
Narrated French YouTube account of Alrosa Flight 514 (Tupolev Tu-154M) emergency in September 2010. While cruising at ~10,600 m from Oudachny to Moscow with 81 people aboard, the aircraft suffered a total electrical failure that disabled radios, navigation instruments and flap controls. The crew located an abandoned 1,300 m runway, performed several approaches and ultimately executed an emergency landing without flaps, exiting into forest; all on board survived. The aircraft was later recovered and repaired (test reflight in March 2011 with 11 tonnes of fuel), returned to service, and finally scrapped in 2018. The pilots and a groundskeeper who kept the runway clear were decorated.
Questions this video answers
September 2010.
81 people.
Approximately 10,600 meters.
About 3.3 tonnes.
About 2 tonnes per hour per engine.
Mes amis, bien le bonjour. Aujourd'hui, on va parler du vol Alrosa 514. Alrosa, avant d'être une compagnie aérienne, est une compagnie minière. Elle exploite le diamant, dont de nombreuses mines en Russie. Aujourd'hui, ce vol 514 doit relier Oudachny à Moscou. Alors, Oudachny, c'est situé 66 degrés nord. Ce chiffre nous rappelle que c'est la latitude du cercle polaire. Il nous raconte que cette ville d'Oudachny est un endroit froid, glacé, oublié des dieux et des hommes. Et la seule raison pour laquelle des gens vivent là, c'est pour exploiter les mines de diamants. La compagnie Alrosa organise ce vol régulier et ce jour-là, on est en septembre 2010, il y a 81 personnes à bord du Tupolev 154M. Le Tupolev 154, quand vous le regardez depuis l'extérieur, il ressemble à un Boeing 727. Pourtant, ce n'est pas vraiment les mêmes machines. Le Tupolev 154M est plus grand, a plus de performances et même plus de rayons d'action que le Boeing 727 n'en a jamais eu. Un Tupolev 154M peut décoller de Paris et atterrir à New York sans escale. Donc c'est un avion qui est capable de faire du long courrier. Il en faut parce que quand on est au-dessus de la Russie, Eh bien, il y a des fois pendant des heures de vol que des steppes désertiques sans la moindre trace de civilisation, sans villes, sans aéroports, sans rien du tout. Donc c'est un véritable défi pour les avions qui volent dans ces régions-là. Ce jour, je disais, on est vers 7 heures du matin. Les pilotes sont au niveau 350. En réalité, en Russie, on ne calcule pas en niveau, qui en fait exprime une altitude en pied par rapport à un niveau de référence, 1325. En fait, ils expriment l'altitude par rapport au même niveau de référence, mais en mètres. Donc, ils sont à 10 600 mètres. C'est ce qui est affiché sur les instruments. Soudainement, vers 7 heures du matin, je disais, ils ont une alarme. En fait, une alarme, et puis soudainement, plus d'alarme du tout. En fait, ce qui s'est passé, c'est que tout ce qui fonctionne à l'électricité dans cet avion vient de s'éteindre. Il n'y a plus de radio, il n'y a plus d'instrument de navigation, il n'y a plus de lumière, il n'y a plus rien du tout. Tout ce qui fonctionne à l'électricité s'est brutalement arrêté. Une panne électrique grave a eu lieu à l'intérieur de Sud du Polar. Alors, les moteurs continuaient à fonctionner, mais les pilotes ont compris qu'il n'en avait pas pour longtemps, que les moteurs allaient bientôt s'arrêter. Alors comment ? C'est-à-dire que le Tupolev, si vous regardez son architecture, il a trois moteurs à l'arrière. Il a de nombreux réservoirs de carburant. Et il y en avait de carburant, ce n'était pas le problème. Il a par exemple deux grands réservoirs sur chaque aile. Il y a un grand réservoir sous la cabine, au niveau de la cellule, là où les ailes vont faire une intersection avec la cabine. Traditionnellement, c'est un endroit qui est très solide et c'est là qu'on trouve les trains d'atterrissage principaux, pratiquement dans tous les avions. Et on trouve aussi un grand réservoir de carburant. Mais c'était quoi le problème ? Le problème, c'est que Sur le tupolaire, il y a un réservoir temporaire. Ce réservoir temporaire fait à peu près 3 tonnes. Il peut prendre 3 tonnes 3 de jet. Donc 3 tonnes de carburant. Et on a les 3 réacteurs qui viennent puiser tout le temps dans ce réservoir. Ils ne peuvent pas puiser d'ailleurs. Ils puisent toujours que de ce réservoir. 