
Lieutenant Colonel Bud Holland flew a B-52 bomber recklessly at Fairchild Air Force Base in the early 1990s, performing dangerous maneuvers that angered colleagues. His behavior culminated in a fatal crash in 1994, raising questions about pilot judgment and accountability in military aviation.
Mes amis, bien le bonjour. Alphonse Allais disait, quand on dépasse les bornes, il n'y a plus de limites. Aujourd'hui l'avion dont on va parler sera un B-52. Le B-52 est un bombardier stratégique américain. C'est un appareil qui bat tous les records. C'est un avion qui a la taille d'un Airbus A330. Il a plus de performance qu'un A330. Il est capable de voler jusqu'au niveau 500. Il peut parcourir 14 000 km en un seul plan. Il a 8 moteurs. Il est capable d'emporter 32 tonnes de bombes et de munitions et aller les déverser sur un autre continent. Il a un système de décollage très particulier avec le train d'atterrissage qui est capable de pivoter pour permettre un décollage tout droit malgré un vent de travers très puissant. Donc il peut décoller pratiquement par n'importe quelle condition. Il peut ravitailler en vol. Et quand cet appareil décolle avec toutes ces bombes dans son ventre, quand on le voit, on voit toute l'expression du génie américain. Aujourd'hui, il s'agira d'une histoire qui s'est passée à la base de Fairchild. c'est dans l'état de New York et nous sommes en 1994. Dans les années qui vont aller vers cette histoire, on a le lieutenant-colonel Bud Hollands qui est en train doucement de sortir des limites, des limites du raisonnable, des limites de la réglementation, des procédures militaires. C'était quelqu'un qui progressivement a décidé de s'affranchir de toute forme de règlements, de toutes formes de lois, à tel point même que quand il garait sa voiture sur le parking de la base, eh bien, il la garait devant un panneau, c'était écrit « Interdit de stationner ici ». Le problème, c'est que dans la vie, on peut transgresser toutes les lois, mais la seule qu'il faut éviter de transgresser, c'est la loi de la physique, et c'est ce qu'il va faire. Si on regarde les vidéos à l'époque, il y a une très mauvaise qualité de vidéos et filmées avec littéralement des plombes de terre. Si on regarde le peu de vidéos qu'il y a de cette époque, 91, 92, 93, on va voir un Bud Holland extrêmement agressif dans son pilotage quand il va par exemple au-dessus de d'air chaud, quand il y a des manifestations aériennes, il passe avec son B-Second 2 et il fait des manœuvres absolument inimaginables avec un avion de cette taille. Il fait des ressources de 25°, 60°, on l'a vu faire. Il peut passer à basse altitude, à grande vitesse, cabrer l'avion à 60°, monter en perdant de la vitesse, et à un moment donné, quand il est sur le point de décrocher, il laisse tomber une aile, et puis il y a tout l'avion qui revient vers le sol en reprenant de la vitesse. Une manœuvre absolument inimaginable avec un avion de cette taille-là. Il était capable de faire des virages à 70, 80 degrés, parfois au ras du sol. Il y a même eu une fois des membres du public qui se sont plaint parce qu'il est passé au-dessus d'un supermarché et il s'est payé un virage au-delà de 60 degrés à très basse altitude. Le secret était le suivant, c'est que Comme le B-52 est capable, comme je disais en début de vidéo, de faire 14 000 km avec un plein, de transporter 32 tonnes de munitions. Imaginez-le sans cet armement et sans ce carburant-là. Comme il a 8 moteurs, c'est un appareil qui est surmotorisé. D'ailleurs, c'est pour ça qu'il peut monter au niveau 500 à 50 000 pieds. Il a des systèmes de propulsion qui sont surdimensionnés. 8 réacteurs. 