
A monologue from September 2018 about Eric Zemmour and a controversy involving commentator Hapsatou. The speaker reflects on French cultural identity, assimilation, integration, and what names reveal about immigration and belonging in France.
Bonjour mes amis, merci d'être là comme toujours. Je n'ai pas été très prolique ces derniers temps, c'est tout simplement parce que, vous savez, je traverse des phases, des fois où j'ai envie de parler, puis des fois où peut-être je suis plus dans une forme d'introspection, écriture, tout ça, donc voilà, rien de méchant. Enfin, aujourd'hui, J'aimerais vous parler d'une histoire, d'une sorte de polémique, comme ceux de la France s'est en inventé, l'affaire Zemmour contre une nana, une chroniqueuse, je crois qu'il s'appelle Nafisatou ou Apsatou, en tout cas un nom dans ses sonorités. Alors, il semblerait que M. Zemmour avec sa langue un petit peu caustique, comme vous savez, a dit à cette dame, il lui a dit qu'il aurait mieux valu pour elle et pour la France qu'elle s'appelle Corinne. Alors, elle l'a pris très mal, menace de porter plainte. Quelque part, je comprends, je comprends qu'elle le prenne mal. Personne n'est content quand on vient face à lui et lui dire écoute, tes parents auraient dû faire des choix différents pour toi. Je comprends qu'elle se fâche et qu'elle le prenne mal. Cela dit, allez à la police pour ça. Vous savez, moi, je suis contre la judiciarisation des débats et des discussions. La police n'est pas là pour accueillir les doléances de gens qui ont entendu des propos qui les ont choqués. À plus forte raison dans une émission de télé. La télé, quand même, mes amis, je dois quand même vous le révéler, c'est un repère de Saltenbank. Je veux dire, t'es à la télé, t'as dit un truc, on t'a dit un truc. Tu n'es pas fondé à aller réclamer justice. C'est pas possible. C'est comme si on te casse une bouteille de bière sur la tête lors d'une beuverie. C'est du même niveau quand même. En tout cas, la police est là, mon sens, pour poursuivre les gens qui commettent des meurtres, qui distribuent, qui font circuler de la fausse monnaie, qui font de la piraterie. Ils ne sont pas là pour... Oui, il m'a dit un truc. Voilà. Enfin, c'est très français comme trait, je dirais. Alors, maintenant, par rapport au fond de l'affaire, je pense que Zemmour, le plus souvent, il n'invente rien. Zemmour ne fait que mettre des mots, n'est-ce pas, sur des ressentis, sur des phénomènes. Alors, quand Zemmour te dit un truc, c'est vrai qu'elle a reçu ces mots-là et elle a été complètement retournée. Je pense qu'elle n'a pas beaucoup d'expérience encore de télé parce qu'il y a tout le temps des trucs de ce niveau qui se disent et j'ai entendu pire à la télé à l'époque où j'en avais. Il paraît que ça a empiré depuis, donc juste pour vous dire. Je pense que ça se traite à un niveau collectif, ça ne se traite pas à un niveau individuel. On ne va pas chez telle personne et lui dire pourquoi toi tu t'appelles comme ça. Donc c'est pour ça que quelque part je comprends qu'elle se soit offusquée. Maintenant, la question que j'ai envie de poser, la question vraiment que j'ai envie de poser, je pense c'est une question qui permet peut-être d'éclairer le fond de ma pensée, c'est que si un peuple ou un groupe de gens arrive quelque part, et, on va dire, garde ce qui les distingue au niveau culturel, par exemple des prénoms, des religions, des traditions, des langues, tout ça. S'ils gardent tous ces éléments constitutifs de leur identité d'origine, la question que je me pose moi, c'est quoi leur vocation à long terme ? Est-ce que leur vocation est de rentrer chez eux à long terme ? Ou est-ce que leur vocation est de former un autre peuple parallèle sur cette terre où ils sont arrivés ? Il y a que ces deux voies en réalité. Parce que si une chinoise est en voyage à Paris pour 15 jours, ou bien elle est là parce que son mari a un contrat de 3 mois et elle est là, Ils ont un enfant. Bien sûr, je ne m'attends pas à ce qu'ils l'appellent Jean-Claude. C'est clair, je n'ai pas cette attente de leur part. Ils vont lui donner un nom purement chinois parce que, bien sûr, les billets d'avion sont déjà achetés et ils vont rentrer chez eux. D'accord, on ne peut pas dire, ils ne peuvent pas arriver à Pékin et dire oui, on l'a