Plus tard est arrivé ce qu'on a appelé le carburant sans plomb, qu'on utilise jusqu'à aujourd'hui comme terme, carburant sans plomb. Pourquoi ? Parce qu'à l'époque, il y avait du carburant avec plomb. Et il était tellement toxique que selon la loi, certains endroits au bord des routes sont considérés, la terre là, si on la ramasse à la pelle, est considérée comme un déchet extrêmement toxique et très réglementé et qui doit être détruit ou qui doit être jeté ou recyclé d'une manière très particulière. Donc, c'était une époque où on fumait dans les avions, par exemple. Vous rentriez dans un avion. Ça a continué jusqu'à dans les années 80, 90. L'histoire de fumer dans les avions, dans un avion, c'était complètement... Les gens fumaient dans un avion. Donc, la conception de la sécurité à l'époque n'était pas extrêmement bonne. Donc, il faut tenir compte de cet aspect culturel. Revenons à notre histoire. Ils viennent d'où ? Elle vient d'où l'odeur de lait tourné ? L'odeur de lait tourné vient en général de l'oxydation de lipides, des gras qui sont oxydés. Ils sont oxydés en général en présence d'oxygène, avec peut-être un catalyseur métallique. Pour les métaux, ça ne nous manque pas dans cette capsule. Mais c'est quoi comme gras ? Qu'est-ce qu'on a comme gras ? Qu'est-ce qu'on peut dire ? C'est quoi le fait de sentir les gras ? Je vous raconte. Les gras, sont généralement faits de chaînes longues. C'est des chaînes carbonées longues, c'est des acides en réalité, mais qui ont des chaînes très longues. Prenons par exemple un inconnu, l'acide palmitique par exemple, on le trouve même dans le lait. L'acide palmitique, il a combien de carbone ? L'acide palmitique, c'est 16 carbone quand même, c'est beaucoup, c'est énorme. Donc l'acide palmitique, on peut dire ça comme ça. je prends un carbone, je vais prendre ici, je ne vais pas dessiner les 16 parce que ça nous entraînerait pendant très longtemps dans cette vidéo, donc je vais faire ça, ok, et puis après j'ai un autre. Et puis j'ai ça, le groupe acide caractéristique. Et ça, vous voyez, j'en ai 14 ici. Donc ça fait un carbone, 14. Donc ça fait 15. Et puis là, j'ai 16. Donc ça, vous imaginez que ça, c'est du CH2 qui se répète 14 fois au milieu. Donc ça, c'est l'acide palmitique. C'est une chaîne tellement longue que vous pouvez l'envisager Comme un plat, une fois qu'on en a beaucoup, elles vont s'agglomérer les unes aux autres. Vous pouvez l'imaginer comme un plat de spaghettis qui est froid depuis la veille. Ça crée une masse, ça crée un bloc et les spaghettis vont rester connectés les uns aux autres. Quand on veut les jeter, on retourne la casserole et ils tombent tous en bloc. C'est pareil au niveau de ces molécules. Donc l'acide palmétique, fondamentalement, il n'a pas d'odeur. Pourquoi il n'a pas d'odeur ? Parce que pour avoir une odeur, il faut avoir de la volatilité. Si je prends un produit, je ne sais pas, je n'en ai pas ici pour vous montrer, mais si je prends un parfum ou un alcool ou autre, pourquoi on le sent ? Pourquoi on le sent ? Pour le sentir, il faut que ces molécules viennent vers nous, montent dans l'air et arrivent dans notre nez. Et là, notre nerf olfactif va choper ça et puis il va déclencher la sensation d'odeur. Donc, il faut que la chose soit volatile. Comment on évalue la volatilité des choses ? Comment on évalue la volatilité ? La volatilité, on l'évalue par rapport à la température d'ébullition. C'est très simple. Plus la température d'ébullition est élevée, moins la chose est volatile. Si vous prenez une essence florale, mélangée avec un alcool et un truc comme ça, et que la température d'ébullition est de 60°C, vous imaginez bien qu'à température ambiante, mettons qu'il fasse 20°C, vous êtes déjà assez proche de la température d'ébullition. Donc à ce moment-là, vous