8 réacteurs, alors quand on prend cet appareil et on met très peu de carburant dedans et on prend pas du tout de bombe avec, et bien c'est un avion qui a des performances hallucinantes et c'est de ça qu'il va profiter. À un moment donné, durant le début des années 90, ses prouesses commencent à se connaître et les gens ont peur de lui. Dans la base, de plus en plus de gars disent moi je ne veux pas voler avec ce type. Ce type est un crash au ralenti, c'est une tragédie qui va arriver. Mais comme le disaient certains à l'époque, il semblait qu'il était recouvert de téflon. Ça veut dire qu'il n'a jamais été sanctionné, il n'y a personne qui l'a critiqué. Au contraire, il montait en grade et il semblait être au-dessus de toute forme de discipline, toute forme de reproche. On fermait les yeux sur ce qu'il faisait. Progressivement, il a commencé à faire des émules parce qu'il était instructeur sur BSECON2. Certains pilotes ont voulu l'imiter. L'US Air Force a échappé au drame de justesse à de nombreuses reprises, une fois au Mexique, une fois au Canada. Ou par exemple, une fois au Canada, il y a un BSECON2 qui a voulu imiter sa technique de faire une ressource à 60° et s'en retrouver en décrochage profond à 70 nœuds. C'est un miracle que ce B.C. Condoe a été sauvé par son pilote. Il aurait pu finir au sol, finir en tragédie sur la terre du Canada. Les gens, à un moment donné, commençaient à aller voir le commandant de la base en lui disant écoutez, vous pouvez me virer de l'US Air Force si vous voulez. Je ne monte plus jamais avec ce type. Ils avaient peur avec lui. Alors le commandant leur disait ne vous inquiétez pas, on ne va pas vous virer parce que Vous allez juste rejoindre un nombre croissant d'hommes qui viennent me raconter la même chose et qui ne veulent pas voler avec ce type. Ce qu'il faisait, c'est que quand il est terrorisé par exemple avec des passages, on a enregistré des passages en grasmotte. Certains ont juré qu'il est passé un mètre au-dessus d'une falaise, que l'avion était à trois pieds. Quand les gens paniquaient dans l'avion, ce qu'ils faisaient, les copilotes, les navigateurs, quand ils les voyaient paniquer, ils l'éclataient de rire. Ils étaient morts de rire de voir la peur qu'ils arrivaient à infliger à des aviateurs confirmés et expérimentés. À un moment donné, l'histoire va évoluer jusqu'à une prise de tête avec un autre lieutenant-colonel. C'était M. McGahan. McGahan a été voir le responsable de la base et il a dit, ce type, il faudra qu'il arrête de voler. Il faudra l'exclure du programme des vols. Le commandant était un petit peu gêné. Oui, j'ai entendu parler de sa réputation. Je sais qu'il fait n'importe quoi, mais de là à l'exclure, c'est un peu beaucoup. Comme les hommes du lieutenant McGann ne voulaient pas voler avec M. Hollande, il leur a dit, moi, je vais voler avec lui. Je vais voler avec lui et je vais m'assurer pendant ce temps-là qu'il respecte les procédures et qu'il respecte en tout cas le bon sens. Ce que McGann voulait aussi, c'était voler avec lui pour y aller plus tard de son rapport, parce qu'il lui a dit clairement face à lui, je veux que tu arrêtes de voler. Je veux que l'US Air Force te cloue au sol. Je ne veux pas des gens comme toi qui volent. Bud le méprisait. Il lui disait, écoute, moi je travaille pour l'US Air Force, nous sommes là pour assurer la supériorité aérienne des États-Unis d'Amérique. Toi, si tu es un faible, si tu es un peureux, si tu es une couille molle, bien ce que je te conseille de faire, c'est aller trouver une compagnie aérienne et puis piloter un Boeing 737. Comme ça, tu seras plus dans ton élément. Mais ici, tu te trompes de métier si tu crois que ce que je fais est mauvais. Donc il y avait ces deux attitudes, en fait, et ces deux hommes étaient dans une hostilité ouverte. Quand on regarde ce mois de juin 1994, il y a des préparatifs pour un show aérien qui devait se passer le 26 juin. C'était un show, le public devait venir et tout ça, puis des avions de toutes sortes passaient au-dessus du public, y compris un B-seconde. Alors, le 17 juin, M. Hollande