appelé Jean-Claude en souvenir d'un voyage qu'on a fait à Paris. Je veux dire, oui, ça n'a pas de sens. Par contre, si on est là, si on est là pour rester génération après génération, On doit se fondre dans le pays, on doit disparaître, on doit faire partie intégrante de ce pays sans que personne ne puisse distinguer qui est là depuis deux générations et qui est là depuis douze. D'accord ? C'est ma vision. Je ne dis pas qu'elle est parfaite, mais c'est ma vision. C'est comme ça qu'on arrive à une population qui est homogène, qui regarde dans le même sens, qui partage la même histoire, qui partage les mêmes visions, qui a le même ressenti au sujet des mêmes éléments. Et ça lui permet, on va dire, de traverser l'histoire avec une chance relativement honorable de perdurer. D'accord ? Parce qu'autrement, t'as un schéma qui est extrêmement dangereux, qu'on connaît très bien en Afrique d'ailleurs, qui est une terre de peuples, en général en Afrique ça a été atteint, suite à des décolonisations, ça signifie des forces coloniales ou impériales sont arrivées, sur des terrains qui n'étaient pas divisés sur les frontières politiques d'aujourd'hui. Après, en partant, ils ont laissé, ils ont tracé des frontières, Et parfois, ils ont enfermé à l'intérieur des mêmes entités politiques, ils ont enfermé des peuples, des ethnies complètement différentes. Et bien sûr, ça finit où ? Ça finit généralement en guerre, ça finit en trouble, etc. Il faut savoir qu'en physique, on s'en fiche comment on arrive à un état. Ce qui est important, c'est l'état. Je vous donne un exemple très simple. Je sais que je pars, mais je vais revenir, ne vous inquiétez pas. Prenez une casserole d'eau à 90 degrés. Ça va brûler. Ça va avoir un certain nombre d'effets physiologiques sur votre peau. D'accord ? Ces effets physiologiques, j'aimerais vous dire un truc, ne dépendent pas de comment l'eau a atteint ses 90 degrés. Elle l'aurait pu. Elle l'aurait pu. Être une eau qui avait été chauffée à 100 degrés et qui a refroidi à 90, Ça aurait pu aussi être une eau qui, il y a 20 minutes, était congelée à moins 30 degrés, qui a été réchauffée jusqu'au moment où elle atteint 90 degrés. L'effet sur votre peau est là-même. Ce que je cherche à dire par là, c'est que quand on a une terre et deux peuples, qu'on ait atteint cela par décolonisation. D'accord ? Décolonisation, ça signifie avant, c'était des ethnies, des tribus qui connaissaient chacune leurs limites. Un colon extérieur est arrivé, il comprenait rien à rien. Par la force, il a tout contrôlé. Un jour, il a tracé les frontières et il est parti. Et puis, on se retrouve deux peuples ou trois peuples au plus sur la même terre. Il y a cette option-là. Mais il y a aussi une autre façon de faire. C'est un peuple qui était sur une terre. Et puis, il y a une immigration massive qui n'est pas une immigration d'assimilation, qui est une immigration communautaire. Et à ce moment-là, on retrouve toujours plusieurs peuples sur la même terre. Ce n'est pas important comment on y est arrivé. L'important c'est l'état dans lequel nous sommes. J'aurais pu dire que la France était une colonie et puis qu'après il y a eu une décolonisation et les frontières de la France ont été tracées de manière artificielle et elles ont laissé des peuples enfermés dans la même entité politique, comme je l'ai dit tout à l'heure pour des pays africains. Mon discours était valable quand il s'agit de conséquences. Il n'est pas factuel, mais tout à fait valable pour les conséquences qui sont en train de se destiner pour le futur. Voilà l'histoire, c'est que Zemmour, il a mis des mots sur quelque chose. Mais combien de gens, combien de gens ont voulu, des fois, t'envoyer un CV pour un entretien d'embauche, t'envoyer une demande pour, je ne sais pas, pour un concours, pour un apprentissage, pour un internat, pour un appartement, pour je ne sais plus quoi. Et ça a été refusé. Pourquoi ? Parce que de l'autre côté, quelqu'un a pensé exactement comme moi. Quelqu'un a pensé, toi, t'aurais dû avoir un autre nom. Et la demande a été classée sans suite. Donc ça, ça cause quand même des dégâts dans la vie des gens. C'est quand même terrible. C'est comme si, toi, tu pars en Chine. Tu pars en Chine, n'est-ce pas ? Imaginons que tu voyages en Chine. Et tu dis que t'as envie de