allez bien la sentir. Alors que si quelque chose a une température d'ébullition élevée, Vous n'allez pas du tout la sentir du tout. Il faudra vraiment, vraiment la chauffer ou la craquer pour la sentir. Donc, repartons sur notre histoire ici. C'est quoi la température ? Celui-là, à température ambiante, il est en bloc. Il est solide. Vous savez à quelle température on le fait bouillir ? On le fait même pas bouillir. Bouillir ou fendre ? C'est une bonne question. Bouillir ou fondre ? Je parie sur fondre. Non, ce n'est pas fondre, c'est bouillir. Non, je parie sur bouillir. Donc, si je me trompe, je corrigerai durant le montage. Si je ne me trompe pas, vous allez voir ce que vous êtes en train de voir maintenant. Là, quand on commence à casser ces molécules, on les casse comment ? Il y a plusieurs manières de les casser. Il y a des bactéries qui les cassent, par exemple. Il y a des microbes qui sont capables de les casser. On peut les casser chimiquement, on peut les casser enzymatiquement. Il y a pas mal de... Le rancissement... Le rancissement, il y a au moins cinq méthodes, cinq chemins, tous acceptés et tous documentés, pour obtenir du rancissement. Ça veut dire quoi ? C'est le craquage, comme pour le pétrole, par exemple. Le pétrole, c'est des chaînes longues, et après, il y a un craquage qui se fait par exemple par la présence d'enzymes et de catalyseurs et tout ça, qui va casser de longues molécules en petites molécules. La règle, en général, c'est quand on casse des grandes molécules et on les casse en petites molécules, les petites molécules ont une température d'ébullition toujours plus faible que celle de leurs parents, que celle des grandes molécules, et donc elles sont plus volatiles et on commence à les sentir. Vous voyez l'idée ? C'est ça. C'est pour ça qu'on sent le lait qui a tourné. Pourquoi il a cette odeur particulière ? Pourquoi le beurre aussi ? Vous avez le beurre qui a tourné comme ça. On sent, on n'a pas besoin de sentir de loin. Là, on a des chaînes grasses beaucoup plus courtes. Ces chaînes grasses beaucoup plus courtes sont volatiles, ont une odeur. Elles ont une odeur désagréable. Vous voyez l'idée ? C'est ça. reprenons notre histoire, revenons dans notre Apollo 1, que s'est-il passé ? Probablement, on est en train de faire de l'archéologie, donc ce que je dis est peut-être vrai, peut-être pas vrai du tout, mais ça colle avec les événements tels que nous les connaissons, ce qui donne quand même pas mal de crédit à la thèse. Regardez. On a deux options, deux options qui se dégagent ici. La première option, c'est qu'on a utilisé un gras à l'intérieur de la cabine. Ça signifie qu'à l'intérieur de la cabine, quelqu'un, en bricolant, il a utilisé du gras quelque part. Il voulait faire coulisser un panneau, ça ne glissait pas. Allez, on y va. Un coup de gras. Ou bien pour dévisser un truc, quelque chose de récalcitrant, je prends le pinceau. Allez, du gras dessus. Voilà. Ce gras, réagissant avec 1,3 atmosphère d'oxygène, commence justement à se dégrader. Surtout qu'il est sur du métal. Beaucoup de métaux peuvent servir de catalyseurs chimiques. Donc on a un craquage, on a une dégradation de cette graisse qui est quelque part. Elle va faire quoi ? Elle va dégager des molécules qui sont volatiles, qui ont une odeur particulière, désagréable. Les astronautes le sentent et disent « c'est quoi ce truc ? » Ça, ça peut être un élément d'origine. L'autre élément qui est assez similaire, par ailleurs, c'est qu'en réalité, dans l'espace, dans ces cabines-là, dans ces capsules, une des techniques de lutter contre l'incendie, si jamais il y avait un incendie qui se déclarait, les astronautes mettent leur casque, leur tenue, tout ça, comme ça, ils peuvent respirer. Et ils font quoi ? Ils ouvrent, ils ventilent la capsule vers