
A French-language YouTube monologue reacting to a recent fatal incident in Lyon where a woman (identified as Axelle, an aide-soignante) was killed in connection with a car and a dog. The speaker situates the case within a broader pattern of increasing, often gratuitous violence in France, cites Dr. Maurice Berger's work on 'violence gratuite' and callous/unemotional (CU) traits to explain pathological, present-focused offenders, and issues personal safety advice (avoid late-night outings). The tone is serious, concerned, and investigative; the speaker warns of an escalating trend he calls a 'generation Daesh' and expresses a sense of responsibility to inform viewers.
Questions this video answers
Axelle — aide-soignante.
Bonjour mes amis, je voulais pas faire cette vidéo à la base parce que tout simplement la France est entrée dans un cycle de violence croissante qui fait que ça n'a plus de sens réellement de réagir à chaque événement tragique. Il faut être honnête, c'est plus un pays paisible, stable, tranquille. ou quand il y a une tuerie ou quand il y a une vie perdue dans des circonstances tragiques, ça constitue quelque chose de tellement anormal que ça suscite bien sûr des réactions. Là, autant émotionnellement je suis touché, je ne voulais pas nécessairement venir en parler. Plusieurs personnes m'ont écrit et c'est comme ça que j'ai eu une incitation à faire cette vidéo. Alors, pour vous dire, à la base, j'ai un truc Je ne regarde pas les images des victimes. Je suis toujours très pro-victime. J'ai un support infini envers les victimes. J'ai pratiquement aucune compassion, j'ai aucun sentiment envers les criminels, les assassins, les violeurs, les tueurs, les agresseurs et tout ça. Je suis pratiquement au degré zéro du sentiment envers ces gens-là. Le truc, c'est que dans le cas de cette fille qui a été tuée à Lyon hier soir, sa photo est partout. C'est quelque chose d'inévitable. Vous savez, j'ai travaillé pendant longtemps sur le crash de Charles Machère. Pendant longtemps, j'ai travaillé sur les aspects techniques. Je ne voulais pas voir les images des victimes. Jusqu'à ce qu'un jour, par hasard, j'étais au CAIR, il y a le père d'une victime, un homme, un jeune homme, on était à table, puis il a ouvert un carnet comme ça, un carnet en cuir, une sorte de carnet d'adresse, et sur la couverture intérieure, il y avait la photo de son fils. Il l'a ouvert, il l'a retourné, il l'a poussé sur la table, il dit, regarde, c'est lui, mon fils. J'ai regardé, mais C'est vrai que mes digues un peu se sont effondrées à ce moment-là, parce que j'essaye, si vous voulez, de garder la distance par rapport aux choses desquelles je parle pour éviter justement de l'émotion qui parfois vient compromettre. Elle la sert souvent, mais parfois, elle peut compromettre la rationalité. Alors, je disais que quand j'ai entendu parler de cette histoire, le chien, puis la femme, écrasée. Je m'étais fait un petit peu le film, le scénario, parce que comment je me fais le scénario, il n'y a rien de miraculeux, c'est que ça devient répétitif. Alors au bout d'un moment, tu regardes le schéma, tu regardes le schéma des circonstances et tu vois qu'elle va rentrer dans un schéma bien particulier. Ça arrive des fois plusieurs fois par jour, de sorte qu'assez facilement tu peux comprendre. Le chien était écrasé. Il était tard, 3h du matin. Le chien, il court sous une voiture, chien noir. Je veux dire, le chien avait des statistiques contre lui, je peux comprendre. Et pourquoi la femme qui a été traînée sur presque un kilomètre ? J'ai cru comprendre que... Enfin, traînée sur un kilomètre ou sur 800 mètres, je pense que... Je pense que pour être plus juste dans les mots, elle a été ramassée sur 800 mètres. Je crois que c'est peut-être plus approprié de dire ça qu'elle a été traînée sur 800 mètres, sous une voiture. Elle aurait voulu empêcher la voiture de partir, donc elle serait mise devant. Et donc, avec son corps... Alors, tu comprends, cette histoire, tu l'as fait avec des gens qui donnent de la valeur à la vie humaine. Tu comprends ? Moi, je suis en voiture, même si je ne te connais pas. Si tu te mets là, devant le véhicule, je ne vais pas te rouler dessus. C'est clair, pour moi, on se rappelle un petit peu du char de Tiananmen, où un homme avec des drapeaux en Chine s'était mis devant un char, Et le conducteur de char ne voulait pas lui rouler dessus. On comprend cela. Entre humains, on comprend cela. Maintenant, il faut savoir qu'il y a une catégorie de gens. Si tu te mets devant la voiture pour la stopper avec ton corps, ils vont te rouler dessus. Ceci tombe. Ceci tombe. À un moment, j'étais en train de lire un livre. Je vais vous montrer sur cette tablette. Je vais vous lire un petit passage. Je vous dirai le nom du livre après. Un autre groupe, celui qui pose des problèmes majeurs, reste violent de manière stable, avec des récidives fréquentes. Il part un peu d'IRM, etc. Ces sujets sont appelés C.U. – callous and emotional, insensible et sans émotion. et présente une absence d'empathie, une absence de culpabilité, une insensibilité à toute sanction, et préfère une récompense immédiate, même faible, au prix d'une action potentiellement dangereuse, à une récompense différée plus importante. Les signes du CU, donc CU pour insensible sans émotion, étaient alors souvent présentes dès la petite enfance. Nous sommes ici au cœur de ce qu'on appelle l'épigénèse interactionnelle. Une vulnérabilité génétique, G, peut être fortement aggravée par un environnement parental E de mauvaise qualité, ce qui donne G fois E. Au contraire, cette vulnérabilité peut être atténuée par un environnement parentable des interventions professionnelles de bonne qualité dès les premières années. Alors, ce livre que je suis en train de lire, il s'appelle, il est dédié à la violence gratuite. Attendez, j'essaie de vous obtenir la couverture. Ce n'est pas évident sur les Kindle d'obtenir la couverture, n'est-ce pas? Et en fait, c'est un témoignage d'un professionnel et ce témoignage est absolument pas dire ahurissant, mais il recoupe pratiquement mot par mot ce que je vous raconte depuis très longtemps, ce que j'ai vécu moi-même, ce que j'ai vu dans mon pays. Et en fait, J'arrive pas à vous montrer. Il s'appelle Maurice Berger. Il s'appelle Maurice Berger, mais vous savez, les produits Apple depuis la mort de M. Steve Jobs ne sont plus vraiment ce qu'ils sont. L'intuitivité a été perdue. Je clique et puis ça part dans tous les sens. Attendez. Voilà, j'ai pu l'obtenir. Regardez, il s'appelle. C'est un livre du docteur Maurice Berger sur la violence gratuite en France. Et c'est un livre réellement sans appel. C'est un livre sans appel. Il cite énormément de facteurs. Il s'arrête avant de parler de religion. La religion n'est pas nécessairement un facteur causal, je pense, parce qu'on est on est dans un parcours de violence qui est déjà là dès la petite enfance, mais c'est un facteur qui va venir aggraver après, parce que ce n'est pas nécessairement une religion dans laquelle il baigne, ce n'est pas une religion, en tout cas dans la manière de laquelle elle est vécue, ce n'est pas une religion qui apporte l'apaisement. Alors, bien sûr, les gens ont commencé à vouloir, quand il y a eu cette personne qui a été tuée, qui s'appelle Axelle, aide-soignante, ont marqué au passage que Elle est adsoignante. La dernière fois, il y a quelques jours, il a été enterré il y a 2-3 jours, un chauffeur de bus a été tué. Remarquez que ces français qui sont tués sont généralement des gens rangés, ce sont généralement des gens qui n'ont pas de quasi-judiciaire, ce sont des gens qui n'étaient pas en train de conduire sans permis, qui n'étaient pas en train de conduire sans casque, qui n'ont pas été arrêtés 25 fois, qui n'ont pas des dossiers de viol derrière eux, de menaces avec armes, de violences, etc. Ils n'ont pas ça. Ce sont des gens Ce sont des gens rangés, loin de toute histoire. Et puis voilà, ils se retrouvent soudainement. on proie à des tueurs froids absolument. Vous voyez, le gars, le docteur Maurice Berger, quand il dit, quand il dit, j'essaie d'accéder encore au