rester. Puis, dix ans plus tard ou quinze ans plus tard, t'as un enfant et tu l'appelles Jean-Marc, en plein Chine. Et que le but, c'est que tu restes en Chine. Pourquoi tu lui ferais ça ? Ça serait vraiment un drame, ça serait un crime contre cet enfant quelque part, parce que... toute sa vie, alors qu'il est né là, il a la même légitimité qu'un autre chinois qui est né là depuis la génération des Ming, d'accord ? Il a la même légitimité, il est né sur cette terre, il va apprendre à parler couramment la langue, il va être un chinois indistinguable des autres. Par contre, tu vas lui donner un sobriquet d'une terre qui a dix heures de vol de là, et il devra porter ce nom-là toute sa vie. D'accord ? Qu'il distinguera comme étant d'origine étrange. Pourquoi tu lui fais ça ? D'accord ? Pour moi, c'est un... Pour moi, c'est un crime. Alors, je vous dis, en tant que... La question s'est posée dans ma vie. La question s'est posée, genre, par exemple, je vous donne un exemple. J'ai deux filles, comme vous savez. La dernière s'appelle Grace. Un nom purement anglais ici. Tu veux savoir un deuxième nom ? C'est Hannah. H-A-N-N-A-H. Elle a deux noms qui ne sont pas différents des autres gamines qui se baladent ici en Angleterre. Quand elle grandira, si ce n'est pas elle qui va aller dire qu'elle a des racines étrangères. Personne ne viendra le lui demander. Personne ne viendra lui jeter la figure. Parce que ce qui est terrible pour moi, ce qui est terrible, c'est que imaginons que j'ai une fille, je l'appelle Fatima. L'autre s'appelle Aida Raphaël. Imaginons que j'ai une... J'ai perdu le fil. Je réfléchis, donnez moi deux secondes. Je disais que. Oui, enfin, vous avez compris ce que je suis en train de dire depuis le début, vous avez très bien compris que le but. Je n'ai pas envie que ma fille naisse là ou mon enfant naisse là. Et qu'un jour. Elle est, elle fait face à quelqu'un d'origine étrangère aussi. Peut-être que le gars est arrivé à 10 ans, n'est-ce pas ? Quand il avait 10 ans, elle l'aimait là, le gars est arrivé quand elle avait 10 ans. Mais parce que ses parents ont fait un plus grand effort d'assimilation et d'intégration, ce gars-là, qui est arrivé une décennie après ma fille, va la traiter d'étrangère. Vous comprenez ? C'est quand même terrible. C'est quand même terrible. J'ai vu des cas où des gens qui sont là depuis trois générations, quatre générations, s'identifient toujours à leur pays d'origine, et ils se sentent comme étrangers face peut-être à un Polonais qui est juste là en train de passer des vacances. D'accord. Ça n'a aucun sens. Voilà, c'est tout. Moi, personnellement, je ne peux plus m'assimiler. C'est foutu pour moi. Je suis né à l'étranger, j'ai grandi à l'étranger, je suis arrivé ici, sur le tard, comme on dit. Je ne peux que m'intégrer. Je ne peux que m'intégrer. D'accord ? Ça, je peux faire. Par contre, m'assimiler au point de disparaître, ça va être très difficile. Je ne pourrais pas changer mon nom, je ne pourrais pas changer mon lieu de naissance, je ne pourrais pas changer l'élan que je parle, les sensibilités qui sont les miennes, je ne pourrais pas les changer. C'est difficile. Par contre, ce que je peux faire, c'est aller vers le peuple, aller vers ce peuple autant que je peux. D'accord ? en faisant mienne ses préoccupations, en faisant mienne ses traditions, en apprenant ses langues, en apprenant son histoire, en participant à l'effort collectif, voilà ce que je peux faire. Ça s'appelle s'intégrer, ça ne s'appelle pas s'assimiler. Mais mon enfant, il est né là, il n'a pas à s'intégrer, il est chez lui, il est assimilé, et automatiquement, à moins que moi je fasse un effort, pour le désassimiler. C'est ça le truc. C'est que l'enfant, par nature, jour zéro, il naît, il est assimilé. À moins que ses parents utilisent leur décalage horaire qu'ils ont par rapport à cette société pour le désassimiler, lui. Pour en faire un étranger. Et ça, on arrive à cette catastrophe où des gens sont nés là, en France et Navarre et Angleterre et sans des étrangers dans le pays où ils sont. Voilà l'histoire tout simplement. Enfin, c'est ce que j'avais à dire sur cette histoire là. C'est vrai que ça fait partie des préoccupations que j'ai en tête. A bientôt mes amis.
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