l'espace. Que se passe-t-il ? la pression à l'intérieur de la capsule tombe à zéro, elle est la même que dehors dans l'espace, et que se passe-t-il ? Le feu, s'il y a un feu potentiel, il va s'arrêter. Il n'a pas le choix, il n'a pas d'oxygène, il n'a pas d'air, il n'a rien, il est obligé de s'arrêter. Ceci, lié aussi à la faiblesse de la pression à l'intérieur de la cabine, fait qu'il y avait un défi pour refroidir les équipements électroniques qu'il y avait à l'intérieur de la cabine. Il faut savoir qu'ils ont des radios, ils ont des radios émetteurs très puissants, ils ont des radars, ils ont plein de systèmes, des ordinateurs. Quand on dit ordinateurs, à l'époque, ça voulait dire quelque chose. Donc, ça chauffe. Il fallait les refroidir. Donc, ce qu'ils faisaient, c'est ce qu'on appellerait aujourd'hui du watercooling. C'est une mauvaise expression, le watercooling, parce que ce n'était pas du watercooling. On ne les faisait pas refroidir à l'eau, on les faisait refroidir à ce qu'on appelle aujourd'hui l'antigel, le glycol. Le glycol, c'est ça. Le glycol. C'est une sorte de double alcool. Si je dessine juste ça, juste ça, OK ? Ça, c'est l'alcool éthylique. Tout le monde connaît l'alcool éthylique qu'il y a dans l'alcool. C'est un des rares alcools qui ne soit pas toxique. Enfin, à faible quantité, par ailleurs. C'est pour ça qu'on peut se faire tuer avec de l'alcool. Il y a des gens qui tombent dans un coma éthylique et ils meurent parce que l'alcool éthylique est juste moins toxique que les autres. Il est toxique lui aussi, mais moins que les autres. Donc lui, il tue en grande quantité. C'est pour ça qu'on l'utilise dans les boissons alcoolisées. Donc ça, c'est l'alcool éthylique. Ça, c'est le glycol. On a deux groupes alcool. OH, le OH, OH, c'est caractéristique de ce groupe alcool. Donc, le glycol, dit aussi antigel, on le trouve dans les radiateurs de voitures et très souvent utilisé comme liquide d'enfroidissement. Et l'avantage qu'il a, c'est que si la température vient à tomber en dessous de zéro, il ne va pas se congeler si facilement que ça. Il a une température à laquelle il se congèle. Je ne l'ai pas en tête là. Je ne l'ai pas en tête. Je ne sais plus. Ne me citez pas parce que je parie sur du moins 30, je parie sur du moins 20, moins 30. Ouais, à voir. Mais c'est quelque chose que je vais vérifier par la suite. Mais juste là, on est, je vous dis ça comme ça. Donc, le glycol. Le glycol. Il a, j'ai vu des données selon lesquelles certains équipements refroidis ou glycol dans la capsule Apollo. ils avaient commencé à pisser le glycol, ils avaient commencé à avoir des fuites. Donc la fuite de glycol coule et va couler sur du métal et tout ça. En atmosphère enrichie d'oxygène, ils risquent de faire quoi ? Ils risquent de réagir avec l'oxygène. Il y a une possibilité de réaction. On a une réaction dans un environnement riche en oxygène, catalysée par du métal. Donc ça donne quoi la réaction de l'oxygène avec le glycol ? Alors ça peut donner ceci, ça peut donner l'acide glycolique. Ça signifie que ça fait ça, Je n'écris pas les hydrogènes, au bout vous imaginez qu'il y a des hydrogènes mais je ne les écris pas. Donc ce qu'on va avoir ici, donc là par exemple on va garder notre OH, on va garder notre groupe alcool et on va oxyder de l'autre côté, ça signifie de l'autre côté ce qu'on va obtenir. Donc ça c'est l'acide glycolique, vous voyez ce groupe là, c'est un groupe acide et on voit bien qu'on a rajouté, par rapport à ici on a rajouté un oxygène donc on a oxydé. Ça, c'est de l'acide glycolique. Quand on fabrique de l'acide glycolique à partir de là, alors les réactions chimiques dans la vie de tous les jours ne sont pas aussi jolies que les réactions sur le papier. Sur le papier, c'est toujours net, joli, sympa, tout ça. La réalité est