livre si je peux, quand il dit que ces gens sont prêts immédiatement à attaquer sur l'instant, à commettre des violences extrêmes sur l'instant pour échapper à une contrariété instantanée, C'est comme la fille, elle vient le bloquer. Il est en train de conduire, comme très souvent, soit sans permis, soit conduire une voiture volée, soit il a des stups à bord, soit il a un mandat d'arrêt contre lui. Vous comprenez l'histoire. Donc, sur le moment, il y a un chien qui a été écrasé. Il y a la propriétaire qui n'est pas très contente. Elle veut bloquer la voiture. Il veut se soustraire à cette situation. Et comme nous sommes en face à des gens qui ne sont pas capables de penser, ne sont pas capables de se projeter dans le futur... D'ailleurs, je vous ai parlé de ce gars qui m'avait dit que son petit-fils était dans cette situation-là, qu'il était complètement déconnecté du futur, complètement déconnecté de cette relation de cause à effet. Eh bien, il se dit, je l'écrase, je la tue. Et puis ben voilà, je suis en dehors de cette situation maintenant. Et sur ce plan là, oui, oui, il est en dehors. Maintenant, il est sorti de cette situation de chien écrasé et la police qui risque de venir l'embêter pour un permis retiré ou autre. Mais il vient de tuer une personne. Et là, la police va l'arrêter. Ce sera pour plus lourd. Mais ça, vous ne pouvez pas. Et ce n'est pas moi qui le dit, ce n'est pas moi qui le dit, c'est un médecin. Vous ne pouvez pas leur faire rentrer ça dans la tête, ce n'est pas possible, ils sont insensibles à ça. Ils ne peuvent pas se projeter, c'est pathologique, c'est lourdement pathologique. Ils ne peuvent pas se projeter dans un avenir proche ou lointain ou autre, ils ne peuvent même pas se projeter dans les 15 prochaines minutes. Et puis, même s'il doit aller en prison, la prison ne va pas lui faire peur, parce que toujours, ce docteur explique, il vive l'instant présent. Le gars, il n'a pas de... Il semble pas mentalement être capable de faire une projection. Toi, si je te dis, tu fais 5 ans de prison, tu penses à quoi tout de suite ? Tu penses à comment ces 5 ans vont passer, tu penses à ce que tu vas perdre, tu vas perdre ton travail, tu vas perdre ta famille, tu vas perdre tes biens, tu vas perdre ta santé. Tu te projettes. Et si je te dis, même si tu n'as pas fait un jour de prison dans ta vie, je te dis, raconte-moi 5 ans de prison, je peux t'écouter pendant une heure, tu vas me raconter 5 ans de prison. Dans ta perception, tu peux te projeter sur cette distance-là. Le gars en est incapable. Il en est absolument incapable. Donc la prison n'est pas une menace pour ces gens-là. La prison ne va pas l'arrêter parce qu'il vit l'instant présent maintenant dans sa voiture. Une femme vient bloquer la voiture, il l'écrase. Et dans l'instant présent, il va régler le problème. Après, il va être arrêté par la police. Il ne comprendra même pas pourquoi. Ils vont l'emmener en taule et puis il va vivre en taule jusqu'à ce qu'on libère de la taule. Il tuera quelqu'un pour un regard pour un jour plus tard. D'accord ? C'est pathologique. C'est pathologique. Et... Je suis... J'ai connu des gens comme ça en Algérie. J'ai connu des gens comme ça. Mais ils n'étaient pas, encore une fois, ils n'étaient pas... si fréquent. Parce qu'aujourd'hui la fréquence des crimes, nous sommes en train d'arriver littéralement, permettez-moi l'expression, nous sommes en train d'arriver à la génération Daesh. C'est la génération Daesh, c'est la génération qui a grandi avec les vidéos d'égorgement de ces 5, 6, 7 dernières années. Ce sont les gens qui avaient 10 ans quand ils regardaient ces vidéos, qui aujourd'hui ont 17 ans, 18 ans, 20 ans. Et on voit bien qu'il y a Donc il y a une ascension dans la violence, une escalade dans la violence, et ça devient de plus en plus brutal. Écoutez, ce que je suis en train de vous raconter aujourd'hui, ce que je suis en train de vous raconter, je sais qu'on se fait insulter quand on parle de ça, quand on cherche à enquêter sur ces choses-là, parce qu'en ligne, on se fait insulter de tous