3 tonnes, ce n'est pas beaucoup. 3 tonnes, on a des... Ces réacteurs-là bouffent à peu près 2 tonnes de l'heure chacun. Donc vous voyez bien qu'avec 3 tonnes, au bout d'une demi-heure, grosso modo 20 minutes, 40 minutes, ils vont vider ce réservoir-là. Donc il y a des pompes électriques, il y a des pompes électriques qui constamment prennent le carburant des autres réservoirs du Tupolev et le verse dans ce réservoir temporaire. Ce petit réservoir de 3 tonnes sert de lieu de passage où les réacteurs vont puiser constamment leur carburant. Les pilotes constatent assez rapidement que ce réservoir-là est en train de se vider, alors que normalement, ce réservoir a constamment 3,3 tonnes de carburant, sauf s'il y a un défaut d'alimentation ou les autres réservoirs sont vides. Là, ils voient qu'il commence doucement à se vider. Donc, ils comprennent qu'en très peu de temps, une grosse demi-heure, ils n'auront plus de carburant, que les moteurs vont s'arrêter. Vous voyez, il y avait dans ce tube au lèvre, dans son architecture, des problèmes où des choses étaient liées les unes aux autres, et puis ça a créé une panne électrique, et puis généralisée, et après ça cascade jusqu'à la perte potentielle des moteurs. Alors, les pilotes commencent à chercher sur leur carte à la recherche d'un aéroport. Mais ils ne savent plus trop où ils sont, parce qu'il faut penser que leurs instruments ne fonctionnent plus, leur radio ne fonctionne plus, donc ils ne peuvent même pas contacter un contrôleur et essayer d'obtenir un guidage radar. Ce n'est pas possible. Ils sont complètement perdus. Ils commencent à regarder par le hublot. On est vers 7 heures du matin, je disais. Le soleil commence à se lever. Et là, ils cherchent et ils voient quelque chose. Dans la végétation, il voit quelque chose qui ressemble à une piste. Alors, il décide de descendre pour s'en approcher. De toute façon, il n'y avait pas le choix. Et puis, ils passent au-dessus, ils font un passage et ils voient que c'est un aéroport abandonné. C'est un aéroport qui a l'air abandonné, la piste est dans un sale état. Elle est très courte, elle fait 1300 mètres. 1300 mètres, c'est confortable pour poser des avions d'aéroclubs, voire même des bimoteurs à hélice et tout ça. Mais quand on commence à parler d'avions de réaction, 1300 mètres, c'est très, très faible. Donc le risque de poser sur une piste courte, c'est effectivement sortir de celle-ci à forte énergie et puis aller exploser dans le décor. Les pilotes passent et voient cette piste et se disent que c'est la seule option. Ils doivent atterrir. Une fois qu'ils se mettent dans l'approche, ils réalisent qu'il y a un méga problème qui vient se rajouter à leurs soucis. C'est que les volets ne veulent pas sortir. C'est-à-dire que les avions de ligne, pour pouvoir atterrir, ils ont ce qu'on appelle des volets. Ils ont de grandes surfaces qui vont sortir à l'arrière des ailes. Ils ont aussi des surfaces extrêmement importantes qu'on appelle les slats qui sortent sur l'avant de l'aile et qui permettent à l'avion d'évoluer à faible vitesse. C'est la condition sine qua non pour atterrir. ils réalisent que ces dispositifs ne sortent pas. Pourtant, ils sont hydrauliques. Il y a des moteurs hydrauliques qui les sortent. Un système de moteurs hydrauliques avec des vis sans fin et tout, qui sort tout ça. Mais pourquoi ça ne sort pas ? En fait, parce qu'ils sont contrôlés électriquement. Ça signifie que le