très, très différente. La réalité, c'est que je vous donne un exemple tout bête. Vous prenez du carbone, du bois, et vous le brûlez. Vous obtenez quoi ? Réaction chimique. C plus O2, ça donne du CO2, tout ça. C'est pas comme ça dans la vraie vie. Dans la vraie vie, vous allez obtenir du CO, monoxyde de carbone, vous allez obtenir du CO2, vous allez obtenir du carbone encore, sous différentes formes de cristallisation et tout ça, même de la suie, en fonction justement de la présence, d'oxygène, de la quantité d'oxygène que vous fournissez, des conditions de réaction, etc. La chimie n'est jamais aussi parfaite que dans les équations. Donc, en réalité, quand vous faites cette réaction de là à là, vous allez obtenir d'autres choses. Vous allez par exemple obtenir de l'acide formique. Vous allez probablement obtenir de l'acide formique qui a un seul carbone. D'accord ? Vous allez obtenir ça, en cassant ici, en cassant ici. Ça se partit par, tout seul, l'acide formique. L'acide formique, parce que, semble-t-il, c'est ce que les fourmis génèrent, et puis, il est très... Si vous vous faites piquer par une fourmi, c'est qu'elle vous injecte. Il fait très mal, et il a une odeur très, très, très mauvaise. Donc, on a probablement des aldéhydes, des intermédiaires, parce qu'en réalité, quand on a une réaction chimique, que se passe-t-il ? On ne va pas obtenir une un produit. On va obtenir plein de produits et leur présence, en réalité, leur concentration dans notre mélange final dépend de leur stabilité. Plus le produit est stable, plus il sera présent en grande quantité, moins il est stable, plus il sera probablement éphémère ou présent en petite quantité. Vous voyez ? Donc, quand on va oxyder le glycol ou l'antigel, si vous voulez, avec l'oxygène, on va obtenir un mélange d'acide glycolique, d'acide formique, probablement des aldéides intermédiaires et plein de choses. Ce mélange-là est connu pour avoir une odeur très caractéristique qui rappelle le lait caillé. Vous voyez le truc ? Le lait caillé. Donc, l'idée vraisemblable, maintenant, si on commence doucement à composer, à composer cela, c'est que SEGA sont entrés dans cette capsule. Ils sont entrés dedans, on les a enfermés. À l'intérieur, on a mis trop d'oxygène pour justement, on a expliqué, pour obtenir le delta P de 0,3. Mais ceci dit, on a donc mis une concentration énorme d'oxygène. Pour information, l'ISS aujourd'hui, la station internationale et d'autres choses similaires ont de l'air à l'intérieur et il est présent à une atmosphère. Donc on arrive aujourd'hui à fabriquer des choses quand même suffisamment solide pour supporter un delta-p d'une atmosphère sans coup férir, sans problème du tout. Donc ça, c'est aujourd'hui. Mais à l'époque, il y avait ces limites de matériaux qui ont fait qu'on a utilisé ce genre de technique extrêmement dégueulasse. Et donc, on a voulu faire 0,3, mais on a mis 1,3 pour obtenir le delta-p. Les gars, ils rentrent là-dedans. J'ai dit, là, soit il y a de la graisse qui a été utilisée, La Grèce aussi se trouve où, soit la Grèce a été ramenée par un technicien, soit elle se trouve, si vous regardez anciennement, les condensateurs. Les condensateurs, quand vous les ouvrez, c'était plein de graisse. Il y a un diélectrique à l'intérieur et on sépare par quoi ? On sépare par de la graisse. Et si vous regardez les condensateurs des anciennes radios, les condensateurs des anciennes radios, des anciens radios émetteurs, récepteurs, Certains étaient aussi gros qu'une boîte de conserve d'un kilo. Je ne parle pas des mini condensateurs comme ça, je parle de gros condensateurs, gros comme une boîte de conserve d'un kilo. À l'intérieur, il y a du gras. On a aussi le gras, pour ceux qui s'en souviennent, les transphos, les transformateurs. Rappelez-vous le bobinage des