les noms, racistes, fachos, il y a même un C'était sur l'affaire du conducteur du bus. Je ne me rappelle plus le nom du gars, mais c'était un élu de la République française qui a traité les gens qui étaient en train d'investiguer cette situation. Il les a traités sous-hommes. Untermensch. D'accord ? Sous-hommes. Juste pour vous dire, ça signifie qu'officiellement je suis un sous-homme aujourd'hui. Je suis une espèce inférieure de création et d'humanité. Parce que je suis en train de chercher à comprendre ce qui se passe et je suis en train de chercher à dénoncer cette situation. Et encore une fois, Je sais que certains progressistes ne peuvent pas le capter, mais si cette femme avait eu une crise cardiaque, elle était tombée, puis que ces jeunes étaient descendus l'aider, et que malgré tout, ils lui ont apporté de l'aide, ils lui ont protégé de l'aide, ils ont appelé les pompiers, comme tout citoyen, n'est-ce pas ? Comme tout citoyen normal le ferait. Et puis qu'après, ils avaient reçu des tombeaux d'invectives, effectivement, on aurait pu sortir la carte du racisme. Mais ces jeunes, Si aujourd'hui ils sont sous le feu des critiques, je vais vous le rappeler, je suis désolé de c'être la palissade, c'est pas par racisme. C'est parce qu'ils ont écrasé une femme en voiture et ils l'ont tuée pour une histoire de chien. C'est comme ces jeunes qui ont tué le chauffeur du bus. Si aujourd'hui les gens s'élèvent contre eux, ce n'est pas par racisme. C'est parce qu'ils ont tué un gars à main nue. Il faut bien replacer les choses dans leur contexte. Je veux dire, Quelqu'un qui ne serait pas raciste, dans ce cas-là, dans ce cas-là, ce qu'on veut nous dire, c'est que quelqu'un qui ne serait pas raciste, s'il verrait des jeunes en voiture en train d'écraser une femme, il est censé les applaudir, il est censé leur dire bravo, les gars, bien fait. C'est ça ce que ferait un non-raciste. D'accord ? C'est du foutage de gueule complet, ça, vous comprenez ? C'est du foutage de gueule complet, ça n'a strictement aucun sens. OK, de sortir la carte raciale, de dire oui, c'est par racisme que vous êtes contre les assassinats. OK, donc. Mes amis, je vous cache pas moi, quand j'étais en Algérie. On avait peur de ces gens là, on avait peur de ces gens là, on les appelle. Ce sont des gens qui tuent gratuitement pour un motif futile, vraiment futile, mais rien du tout. Tu ne sais même pas pourquoi. Il peut venir, il peut t'agresser, il peut te frapper comme il explique lui, ramollir. Ce qu'il appelle ramollir, c'est au début qu'il explique l'histoire de ramollir, il a appris ça avec un jeune. Alors ramollir, c'est frapper quelqu'un, qui est par terre. jusqu'à ce qu'il ne bouge plus, jusqu'à ce que le tonus musculaire se relâche. Donc il frappe sur la tête, il frappe, il frappe, il frappe, et ils ont un... Ils voient ce qui est en train de se passer avec la personne jusqu'à ce qu'au bout d'un moment, quand il frappe la tête, elle part. Aucun tonus musculaire. Et en fait, ça veut dire que la personne est dans le coma. Ça signifie que la personne va soit mourir, soit elle va s'en sortir, mais elle va être handicapée à vie ou elle va avoir des blessures handicapantes, invalidantes, qui vont l'accompagner pour tout le reste de sa vie sur Terre. En Algérie, on considérait ces personnes comme des scorpions. D'accord. On avait des scorpions jaunes et noirs et on avait ce genre de gars. Ce sont des personnes extrêmement dangereuses et vraiment, il faut vous en m'infier. Je voudrais vous dire un truc aussi. Je sais que beaucoup me considèrent comme un grand frère. Je vais vous dire un truc. La France et la France, beaucoup de pays occidentaux aujourd'hui, est un pays dangereux. Ne sortez pas à 3 heures du matin. faites-vous un couvre-feu personnel. Moi, j'habite en Neuquin, j'ai un couvre-feu personnel. Je ne sors pas à 3h du matin. Je ne sors pas, c'est pas possible. Je ne vais pas sortir à 3h du matin. OK ? À la rigueur, si je sors, je suis peut-être en voiture ou autre, et encore, mais réellement... Et encore, si t'es un gars, tu