système a besoin d'électricité pour pouvoir envoyer les ordres aux moteurs hydrauliques pour fonctionner. Comme ceux-ci ne reçoivent aucun ordre, les dispositifs ne sortent pas. Donc là, ils sont très embêtés parce qu'ils ont une piste qu'ils évaluent à peu près 1300 mètres. Elle est dans un sale état et en plus, ils n'ont pas de volets. Ils ont beaucoup de carburant dans l'avion. Poser sans volets, ça arrive de loin en loin. Chaque année, il y a peut-être un ou deux cas dans le monde qui survient où un avion est obligé de poser sans les volets. Mais même pour poser sur une piste longue, sur une piste qui fait 3500 mètres ou 4000 mètres, généralement ces avions qui ont ce problème et déclarent une urgence sont dirigés vers des aéroports avec des pistes extrêmement longues. Mais malgré cela, ça reste un grand défi pour les pilotes. Un atterrissage comme ça, grande vitesse, forte énergie. Il y a beaucoup de risques, ça se passe mal, ça signifie que l'avion peut rebondir, peut être incapable de freiner, les pneus généralement vont exploser, vont prendre feu, il y a un risque de sortie de piste, donc c'est toujours très chaud. Les pilotes réalisent qu'ils ne peuvent pas sortir les volets mais ils doivent atterrir sans sur une piste extrêmement courte. Ils font leur première approche et puis ils sont obligés de l'annuler parce qu'ils ne se présentent pas correctement. ils remettent les gaz et ils refont un passage. Ils reviennent et puis c'est pareil, ils réalisent que c'est peut-être impossible de poser sur cette piste. Elle est très courte, ça se passe très vite, leur vitesse est très élevée et donc au moment où ils voient la piste, elle approche, elle approche, elle grandit, elle grandit et hop, c'est bon, elle est déjà derrière eux. Ils reviennent pour un troisième passage. Et à ce moment-là, ils comprennent les choses. Ils comprennent que cette approche doit être la dernière, parce que le système est presque vide. Ce réservoir temporaire qui contient 3 tonnes, il n'y a presque plus rien dedans. C'est un miracle, les réacteurs sont en train de tourner. Cette fois-ci, s'ils ne posent pas, ils doivent remettre les gaz. Ils risquent l'extinction des réacteurs dans la minute ou deux, avec comme seul horizon la forêt, les steppes, et ça peut se terminer extrêmement mal. Donc, ils arrivent, et puis touche en début de piste. Ils avaient demandé à tous les passagers d'avancer complètement vers l'avant pour éviter, pour avancer le centre de gravité, pour éviter que l'avion, au moment où il touche, ne rebondisse et ne se recabre. Donc ils ont mis tous les passagers vers l'avant, ils ont demandé à tout le monde de se tasser à l'avant. L'appareil pose, brutalement, et puis ils sortent les aérofreins, déclenchent le freinage d'urgence, et puis on commence à voir le bout de la piste arriver très vite. Ils sortent de la piste, vont dans la forêt, font à peu près 200 mètres, les réacteurs, dont les pelles d'inverseurs sont ouvertes, commencent à avaler de grandes quantités de branchages et d'arbres et tout. Ils expirent l'un après l'autre et finalement l'avion s'arrête. Il y a des images prises par les passagers où on voit cet avion qui est dans la forêt. Il est parmi les branchages, les ailes ont l'air endommagés, les moteurs sont tous endommagés. Ils sortent les toboggans, évacuent, Et puis voilà, tout le monde est sain et sauf, l'avion a l'air complètement détruit. En attendant qu'on vienne les secourir, en attendant qu'on vienne les chercher, ils partent à la recherche du champignon. La chasse aux champignons est une activité très courue en Russie, et donc les passagers commencent un petit peu à ramasser les champignons qu'ils peuvent. Par la suite, on va réaliser que l'avion a posé là, il y a des gens qui l'ont vu, ils ont alerté les autorités, des hélicoptères vont venir, vont commencer à prendre