transformateurs, c'est séparé par quoi ? Chaque couche est séparée par du papier gras. C'est un papier comme ça, une couleur jaune, orangée, comme ça. Et c'est un papier qui est noyé dans du gras, du gras encore. Courant électrique qui passe autour, chauffe, chaleur, mettez de l'oxygène pur là-dessus, vous pouvez avoir justement une dégradation du gras qu'il y a sur ces papiers. Et comme on le sent en partie par milliards, Ils ont dû le sentir. Donc on a cette situation très dégueulasse qui est en train d'arriver. Et pour vous donner une idée du manque de discipline qui régnait à cet endroit, C'est qu'on a même trouvé plus tard, la commission d'enquête a trouvé même une clé. Quand ils ont commencé à démonter, ils ont trouvé une clé, un outil, une clé. Pour vous dire qu'il y avait plein de choses qui étaient abandonnées à l'intérieur et ils ont trouvé plein d'objets. Il y a un rapport d'une commission sénatoriale qui dit qu'ils ont trouvé même des objets qui n'étaient pas censés voler. Pourquoi ? Parce que cette capsule n'était pas censée voler, jamais n'était censée aller dans l'espace. Pourquoi ? Parce que ce n'était pas la capsule qui allait dans l'espace, c'était une capsule d'un modèle précédent. qui avaient été décommissionnées avant même d'avoir été utilisées, de sorte qu'elles n'étaient pas respectées. Et on sait tous que quand on a un équipement qui n'est pas censé être opérationnel, qui est utilisé pour les entraînements, pour les simulations, tout ça, les gens ne le respectent pas autant qu'un équipement en production. Les gens peuvent faire du cannibalisme, ça signifie venir prendre des pièces. Quand ils font des maintenances, ils ne sont pas aussi carrés, ils oublient des outils, ils font des choses un peu de travers, tout ça. Donc c'est un petit peu ce qui se passait dans cette capsule. nos astronautes sont à l'intérieur, soudainement, ils commencent à crier à la radio, il y a le feu, il y a le feu. Il y a le feu qui se déclare. Donc là, on avait toutes les conditions pour le feu. on a des réactions d'oxydation qui sont en train de se passer, c'est des réactions qui peuvent dégager la chaleur, on a des circuits électriques, on a énormément de boutons en bakélite et autres qui, chaque fois qu'ils sont actionnés, il y a des arcs électriques qui se dégagent de là. L'oxygène pur, que voulez-vous ? C'est le sens de l'histoire. À ce moment-là, il y a un feu qui va se déclarer, Comme le hublot, on ne peut pas l'ouvrir de l'intérieur parce qu'il y a un delta-p, il faut égaliser les pressions. Et en plus, pour rajouter, le pire, c'est qu'au moment où le feu se déclare, la température augmente à l'intérieur de la capsule. Que fait la pression ? Elle va augmenter. On part d'un delta-p de 1,3, on part d'un delta-p pratiquement de 2. On n'est plutôt pas un delta-p. À une pression de 1,3, on passe à une pression de 2 bars à l'intérieur, ou 2 atmosphères. Elle finit même par s'ouvrir la capsule. Il y a un moment où elle se déchire et puis il y a de l'air chaud et brûlant et des flammes commencent à sortir. À ce moment-là, ce qui se passe, c'est qu'effectivement, les gens à l'intérieur sont morts. Ils sont morts avant de pouvoir s'échapper. Ils n'ont pas pu ouvrir parce que la pression était trop élevée et la température augmentait très vite. Le rapport de la commission sénatoriale dit que le feu a duré 25 secondes et demie, c'est ce qu'ils disent, et qu'il a atteint 500 degrés. Donc on a un feu très rapide et puis il s'est arrêté pratiquement de lui-même quand il a fini l'oxygène à l'intérieur. Voilà, quand il n'y a plus d'oxygène, il s'arrête. Il n'y avait pas de pompiers bien sûr sur site, tout proche. Les pompiers ont mis 12 minutes pour arriver. Ils ont mis 8 heures pour sortir les corps de ces gens. Il fallait attendre que ça refroidisse