risques quoi ? Tu risques le coup de couteau gratuit, tu risques de tomber sur quelqu'un de bourré qui va juste te donner un coup de couteau juste pour le plaisir, juste comme ça, puis il part, puis c'est tout, puis il te laisse mourir sur le bord du trottoir. Moi, je connais un gars, Ça lui est arrivé exactement ça. Un jeune français, il me disait, il était à Paris la nuit, quartier nord. Il marche, un type arrive vers lui, lui demande des cigarettes ou un truc comme ça. Le gars, il dit je n'ai pas, je n'ai pas de cigarette. Il continue à marcher et il m'a dit, il a vu la main, il a vu la main venir vers lui, bam, dans l'abdomen. Et le gars s'est retourné, il est parti. Il n'arrivait même pas à le décrire, en fait, tellement c'était rapide. Un coup de couteau, bam, enfoncé jusqu'au manche, il l'enlève et il part. Lui il comprend même parce qu'il est arrivé, il sentait son sang chaud couler sur lui. Et il a compris une chose, il a compris que s'il tombait, il allait mourir. Il a marché, marché, marché, marché avec ses habits qui se remplissaient de sang, jusqu'à ce qu'il soit arrivé devant des flics, qui étaient en faction là, et il est tombé. Et puis c'est réveillé, il était à l'hôpital. Voilà. Le couteau avait transpercé le froid. Il n'a pas été opéré parce qu'on n'opère pas ce genre de choses, semble-t-il. Il m'a surpris, il m'a dit que non, on n'opère pas. Quand le couteau passe à travers le froid, du moment qu'il n'a pas touché une artère ou plutôt une veine dans cette zone-là importante, il n'opère pas, il laisse. Et le mec, il souffrait. Si t'es une fille, tu risques le coup de couteau, tu risques le viol, tu risques l'assassinat. Rien n'a gagné à sortir à 3 heures du matin. Je sais, je ne suis pas en train de suggérer que c'est de sa faute cette fille qu'elle soit tuée. Mais ce que je suis en train de te dire, moi je préfère que tu sois en vie, au lieu que tu sois morte, ce n'est pas de ta faute. C'est ça un petit peu mon fonctionnement. En Algérie, on avait peur de ces gens-là. Ils sont extrêmement peu nombreux. Par contre, dans leur regard, tu vois que tu sais que tu parles à un cadavre. Tu sais que le type est mort. Honnêtement, tu sais que le type, c'est ça ce qui se dégage. En réalité, c'est ça ce qui se dégage. C'est la personne est morte. Tu sais que le type est mort à l'intérieur. Et il regrette, il regrette l'acte qui lui a donné naissance. Il veut juste tuer et mourir. Il veut juste avaler son certificat de naissance. Et d'ailleurs, c'est souvent chez ce genre de profil. Lui, le docteur qui écrit ce livre ne va pas jusque là, mais c'est ce genre de profil que vont se récruter les islamistes, les terroristes islamistes les plus dangereux. D'ailleurs, je peux vous dire un truc. Chez Al-Qaïda et chez Daesh, en Syrie, il y a eu des plaintes sur les terroristes français. pas tchétchène, pas africain, pas algérien, pas marocain, français. Il disait que c'était le summum de la cruauté, que le summum de la cruauté venait de France. Donc, moi, ce que je suis en train de dire aujourd'hui, Tôt ou tard, on va y arriver. Je suis en train d'en parler. Ça fait des années que j'en parle. Ça fait des années que j'en parle. Je suis un petit peu comme ce gars. Lui, il les a vus. Il sait qu'ils sont là. Il sait que le cauchemar a commencé, mais il lui reste à convaincre un monde incrédule. Voilà où j'en suis, moi. Dans les années qui vont venir, parce que là, le décompte des cadavres va augmenter. Là, la génération Daesh arrive. Donc là, attendez-vous à des assassinats comme celui-ci. Attendez-vous à en avoir plein. C'est déjà inscrit dans le quotidien maintenant, tous les jours. Alors les gens qui cherchent à cacher cela, je vous le dis, je vous le dis honnêtement, ça ne sert à rien, c'est fini. Le roi est nu, le slip est par terre, il n'y a plus rien à cacher. Vous pouvez toujours mentir, falsifier, trouver des mots, trouver des excuses, mais les cadavres s'empilent. Le cadavre sans pile viendra à un moment où les gens ne vont pas accepter de se faire trucider, ne vont pas se dire « ok, c'est notre mode