les passagers, les évacuer vers un aéroport digne de ce nom, parce qu'en fait, cet aéroport avait été abandonné depuis 2003. Depuis 2003, il était désaffecté. Mais comme par hasard, le directeur de celui-ci, Eh bien, il était resté sur les lieux et il continuait à nettoyer la piste. La piste, normalement, s'il l'avait laissée, la végétation aurait fait son office, comme elle l'a fait dans d'autres endroits dans le monde. Ça veut dire que les arbres et autres branches auraient commencé à pousser à travers les dalles de béton, elles les auraient cassées, elles les auraient renversées. Et puis, finalement, la piste aurait disparu dans la végétation. Mais ce gars a constamment nettoyé cette piste en espérant qu'un jour, un avion de ligne se pointera à l'horizon. Et à ce septembre 2010, cet avion de ligne est venu. Et c'est grâce à lui que ces gens-là ont été sauvés. Donc, les passagers sont évacués vers un autre aéroport. On leur trouve un autre tupolev qui les ramène à Moscou. Excepté deux passagers qui ont eu des réticences. Il y a deux passagers qui ont dit bon, assez d'avions pour aujourd'hui, j'en préfère rentrer par appart. Donc on leur a acheté des billets de train et ils sont rentrés chez eux de cette manière là. L'avion lui, au départ, il s'agissait de l'abandonner. Au départ, l'état dans lequel il était n'inspirait plus aucune forme d'espoir. C'était fini, on va le laisser et puis la végétation poussera à travers. Et puis, soudainement, la compagnie a décidé de le récupérer. Alrosa a décidé de le récupérer. Donc, qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ils ont envoyé des techniciens sur place. Les trois réacteurs ont été remplacés sur site. Ils étaient complètement pourris. Ils ont été remplacés sur site. L'avion a été dégagé de la forêt. Beaucoup de toiles froissées ont été réparées également. Ils l'ont vidé de tout ce qu'ils pouvaient contenir. Et ils ont ramené trois pilotes d'essai six mois plus tard. Nous sommes en mars. Ils ont attendu un jour. Il fait très froid. Nous sommes en mars 2011. Et puis, il y a trois pilotes qui devaient tenter le tout pour le tout, pour sauver cet appareil. Ça signifie cette fois-ci, non plus poser sur une piste de 1300 mètres, mais décoller de cette piste-là, avec un avion de ligne extrêmement lourd qui est capable, encore une fois, d'aller d'un continent à l'autre. Donc, ils ont mis dedans 11 tonnes de carburant, ce qui est un peu plus du quart quand même. Et les pilotes d'essai sont mis dedans, pas de passagers, Ils ont mis les gaz à fond, ils ont lâché les freins sur une piste enneigée, il y a les images. Et l'appareil a commencé à accélérer. Il a commencé à accélérer, prendre de la vitesse. Et à un moment donné, il se cadre. et les roues quittent le sol, au bout de 800 mètres d'accélération seulement. Ils laissent le train d'atterrissage sorti, parce qu'il n'y avait pas beaucoup de confiance dans cet avion-là, donc le train d'atterrissage est resté sorti, ils ont été à un aéroport qui était à peu près 160-200 km de là, ils le posent, et là il va subir une plus grande révision, lui permettant de faire un vol encore plus long plus tard, et décoller cette fois-ci depuis une piste normale, dans des conditions normales, et puis il a été Il a repris du service en 2011 et il a été démantelé en 2018. Donc il a eu encore 7-8 ans de service heureux, sans le moindre incident par la suite. Donc voilà mes amis, les pilotes ont été décorés de l'ordre des héros de la Russie. Le gars qui a nettoyé la piste lui aussi a été décoré et finalement ses efforts n'ont pas été vains et ils ont été récompensés à un moment donné. Et puis les passagers sont tous rentrés chez eux, sains et saufs. Merci mes amis, c'était l'histoire du vol Alrosa 514 et on se voit dans une autre histoire. A très bientôt.
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