et tout ça. Donc il n'y avait pas de mesures de sécurité en place, c'est ce que ça vous dit. Il n'y avait pas de grosses mesures de sécurité en place à la hauteur du danger. Le rapport sénatorial pointe aussi le manque de professionnalisme, le manque même de sophistication, ils disent, c'est leur terme. Ils disent qu'on n'a pas trouvé le niveau, quand on a enquêté sur cette chose, sur cette tragédie, on n'a pas trouvé le niveau de sophistication qu'on attendait d'un vaisseau spatial. Ça signifie que tout autour, c'est une manière de dire, c'est une boucherie. Ils décrivent les circuits électriques, ils décrivent tout. C'était une véritable boucherie. Il y a un dernier élément que j'aimerais évoquer. Quand on regarde une photo, de l'incendie, on regarde une photo de la capsule une fois que l'intérieur a été évacué complètement, qu'elle a été vidée, et on regarde le métal de la capsule. On regarde le feu et on regarde que la partie inférieure de la capsule semble être brûlée bien plus que la partie supérieure. Si vous regardez la partie inférieure, elle est bien plus sombre. Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il y a à cet endroit dans une capsule pareille ? Dans une capsule pareille, il y a des fusées. Je vous montre une autre image d'une capsule d'Apollo 9 qui a été récupérée en mer. Et vous regardez qu'elle a des tâches noires dehors. Pourquoi ? Elles viennent d'où ces tâches noires ? Ces tâches noires viennent de fusées, de petites fusées qu'il y a tout autour de la capsule et elles sont en bas, certaines. Ces fusées-là comportent deux produits chimiques. Elles n'ont pas besoin d'allumeurs. Du moment qu'elles se mélangent, elles partent dans une réaction chimique brutale et ces fusées permettent de tourner la capsule, de l'incliner, tout ça. Ces fusées-là et leurs produits chimiques sont installés tout en bas de la capsule. Donc, on se demande si elles n'ont pas participé au feu également. Parce que quand on regarde la partie la plus brûlée, c'est l'endroit putatif où seraient trouvées ces fusées-là. Donc, on se dit, elles étaient là de l'autre côté, le réservoir sont là quelque part. Et on se demande si dans l'incendie, elles ne sont pas déclenchées également, encourageant l'incendie et empirant, si la chose est possible, le désastre. En tout cas, ces trois astronautes, Gruss, Guss, Grissom, Chaffee et White, ont trouvé la mort ce jour-là. A posteriori, on a appelé cela Apollo 1, qui n'a bien sûr jamais décollé. Et puis voilà, l'histoire a continué, on connaît la suite. Joseph Shia, celui auquel s'est adressé la photo, vous avez la photo là, où il prie devant la capsule, le responsable justement de cette capsule, lui a été muté à Washington. Il a commencé un petit peu à boire, prendre des médicaments. La NASA l'a envoyé chez le psy, on a commencé à tenter à dire qu'il avait perdu la tête. Néanmoins, il n'a pas perdu beaucoup. Il a perdu suffisamment pour ne pas témoigner devant la commission sénatoriale. Donc la NASA s'en est vraiment bien sortie parce que l'homme qui était responsable, qui était derrière ce désastre, lui n'a pas eu à témoigner. Par la suite, il a quitté la NASA quelques mois plus tard. On le retrouve vice-président chez Polaroid. la compagnie de photographie, et par la suite il la quittera pour aller chez Raytheon, un des grands contracteurs de la NASA, contracteur spécialisé dans l'armement, où il passera le reste de sa carrière. Mais jamais il n'a parlé. Merci mes amis d'avoir écouté cette vidéo jusqu'ici. Elle est peut-être un peu plus longue que d'habitude, mais je tenais vraiment à creuser, à faire un peu de l'archéologie technique sur cette histoire et puis j'espère que ça vous a passionné. Merci beaucoup et on se voit dans une prochaine vidéo.
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