de vie ». Alors on comprend, il y a des trucs incompréhensibles en France, il y a des trucs culinaires, bon moi je comprends pas tout, d'accord, bon ça c'est ok, je suis d'accord, je dis rien. Mais on peut pas fonder un pays, comme je vous ai dit il y a des gens ils mangent des araignées frites, mais on ne peut pas fonder un pays et dire, c'est une caractéristique nationale chez nous, culturelle, c'est une exception française, qu'on se fasse tuer pour un oui, pour un non. Alors en France, c'est normal. Oui, c'est normal, ne t'inquiète pas. Oui, ça, c'est normal. D'accord. Là, t'es tué pour une cigarette, pour un regard, t'es égorgeux. Mais bon, c'est rien, ça. C'est rien, c'est normal, c'est chez nous, c'est comme ça, on est... Non, ça ne deviendra jamais une normalité. Ça va causer de plus en plus de rejets, ça va creuser des fossés de plus en plus profonds. Et un jour, la violence va éclater, elle va devenir symétrique. Parce que pour le moment, il y a une guerre qui a éclaté, semble-t-il, mais elle est unidirectionnelle. C'est une guerre asymétrique. Enfin, je vous laisse, je vais continuer à lire mon livre. Mais franchement, ce que raconte le gars ici, c'est... Je veux dire, c'est sans issue. C'est sans issue. Il est en train de parler de gens disjonctés à la naissance, littéralement. Littéralement disjonctés à la naissance. Et qu'un environnement parfaitement structuré, calmant, spécial, pratiquement, il faudrait qu'ils soient pris à la première minute de leur vie et placés dans un environnement tellement extraordinaire qu'on court une chance de les voir devenir des gens à peu près. normaux à l'âge adulte. Mais que dans les circonstances actuelles, il n'y a aucune chance. Il n'y a aucune chance. Je ne sais pas. Je ne sais pas. Il y a un côté que je comprends. Il y a un côté que j'ai vécu. Il y a un côté que j'ai vu. Mais il y a un côté qui me dépasse. Il y a un côté qui me dépasse. Le côté qui me dépasse et que j'investigue, c'est pourquoi la concentration chez vous? Pourquoi la concentration en France? J'ai vu ce genre de gens au Maghreb. Oui, j'ai vu. Pas aussi concentré, pas aussi nombreux. Vous regardez en Algérie, on n'a pas des gens qui meurent tous les jours pour un regard, pour une cigarette, pour gratuitement écraser sous une voiture, traîner sur... On n'a pas ça. Ça n'existe pas. On a de temps en temps des faits sordides. Pas à cette fréquence. D'accord ? Chez vous, c'est hyper fréquent. Donc, c'est quoi la différence ? D'accord ? C'est quoi la différence entre chez vous et chez nous ? Qu'est-ce que vous faites de spécial ? C'est ce que je cherche à comprendre. OK ? Je creuse toujours. Il s'agit de vie humaine. Ok ? Allez, je vous laisse. Je vais... Je vais rentrer. Je vais rentrer chez moi. Et puis... Je vais rouler un peu avant. Je vais rouler un peu. Et puis... Je sais pas. Je suis triste pour ces gens. Je suis triste pour ces familles parce que... Je me sens un peu... Vous savez, je me sens un peu responsable. Vous voyez pourquoi j'en parle ? J'ai ce sentiment d'être responsable, vous comprenez ce que je veux dire par là ? Attendez, je vais allumer la lumière, on voit rien dans cette bagnole. En fait, pourquoi je me sens un peu responsable, c'est parce que j'ai vu ce qui se passe. J'ai vu ces gens, je les ai vus à l'oeuvre, je les ai vus au travail. Donc c'est pour ça que... Une fois que tu vois, ça génère une sorte de responsabilité, c'est tout. T'as une responsabilité d'agir, t'as une responsabilité de dénoncer, une responsabilité d'informer. Mais des fois j'ai l'impression de parler dans le vide, je dois le dire. Voilà, je vous en ai parlé. Je fais mon devoir, mais je ne me fais pas d'illusion. Je n'ai pas d'illusion, vous savez. Demain, après-demain, la semaine prochaine, ce week-end, on va encore avoir des affaires sordides. Il a été tué par un couteau, il a été tué par une cigarette, il a été tué par un multirécidiviste. Je veux dire les classiques, les classiques. A bientôt, mes amis, et puis on se voit quand on se voit.
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