va faire un entraînement au-dessus de cette base. Les images existent jusqu'à maintenant et on le voit faire des passages à basse altitude, on le voit faire des passages aussi où il incline l'avion au-delà des 60°. Et le fait que le commandant de la base lui a dit, quand il lui a donné ce warning, il lui a dit, écoute, tu n'as plus le droit de me faire plus que 25 degrés de cabret, pas plus de 45 degrés d'inclinaison. En réalité, ces chiffres qu'il lui avait donnés étaient déjà en dehors des normes. C'était déjà en dehors des bornes définies par la réglementation de l'US Air Force. Alors lui, Hollande, on lui a dit, bon, tu peux aller jusqu'à 45 degrés, donc tu peux violer ou transgresser les règles, mais jusqu'à ce point-là, lui, il s'en franchissait complètement de ses règles. Alors, le 17, il fait un entraînement et quand on voit les images de l'époque, on réalise que c'est déjà très dangereux ce qu'il fait, mais il le fait peut-être un peu plus haut qu'à son habitude, parce que d'habitude, il s'était en rase mode, ces manœuvres qu'il faisait. On arrive au vendredi 24 juin. Le show, c'est le 26, donc il doit faire une répétition. Alors dans l'avion vont monter quatre personnes. Il y a le commandant, donc le lieutenant-colonel à Hollande, qui est commandant de bord. Il y a à sa droite, M. McGehan, qui le déteste et qui est malgré tout dans le cockpit avec lui. Et ça, c'est un très mauvais cockpit en général. Rappelez-vous du crash de Air L'air inter dans les Vosges en France, les deux pilotes ne s'appréciaient pas du tout, ils étaient dans une sorte d'hostilité et donc ils ne vont pas travailler ensemble et donner le meilleur d'eux-mêmes en tant qu'équipe. Il y avait deux autres personnes là-dedans, il y avait deux pilotes, il y avait un gars qui faisait de la navigation, c'est un radariste qui faisait de la navigation, plus un autre gars qui était là parce qu'à 46 ans il prenait sa retraite, il finissait son contrat avec l'US Air Force et c'était son dernier vol. Son dernier vol dans le sens littéral malheureusement. Dans la base, l'attendait son épouse, ses enfants et ses amis, parce qu'il y a une tradition de faire la fête. Quand il finit son dernier vol, il arrive, on lui jette de l'eau dessus, on va ouvrir le champagne, manger des petits fours, prendre des photos. Et puis voilà, il partira dans la vie civile et il laissera l'US Air Force derrière lui. C'était un moment célébratoire pour toute sa carrière. Ces quatre hommes, donc, dans le Bessécon 2, qui va décoller de la piste 23, donc de cette Fair Shield AFB, Air Force Base. Il décolle et commence à faire des manœuvres, mais cette fois-ci elles sont encore plus hardies. que le 17. Là, on a des manœuvres qui se font au ras du sol. On dirait que M. Hollande veut donner un souvenir mémorable à cet homme qui va quitter l'US Air Force. Et en même temps, McGahan qui est assis à sa droite, on se demande ce qu'il fait parce qu'il était là pour l'empêcher justement d'aller vers ses extrémités, mais il ne semblerait pas qu'il ait pu l'empêcher de faire quoi que ce soit. À un moment donné, et ça, ça a été pris en caméra, on a l'avion qui arrive sur la piste 23. Il fait une remise des gaz. il passe près de la tour de contrôle et puis il s'incline. Il fait un virage de 180 degrés. Il est extrêmement incliné. Mais si vous regardez, pendant cette inclinaison-là, qu'il doit probablement avoisiner les 70 degrés, même si sur la caméra, on a l'impression que c'est du 90, il doit être vers les 70 degrés. Et en fait, là, il arrive quand même à garder le nez si on trace une ligne le long de la cellule de l'avion. On voit que l'appareil est quand même cabré. Super incliné, mais cabré. Et ce qui se passe, c'est qu'il fait ce premier virage au ras du sol, littéralement. Et après, il revient à l'horizontale. Il va quelques centaines de mètres plus loin et il entame un deuxième virage. Il veut refaire la même chose. Et à ce moment-là, il s'incline. Et pour une raison qui n'a jamais pu être déterminée, peut-être que cette fois-ci, c'était la foi de trop, c'était la transgression de trop, c'était les lois de la physique qui se sont rappelées, à s'en souvenir à ce moment-là, peut-être un réacteur a fait du pompage, peut-être qu'il a tremblé aux commandes, peut-être qu'il a... Ce qui se passe, c'est que l'avion s'incline, le nez passe sous l'horizon cette fois-ci, et on est au ras du sol. L'appareil est probablement à 80° et il continue à s'incliner. Il arrive à 90° à un moment donné et il commence à tomber l'aile en premier. Il arrive vers le sol à grande vitesse. L'aile tape contre une ligne électrique. On voit à un moment donné des étincelles. C'est quand l'aile gauche coupe un câble électrique. Et l'instant d'après, l'avion se ramasse et explose. Il a tué les 4 personnes qui étaient là, c'était la fin de la carrière de M. Hollande et puis des hommes qui étaient avec lui et l'avion a été bien entendu détruit. C'est un avion qui est tombé pratiquement à côté d'un bunker contenant des bombes atomiques parce que sur cette base il y a des bombes atomiques américaines. et puis voilà ça a tué tout le monde et puis par la suite bien sûr l'US Air Force a essayé juste de donner des médailles à tout le monde et puis glorifier un peu la carrière de chacun et puis circuler à rien à voir parce que comme cette histoire est arrivée pas par hasard c'est pas juste un incident isolé mais elle est arrivée suite à des années de violations répétées et connues de cet homme-là, mais personne dans la hiérarchie n'a voulu le toucher. Donc une fois qu'il a même été promu, il est devenu même responsable de la sécurité et des vols. C'est lui qui a établi le standard des vols et qui a entraîné le nouveau pilote à respecter ce standard. Donc au moment où il a morflé, bien entendu, l'US Air Force a voulu se protéger et jouer la fatalité. La fatalité, c'est toujours dans des situations pareilles. Voilà, je voulais vous parler de cette histoire, juste comparer par exemple, par rapport à cette vidéo qui était partie virale de cette équipe en Argentine, de l'avion présidentiel argentin. Mais vous voyez que ce n'est pas du tout le même niveau d'agressivité, de danger ou autre. On ne parle pas de la même chose. La dernière fois, j'étais extrêmement fâché contre ce qu'ont subi ces pilotes. Je vais vous dire pourquoi. Parce que ça devient de plus en plus pathologique dans le métier de pilote. que des gens filment, partagent avec des journalistes et puis que ça parte viral. Vous vous rappelez, il y a quelques années, il y avait un Airbus A380 qui avait posé par un grand jour de vent. Je crois que c'était un avion d'Emirates, si je me souviens bien. Et puis, des gens filmaient, filmaient de loin. Il y a une perspective où on voit l'Airbus A380 arriver en crabe et puis poser. Il a posé finalement et tout. Mais, Ça fait tellement de froid sur les réseaux sociaux que la compagnie, le chef pilote, a été obligé de se distancer. de son équipage en disant non c'est pas vraiment ce qu'on a envie de voir chez nous et tout ça et puis connaissant la compagnie il est fort probable que ces pilotes ont été virés pas sur le champ mais au moment où les vidéos filmées ont été virales donc c'est vrai que des gens qui avec un téléphone arrivent à briser des carrières de pilotes comme ça juste en utilisant des fois des ressorts médiatiques politiques et tout c'est vrai que ça commence à devenir extrêmement moche et si je suis un jour en tant que passager dans un avion J'ai pas envie que le pilote flippe à la vue de quelqu'un avec un iPhone en bout de piste. C'est tout. Voilà. Merci en tout cas mes amis d'avoir regardé cette vidéo jusqu'ici. Et on se voit dans une prochaine.
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